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COMPOSITION DES DÉJECTIONS DES ANIMAUX

Nous essaierons, dans ce chapitre, de montrer le plus clairement qu'il nous sera possible comment doit être conduite la fabrication du fumier consommé; il sera toujours possible à ceux qui jugent utile d'employer le fumier frais, d'arrêter la fermentation avant qu'elle ait produit tout son effet.

Les matières premières de la fabrication du fumier sont, d'une part, les déjections des animaux, et de l'autre les litières de paille destinées à recueillir les liquides et les solides excrétés ; pour comprendre les réactions qui s'établissent entre ces matières animales et végétales pendant qu'elles séjournent sur la plateforme àfumier, il convient d'abord d'exposer leur composition.

§ 213. — Composition des déjections des animaux.

Les déjections varient en poids et en composition avec le régime auquel sont soumis les animaux ; nous donnons cependant comme exemple les chiffres suivants, qui ne portent que sur les matières destinées à jouer un rôle essentiel dans les réactions qui constituent le fumier.

En joignant leurs propres observations à celles de leurs devanciers, MM. Audoynaud et Zacharewicz sont arrivés à dresser le tableau ci-joint :

CbeTAl. Vache

(Azote 15.21 10.50

/ d^urine ) Acide phosphorique. traces traces

Pour 1000 parties ^ ^ ^^^^^^ Ht *f ^^

^ I /Azote 5.58 4.35

( d'excrémenls. | Acide phosphorique. 3.50 1.20

Potasse 1.00 0.42

La plus grande partie de l'azote qui arrive au fumier se trouve dans les urines à l'état d'urée, qui se métamorphose très rapidement en carbonate d'ammoniaque, sous l'influence du ferment découvert par M. Van Tieghem, d'après l'équation connue :

CH*Az«0-h2H»0=C0»(AzH*)«.

Quant à la potasse, elle se trouveen partie àl'état de bicarbonate, en partie combinée aux acides hippurique et urique contenus dans les urines; l'acide phosphorique se rencontre surtout dans les excréments solides.

MM. Audoynaud et Zacharewicz ont calculé qu'une vache à

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retable, un cheval à Fécurie, rejettent dans leurs déjections de chaque jour :

CheTal. Vache.

Azote 155»',5 212b',0

Acide phosphorique 59 ,5 32 ,4

Potasse 33 ,8 133 ,7

ou par an :

Chetal. Vacbê.

Azote 56k,8 ll^,i

Acide phosphorique 21 ,7 il ,8

Potasse 19 ,6 49 ,8

Boussingault était arrivé, pour les produits rejetés pendant une année par les mêmes animaux, à :

Cheval.

Poids total. Azote. Potasse. Ac. phosph.

Urine 1.200'^ 17^76 9^.63 »

Excréments 6.000 33 .00 i> iS^^.O

Vache.

Poids total. Azote. Potasse. Ac. phosph.

Urine 3^.000 29*. 07 39^57 »

Excréments 10 .000 42 .00 » lOi'.O

Bien que les nombres soient bien loin d'être identiques, ils sont assez voisins pour nous permettre do calculer le poids de matières fertilisantes que produit une étable ou une écurie quand les ani maux y séjournent.

Boussingault a trouvé, en outre, qu'un mouton de petite taille, consommant environ 1 kilogramme de foin, donne 2^*', 200 de déjections mixtes, auxquelles il attribue la composition centésimale suivante:

Déjections solides. liquides. mixtes.

Eau 37.60 86.50 67.10

Azote 0.72 1.31 0.91

Acide phosphorique 0.44 0.01 0.16

MM. Muntz et Girard ont obtenu de leur côté, pour un lot de cinq moutons, une moyenne journalière de 2'''^,050 d'excréments mixtes, présentant comme composition centésimale :

Eau 73.6

Azote 0.51

Acide phbsphonque 0.34

Potasse 0.87

Les différences sont considérables ; si on prend la moyenne des deux déterminations, on trouverait pour un mouton, en une année :

Azote 5^4

Acide phosphorique 1 ,9

Potasse 6 ,6

, Enfin, d'après Boussingault, un porc émettrait par jour 4 kilogrammes d'excréments mixtes renfermant :

Azote i4K',8

Acide phosphorique H ,2

et par an :

Azote o»',40

Acide phosphorique 4 ,08

En résumé, on trouverait donc pour les matières fertilisantes émises par les animaux dans le courant d'une année :

Matières fertilisantes des déjections mixtes.

Cbeval. Vache. Mouton. Porc.

Acide 56^^' 50S76 TT^T^^li^ 5.4 5.40

Acide phosphorique.. 21,7 18,00 11,8 10,0 1.9 4.08

Potasse 19 ,6 9 »63 49 ,8 39 ,57 6.6 »

Telles sont les matières qui arrivent au fumier; on voit immédiatement que les cultivateurs peu soigneux qui ne dirigent pas vers le tas de fumier les urines rejetées par les animaux, qui les laissent écouler soit par insuffisance de litière, soit par suite d'une construction défectueuse des ruisseaux qui aboutissent à la fosse à purin, s'exposent à des pertes d'autant plus considérables que ce sont ces liquides mêmes qui apportent au fumier les substances nécessaires à sa fabrication.

Pour comprendre en quoi elle consiste, il importe de voir, en outre, quelle est la composition des litières.

§ 214. — Composition des litières.

Le rôle des litières est double : elles doivent s'imbiber des liquides émis par les animaux, et leur fournir un coucher doux ; elles doivent, en outre, apporter la vasculose, l'élément caractéristique du fumier, celui qui lui donne sa valeur spéciale comme engrais.

II nous faut donc, non seulement déterminer la faculté absorbante pour les liquides des diverses matières employées comme litières, non seulement y doser les petites quantités d'azote, d'acide phosphorique et de potasse qu'elles apportent au fumier, mais, en outre, établir leur composition immédiate.

On emploie comme litière diverses matières. On donne la préférence aux pailles des céréales, non seulement parce qu*elles soat abondantes dans les exploitations rurales, mais aussi parce que leur structure tubulaire leur permet de s'imbiber plus facilement des liquides des étables. On verra, par le tableau suivant, que, cependant, quelques autres matières possèdent également la propriété de retenir une grande quantité de liquide.

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