ABSORPTION DES BASES ET DES ACIDES
C'est là un point capital, puisqu'il explique comment Teau qui séjourne dans le sol amène à la plante les éléments qu'elle tient en dissolution, mais en même temps ne les amène qu'à un degré de dilution telle, que la plante ne saurait en souffrir, comme si elle était en contact avec une dissolution concentrée.
§ 137. — Absorption des bases et des sels par la terre arable.
Absorption de la potasse et de la soude. — Les expériences de M. Brustlein n'ont porté que sur l'ammoniaque et le chlorhydrate d'anmioniaque ; mais, avant lui, Liebig avait fait quelques expériences sur l'absorption par la terre arable des alcalis fixes, et notamment de la potasse et de la soude. Il a trouvé que ces deux bases étaient absorbées en proportions très différentes; c'est ce qui ressort de l'expérience suivante :
125 ceottm. cubes de purin contenaient
Arant la filtration. Après la Gltration.
Potasse 0.0867 Potasse 0.0056
Soude 0.0168 Soude 0.0118
Yœlcker (1) est arrivé aux mêmes résultats. Les deux bases étant employées l'une et l'autre à l'état de chlorure, il a trouvé que pour iOO parties de potasse ou de soude en dissolution, les terres de diverses natures en expérience ont retenu :
Potasse. Soude.
Terre calcaire 3. 578 0.800
— argileuse 3.970 1.057
— sablonneuse fertile 2 . 626 0 . 620
— d'un pâturage 3.758 1.000
— marneuse 3.373 0.996
Sable ferrugineux fertile 1.475 0.620
Absorption différente des carbonates et des sulfates. — Dans les travaux dont nous venons de rendre compte, on ne s'est pas préoccupé de la nature de Tacide avec lequel étaient combinées les bases dont on déterminait l'absorption; au contraire, dans les re-* cherches qui ont été entreprises sur le plâtrage des terres arables (2), on a été conduit à étudier comparativement l'absorption de la potasse et de l'ammoniaque à l'état de sulfate et de carbonate. On fait
(1) TheJourn, of ihc Royal Agric. Soc. of England, 2» série, 18C5, t. I, p. 313.
(2) Annales du Conservatoire , 1863-1865.
réagir, dans ces opéra tioas, de 50 à 100 ou 200 grammes de kaolin ou de terre sur une dissolution titrée de potasse ou d*ammoniaque à Tétat de sulfate ou de carbonate ; on mesure le volume de dissolution ajoutée, on laisse le liquide au contact de la matière absor* bante pendant quelques heures, puis on filtre. On mesure le liquide recueilli, et Ton dose la potasse et l'ammoniaque à Taide du chlorure de platine ; on s'était naturellement assuré que les matières absorbantes ne cédaient à Teau pure ni potasse ni ammoniaque. On sait au reste que la quantité de ces bases que Teau peut enlever à 150 ou 100 grammes de terre est extrêmement faible et ne peut avoir d'influence sur les résultats.
On conclut, de la quantité de base trouvée dans le volume du liquide recueilli, à ce qu'on aurait obtenu si l'on avait pu retirer de la matière absorbante tout le liquide introduit; on constate un appauvrissement de la liqueur, qui indique la quantité de base absorbée. En opérant ainsi, on a trouvé les nombres suivants :
Absorption comparée de la potasse & Tétat de carbonate et & Tétai
de sulfate.