CHAUX
on trouvera ainsi le calcaire lerreux et le calcaire sablonneux. En retranchant la quantité centésimale de ces deux matières des poids respectifs de la partie terreuse et de la partie sablonneuse, on trouvera par différence, d'une part rar<zile, de l'autre le sable siliceux, et Ton aura ainsi une idée très complète de la composition de la marne étudiée.
§ 155. — De la chaux.
Cuisson de la chaux. — Il existe à la surface du globe un très grand nombre de variétés de calcaires qui n*ont pas la propriété de se déliter dans Teau ; leur pulvérisation par des moyens mécaniques serait très coûteuse : aussi Tagricullure devrait-elle renoncer à les employer, si Ton ne savait, depuis un temps immémorial, que sous l'action du feu, le carbonate de chaux se décompose, perd son acide carbonique et se réduit en chaux, qui^ abandonnée à lair humide ou mêlée à de petites quantités d'eau, se gonfle, se fendille, puis se réduit en une poudre impalpable qu'on désigne sous le nom de farine de chaux.
La cuisson de la chaux s'exécute dans des fours de formes très variées, suivant que la fabrication est continue ou intermittente, suivant qu'on veut préparer de la chaux pure, ou qu'il est indifférent qu'elle soit mélangée aux cendres du combustible. La description des fours à chaux se trouve dans tous les traités de chimie générale, et nous y renvoyons le lecteur.
Diverses variétés de chaux. — La qualité des chaux obtenues varie avec la nature des calcaires dont elles proviennent. Les calcaires très purs donnent une chaux qui se gonfle et se boursoufle, foisonne aussitôt qu'elle est mise en contact avec l'eau ; l'élévation de température est considérable. Celte variété est désignée sous le nom de chaux grasse.
Les calcaires qui renferment une proportion notable de sable donnent des chaux qui foisonnent beaucoup moins que les précédentes ; elles n'augmentent pas de volume de la même façon. On les désigne sous le nom de chaux maigres.
Enfin, on appelle chaux hydrauliques celles qui sont fournies par les calcaires qui renferment une proportion notable d'argile ; ces chaux sont précieuses pour la construction, elles durcissent après leur mélange avec l'eau, et conservent leur dureté après l'immersion dans l'eau. Elles sont particulièrement employées pour les constructions qui doivent être immergées.
On distinguera facilement ces diverses variétés de chaux les unes
des autres en attaquant la chaux éteinte ou le calcaire primitif par Tacide chiorhydrique étendu, et examinant la nature du résidu insoluble : s'il crie sous la baguette de verre, c'est du sable, et la chaux est maigre ; si, au contraire, il est doux au toucher, d'aspect terreux, c'est de Targile, la chaux est hydraulique, et ne devra être employée qu'après son extinction complète à Tair : car, ainsi qu'il a été dit, elle durcit dans Teau, si donc elle était répandue après la cuisson sans s'être dilatée, à la première pluie, elle durcirait sur le sol et serait plus nuisible qu'utile. Enfin, si le résidu insoluble laissé par l'acide chiorhydrique est très faible, la chaux est grasse.
On séparera ce résidu insoluble par le filtre, quelle que soit sa nature, et Ton dosera la chaux dans la liqueur filtrée comme il a été dit plus haut (§ 64).
Il arrive parfois que les chaux sont mal cuites, que des morceaux de calcaire ont passé dans le four sans se décomposer; on pourra en apprécier la quantité en pesant une certaine quantité de chaux, l'éteignant, puis la noyant dans l'eau, de façon à faire un lait de chaux qu'on jettera sur un tamis médiocrement fin : le lait de chaux passera, et les incuits restés sur le tamis seront pesés après dessiccation.
§ 156. ACTIONS qu'exercent les AMENDEMENTS CALCAIRES