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MARNE

les racines des herbes nuisantes. En quoi la chëreté n'est pas lant considérable, quoique la chaux coule de l'argent, que le profit en revenant est asseuré comme ce mesnage s'est dès longtemps pratiqué aux pays de Gueldres et de Juilliers. »

Aujourd'hui que le transport des matières encombrantes et de peu de valeur se trouve singulièrement facilité par les chemins de fer, l'emploi des amendements calcaires se répand de plus en plus, et avec grand profit. Il est certaines contrées qui doivent à l'usage, de la chaux ou de la marne une véritable transformation agricole ; la Mayenne et la Sarthe, le Limousin en ont tiré grand profit; la Sologne aujourd'hui s'améliore sous l'influence de la marne, et le commerce auquel ces amendements donnent naissance est des plus actifs.

L'étude des amendements calcaires présente donc pour l'agriculteur un très grand intérêt ; elle est digne aussi de fixer l'attention des chimistes agronomes, car, malgré des travaux nombreux et importants, toutes les questions qui touchent à l'emploi agricole de la chaux et de la marne sont loin d'être complètement élucidées.

§ 154. — De la marne.

Propriété caractéristique. — On désigne sous le nom de matTie une variété de calcaire qui a la propriété de se déliter dans l'eau et de se réduire en poudre par l'effet de la gelée. Le premier essai qu'on doit tenter sur une pierre calcaire, qui par conséquent fait effervescence avec les acides, pour reconnaître si elle peut être utilisée comme marne, est donc de voir comment elle se comporte dans l'eau : si elle reste dure et compacte, elle ne peut être utilisée qu'après cuisson ; si au contraire elle se délite, elle peut être considérée comme marne et elle aura d'autant plus de valeur que son délitement sera plus complet.

Diverses variétés de marnes. — Les substances qui sont mélangées au calcaire et qui lui donnent la propriété de se désagréger dans l'eau sont assez nombreuses, et, suivant que Tune ou l'autre de ces substances domine, les marnes ont reçu des noms différents.

C'est ainsi qu'on désigne sous le nom de marnes calcaires, celles qui renferment au moins 50 et au plus 90 à 95 p. 100 de carbonate de chaux, le reste étant de l'argile ou un mélange d'argile et de sable. Cette variété de marne convient particulièrement aux terres entièrement dépourvues de carbonate de chaux. Les marnes argi^

î)18 AMENDEMENTS CALCAIRES. — MARNES. — CHAUX. — TANGUES.

leuses sont celles qui contienaent de 10 à 50 p. 100 de calcaire, de sa à 75 p. 100 d'argile, le reste étant du sable. Ces marnes sont bonnes dans les terres légères, surtout dans les terrains siliceux.

On emploiera de préférence dans les terres fortes les marnes 5i7icensés, qui renferment de 10 à 50 p. 100 de calcaire, de 25 à 75 p. 100 de sable, le reste étant de Targile. Les marnes magnésiennes sont celles qui contiennent de 5 à 30 p. 100 de carbonate de magnésie. Elles sont assez rares en France, plus abondantes en Angleterre. On a prétendu souvent qu'elles ont une action spéciale, qui est loin d'être élucidée. On rencontre quelquefois des marnes mélangées à une petite quantité de gypse : elle sont alors connues sous le nom de marnes gypseuses; leur effet sera surtout sensible sur les prairies artificielles. (Voyez plus loin le chapitre Plâtrage.)

La marne, d'après la rapide nomenclature précédente, est donc formée d'éléments variés qui se comportent très différemment avec l'eau ; tandis que l'argile s*y délaye facilement, le sable et le calcaire n'ont pas cette propriété, et il suffit que le liquide pénètre dans la masse pour y déterminer des dilatations inégales qui amènent des ruptures de plus en plus complètes. A cet effet de l'eau liquide, vient s'ajouter, pendant l'hiver, l'action singulièrement plus énergique de la gelée; on sait, en effet, que la force expansive de la glace est énorme, que des métaux, même très tenaces, n'y résistent pas, et l'on conçoit que sous son effort un mélange aussi peu cohérent que la marne soit immédiatement pulvérisé.

Analyse chimique et physique des marnes. — La marne agit surtout par le calcaire qu'elle renferme; il faut donc, pour se rendre compte de sa valeur, déterminer la quantité de ce calcaire qui y est contenue. Cette détermination ne présente aucune difHculté ; elle s'exécutera exactement comme la recherche du calcaire dans la terre arable, qui a été décrite § 64, et auquel nous renvoyons le lecteur.

Cette première analyse ne suffit pas encore pour que le cultivateur soit fixé sur la valeur de la marne qu'il veut employer. En effet, le carbonate de chaux qu'elle renferme peut se trouver sous deux états difl'érents : quand il est ierreuXj il se mélange facilement au sol, il est rapidement soluble dans Teau chargée d'acide carbonique, son action est plus efficace que celle du sable calcaire; de telle sorte qu'il importe de distinguer ces deux variétés de carbonate de chaux. On y réussira en lavant la marne à étudier, comme une terre arable dont on veut faire l'analyse physique; on séparera par des lavages la partie terreuse de la marne de la partie sablonneuse (§64}, puis on desséchera chacune de ces matières afin de les peser séparément ; on prélèvera ensuite sur les deux parties un petit échantillon dans equel on fera le dosage de la chaux:

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