‹ Traité de chimie agricoleChapitre 171 sur 399 · AMMONIAQUE ABSORBÉE · texte numérisé non relu

AMMONIAQUE ABSORBÉE

20 gram. d*humus, après deux heures

10 — d'humus, après deux heures

{0 — d'humus, en vingt heures

25 — de tourbe

Le noir animal en grains, ou lavé à Tacide et calciné, jouit également de propriétés absorbantes. Les matières ulmiques, le terreau, etc., absorbent donc une fraction importante de l'ammoniaque libre tenue en dissolution dans Teau; ils n'exercent au contraire aucune action sur une dissolution d'un sel ammoniacal. Si l'on rapproche ce fait de celui que nous avons indiqué plus haut, à savoir, que lorsqu'on introduit une dissolution d'un sel ammoniacal dans la terre arable, on trouve dans la liqueur l'acide du sel combiné avec de la chaux, on peut en conclure que la réaction d'un sel ammoniacal sur la terre arable doit se passer de la façon suivante :

i"" Réaction du sel ammoniacal sur le carbonate de chaux contenu dans le sol ; formation de carbonate d'ammoniaque et d'un sel de chaux renfermant l'élément électro-négatif d'abord combiné à Tammoniaque. Si, par exemple, c'est du chlorhydrate d'ammoniaque qui réagit sur la terre, on aura d'abord :

CO^Ca

Carbonate de ch.iux de la terre arable.

2(AzHSCl) = CaCr

Chlorhydrate

d'animoniaquo

de la dissolutiou.

C032AzH*.

Carbonate d'ammoniaque.

2* Absorption du carbonate d'ammoniaque formé, par les matières ulmiques, comme le serait l'ammoniaque elle-même.

Pour démontrer que la réaction suit bien les deux phases que nous venons d'indiquer, on lave un échantillon de terre arable à l'aide d'acide chlorhydrique faible, de façon à enlever tout le carbonate de

chaux qui s*y reucontre, et Ton reconnaît que la terre ainsi traitée n'exerce plus aucune action absorbante sur les sels ammoniacaux. Si, au contraire, on arrose cette terre lavée à Tacide chlorhydrique avec une dissolution de carbonate de chaux dans Tacide carbonique, de façon à y incorporer du calcaire extrêmement divisé, on obtient un mélange qui jouit des propriétés de la terre primitive. Ainsi : 45 grammes d'un pareil mélange, mis en contact avec 100 centimètres cubes d'une dissolution de chlorhydrate d'ammoniaque contenant 0,334 d'alcali, en ont absorbé 0^,043.

En incorporant, par la méthodejprécédente, du carbonate de chaux à 20 grammes de noir animal lavé à l'acide, on obtient avec la même dissolution une absorption de 0,029 d'ammoniaque.

Dans les expériences qui précèdent, l'ammoniaque a-t-elle subi une simple action absorbante, ou bien a-t-elle été modifiée et transformée, par exemple, en un autre produit azoté? L'expérience a prouvé qu'en général cet alcali se retrouvait dans la terre arable ; mais il n'en est plus ainsi lorsqu'on opère avec le terreau et la tourbe, car on constate une absorption notable d'oxygène et la destruction d'une quantité d'alcali qui atteint dans la tourbe le septième, dans l'humus le tiers de l'ammoniaque totale absorbée.

La terre arable n'absorbe jamais complètement l'ammoniaque d'une dissolution. — Un autre point d'une très haute importance ressort encore des recherches de M. Brustlein. Cet habile chimiste reconnut que jamais la terre ne peut enlever complètement l'alcali que tient en dissolution une certaine quantité d'eau.

Les expériences ont été faites non seulement en laissant la terre au contact de la dissolution ammoniacale, mais en outre en la faisant traverser par celte dissolution : on a toujours trouvé que l'eau renfermait encore une quantité sensible d'alcali.

Ainsi, dans une expérience où l'on a fait passer 500 centimètres cubes d'eau ammoniacale au travers de 25 grammes de terre de Bechelbronn, on a reconnu que la terre avait retenu 0^',0036, mais que la dissolution renfermait encore 0*',0107 d'ammoniaque. Dans une autre expérience, où l'on avait employé 100 grammes de terre de Bechelbronn formant une colonne de 0'°,2 de haut, la terre retint 0,0080 d'ammoniaque, mais la dissolution en accusait encore 0,0206.

Il faut conclure de ces expériences que des dissolutions très étendues circulent dans le sol sans décomposition, ou au moins sans abandonner une fraction importante de l'alcali qu'elles renferment.

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