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INFLUENCE SUR LA DIFFUSION DE LA POTASSE

On voit que Teau ealëre à, une terre plâtrée plus de potasse qu'à une terre qui ne Ta pas été, puisqu'on lavant dix échantillons d'un kilogramme de terres très diverses, on leur a enlevé l^%095de potasse, tandis que les mêmes terres, après avoir été plâtrées, ont cédé à Feau 2^,525 de potasse. On voit encore que les terres qui ne sont pas plâtrées avec avantage abandonnent à Teau de la potasse, tandis que celles qui sont plâtrées, au contraire, ne cèdent à Teau cet alcali qu'après qu'elles ont été additionnées de gypse.

Ces faits tendent donc à démontrer que la véritable fonction du plâtre, serait de favoriser la solubilité de la potasse ; pour le démontrer encore plus complètement, on a tenté quelques essais synthétiques.

On a'mélangé à des matières absorbantes, terre ou kaolin, à du plâtre ; on a laissé d'autres échantillons sans addition, puis on a ajouté aux uns et aux autres des quantités égales de carbonate de potasse en dissolution élendue, et on a reconnu sans peine que les terres plâtrées retenaient moins bien la potasse que celles qui étaient restées à l'état normal.

Il était facile d'en trouver la raison, le carbonate de potasse ajouté à une terre plâtrée se métamorphose en sulfate et nous avons déjà vu (§ 137) que les sulfates sont moins bien absorbés que les carbonates.

On comprend dès lors que si des carbonates se produisent dans les couches superficielles d'un sol, par l'action des micro-organismes brûlant peu à peu les débris végétaux, ce carbonate de potasse, bien retenu dans ces couches par les propriétés absorbantes, ne pourront être d'aucune utilité à des plantes à racines pivotantes s'enfonçant profondément dans le sol, comme les légumineuses, mais que si on ajoute à ce sol du plâtre qui métamorphose le carbonate de potasse en sulfate beaucoup plus dififusible, ce sulfate pourra s'enfoncer dans le sol.

Le plâtre a donc pour effet de mobiliser la potasse ^ de la faire passer des couches superficielles où elle est habituellement retenue, dans les couches profondes où s'enfoncent les racines des légumineuses.

S'il en est ainsi, on conçoit que le sulfate de chaux ne doit pas être seul à exercer son effet, et pourra être remplacé par d'autres sulfates. Or, il est reconnu que les agronomes ont obtenu d'excellents effets d'un mélange de sulfate de magnésie et de sulfate de potasse; les récoltes ainsi traitées ont été supérieures à celles qui avaient reçu du plâtre seulement, et cela se conçoit, car le plâtre ne crée pas la potasse il ne fait que mobiliser celle que renferme le sol. Si donc on ajoute à la terre arable la matière même que le plâtre doit rendre soluble, on produira un effet plus marqué encore que celui que détermine le gypse lui-même.

Nous trouvons un argument singulièrement favorable à cette manière de voir dans les expériences de MM. Lawes et Gilbert, portant sur la culture du trèfle rouge, maintenues pendant plusieurs années, sur les mêmes sols. Pendant les quatre dernières années, l'hectare a rendu sans engrais une quantité totale de foin dépassant 35,200 kilos : c'est 8,800 kilos environ par année moyenne. Quand le sol a reçu du plâtre, il a donné pendant ces quatre ans 47,500 kilos environ, ce qui a fait monter la moyenne pour chaque année à un chiffre voisin de

a été publié dans les Annales du Conservatoire des Arts et métiers en 1863. Les faits qui suivent sont extraits d'ua second travail publié seulement en 1865.

o46 DU PLATRAGE DES TERRES ARABLES.

12,000 kilos, mais cependant un peu inférieur. Quand, enfin, on a amendé la terre avec des sulfates de potasse, de soude et de magnésie, on a obtenu un produit total supérieur à 55,000 kilos, et par conséquent la moyenne annuelle a été de 13,850 kilos.

Is. Pierre a reconnu également que le sulfate de magnésie exerçait sur le trèfle et le sainfoin une action tout à fait comparable à celle du plâtre.

Les sulfates sont rédaits dans la terre arable et les bases amenées à l'état de carbonates. — Quand on fait l'analyse des cendres des plantes plâtrées, on y rencontre plus de chaux et de potasse que dans les cendres des plantes non plâtrées, mais on est frappé en même temps de trouver dans ces cendres une très petite quantité d'acide sulfurique, et qui est loin de correspondre aux proportions d'alcalis que présentent les cendres. M. Boussingault a constaté le fait depuis longtemps (page 542), et nos analyses le confirment complètement.

Nous avons trouvé en effet, dans 100 grammes de cendres provenant des tiges d'un trèfle plâtré :

Chaux 20.68

Potasse 8.90

Acide sulfurique 5 . "76

et dans les racines :

Chaux 16.10

Potasse 3.90

Acide sulfurique 10.01

et il aurait fallu dans les cendres des tiges 38,4 d'acide sulfurique au lieu de 5,76, et dans les racines 26,9 d'acide sulfurique au lieu de 10,01, pour que les alcalis fussent à l'état de sulfates.

Il est facile de se convaincre cependant que les plantes absorbent les sulfates aussi bien que les autres sels solubles qui arrivent au contact de leurs racines. On démontre cette absorption du sulfate de chaux en faisant végéter les plantes dans du sable pur ou dans du coton, et en les arrosant avec une dissolution de sulfate de chaux, qu'elles supportent parfaitement. Les expériences ont porté sur du cresson alénois et sur des fèves : le cresson, séché et brûlé, a donné des cendres renfermant de l'acide sulfurique et de la chaux; une fève développée dans du coton, et qui pesait sèche is',460, a donné 0,095 de cendres renfermant 0,006 d'acide sulfurique et 0,004 de chaux : c'est-à-dire que ces deux corps se trouvaient dans le rapport de 40 à 28, qui est celui sous lequel s'unissent la chaux et l'acide sulfurique. Au reste, toutes les analyses de cendres démontrent dans les plantes la présence de petites quantités de sulfates; il est donc certain qu'ils peuvent pénétrer dans les végétaux, aussi notre théorie laisse-t-elle jusqu'à présent quelque chose à désirer. Nous attribuons les bons effets du plâtrage à la transformation des carbonates en sulfates, et nous ne pouvons cependant affirmer que la chaux ou la potasse sont entrées dans les plantes à l'état de sulfate, puisque nous ne trouvons pas dans les cendres des végétaux qui se sont dévelopés dans un sol plâtré ces sels euxmêmes, mais seulement un de leurs éléments.

Or, quand on introduit du plâtre dans une terre, on constate, après quelque temps que l'acide sulfurique est réduit, surtout quand la terre est particoliè-

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