DOSAGE DU CARBONE
15 centimètres du tube de façon que le bouchon qui le ferme ne s^échauffe pas ; à ce bouchon s'adapte un tube à acide sulfurique, des boules de Liebig â potasse et un dernier tube renfermant de la chaux sodée ; on dirige au travers du tube un courant d*air parfaitement desséché par son passage dans de longs tubes renfermant les uns de la potasse caustique, les autres de la ponce sulfurique (Voy. p. 25).
On chauffe et on recueille à la fois Tacide carbonique des carbonates et celui qui provient de la combustion de la matière organique; pour trouver celui-ci, il faut donc dans une autre opération doser^ l'acide carbonique des carbonates.
On y réussit soit en appréciant la perte de poids d'un petit appareil d'où on expulse l'acide carbonique par les acides et qui est décrit page 138; soit en pesant directement cet acide carbonique. Dans ce procédé qui parait préférable, la terre est placée dans un ballon auquel on adapte un bouchon percé de trois orifices; Tun, muni d'un robinet de verre, communique avec les tubes destinés à purifier un courant d'air, le second est muni d'un caoutchouc susceptible d'être fermé par une pince de Mohr et supportant un entonnoir, le troisième orifice du bouchon porte un tube abducteur qui communique d'abord avec un tube à ponce sulfurique, puis avec un tube à sulfate de cuivre sec, qui retiennent : l'un la vapeur d'eau, l'autre l'acide chlorhydrique : cette partie de l'appareil se termine par les boules de Liebig ou de Maquenne, munies de leur tube à potasse, une grande éprouvette à ponce potassée et enfin un vase à écoulement pour déterminer le passage du courant d'air au travers de Fappareil.
Quand tout est disposé, on fait couler par l'entonnoir sur la terre de l'acide chlorhydrique dilué à petites doses, de façon que le dégagement d'acide carbonique ne soit pas trop rapide, on juge de son activité par le passage des bulles au travers des boules de Liebig; quand toute la terre est mouillée d'acide, on agite à diverses reprises, et lorsque tout dégagement d'acide carbonique a cessé, on ouvre le robinet du tube qui communique avec les appareils desséchants, on fait couler l'eau de l'aspirateur et on dirige ainsi, par un lent courant d'air, tout l'acide carbonique du ballon dans les boules de Liebig.
Toie hnoiida. — f/appareil que nous venons de décrire peut servir à déterminer le carbone des matières organiques ; après avoir chassé Tacide carbonique des carbonates, pesé les boules de Liebig, on renouvelle la potasse qu'elle renferme, on les fixe à l'appareil, puis on introduit par Tentonnoir un mélange d'acide chromique et d'acide sulfurique ; il détermine une vive effervescence due au dégagement d'acide carbonique produit par la combustion du carbone ; quand cette effervescence est calmée, on fait passer le courant d'air et on recueille l'acide carbonique dans les boules de Liebig comme précédemment.
Au lieu de peser l'acide carbonique, on peut en apprécier la quantité à l'aide de liqneurs titrées d'après la méthode de M. Houzeau (1).
L'analyse de l'acide humique montre qu'il renferme environ la moitié de son poids de carbone ; par conséquent en doublant le poids de carbone des
(1) Ann. agron.^ t. I, p. 201.
Chimie agricole. 25
matières organiques trouvé par une des méthodes précédentes, on aura approximativement la quantité d*humas que le sol renferme.
M. Raulin a proposé récemment an procédé de dosage reposant sur remploi du permanganate agissant sur l'humus de la terre arable dissons dans un alcali ; la méthode parait convenir pour les terres qui renferment de l'humas présentant sa composition habituelle; elle s'est trouvée en défaut, quand on a voulu rappliquer à une terre dont Thumus présente une très grande pauvreté en carbone (1).
. § 118. — Dosage de l* acide puosphorique et de la potasse.
Les phosphates contenus dans le sol sont tantôt assez facilement attaquables par les liquides qui circulent dans le sol ou qui imprègnent les racines des plantes, pour être directement assimilables, et tantôt absolument insolubles dans ces réactifs faibles. Cette insolubilité actuelle peut au reste disparaître avec le temps, de telle sorte qu'il est intéressant de doser l'acide phosphorique total et l'acide phosphorique actuellement assimilable.
Acide phosphorique total. ^ La quantité de terre à employer varie avec la richesse présumée du sol étudié ; si on analyse une terre granitique pauvre, il convient d'opérer sur 20 grammes, tandis que pour une terre d'une fertilité moyenne 10 grammes suffisent; on peut même descendre jusqu'à 7 ou 8 grammes pour une terre de jardin ou pour un sol d'origine volcanique riche en acide phosphorique ; si la terre est peu calcaire, si l'efTervescence avec les acides est faible, l'attaque n'exige que de l'acide azotique, qui doit imprégner toute la masse, on évapore à sec pour détruire les matières organiques, on chauffe au rouge cerise, puis on reprend par de l'acide azotique étendu, on filtre et on concentre. Si la terre à analyser est très calcaire, il se forme pendant la calcination une grande quantité de silicate de chaux; par le traitement ultérieur à l'acide nitrique, ce silicate se décompose et donne de la silice gélatineuse, qui empêche la filtration; aussi, quand la terre est calcaire, convient-il de procéder à. l'attaque avec de l'acide azotique mêlé d'une petite quantité d'acide sulfurique, on évapore à sec et on calcine, l'acide sulfurique forme da sulfate de chaux, qui n'est pas décomposable par l'action du feu comme le nitrate, la chaux saturée ne forme pas de silicate, par suite les acides n'occasionnent pas la production de silice en gelée et les Ûltrations ont lieu régulièrement.
La concentration des liqueurs provenant du lavage de la terre calcinée par l'acide azotique étendu doit être lente ; en effet, il faut que l'acide phosphorique isolé, amené par la calcination à l'état d'acide métaphosphorique, repasse & l'état d'acide phosphorique tribasique, car ce n'est que sous cette forme que l'acide phosphorique est complètement précipité par le nitromoljbdate d'ammoniaque. Cette transformation a lieu pendant Tévaporation des liquides qui doivent être réduits à une vingtaine de centimètres cubes.
Le nitromolybdate est un réactif très précieux, car il sépare l'acide phosphorique à l'état insoluble dans une liqueur très chargée d'acide azotique
(1) Ann. agr.f t. XVI, p. 558.