NOMBRE
de kilogrammes de matières
arâessaires pour remplaee
comme lisière absorbant
100 kilogr.
de paille de blé.
Kil.
Toutes les matières végétales précédentes peuvent, à des degrés difTérents, servir à la confection du fumier; il n*en est plus ainsi du sable, de la marne ou de la terre; ces dernières substances s'imbibent, il est vrai, des déjections des animaux, empêchent leurs déperditions, quelquefois mieux que la paille; mais on ne produit pas, avec ces litières terreuses, la matière ulmique qui donne au fumier sa haute valeur fertilisante.
Examinons, maintenant, la composition immédiate de la paille
telle qu'elle peut être établie d'après les recherches récentes de M. Hébert (1); il a trouvé, pour la paille de blé :
Eau 10.40
Matières azotées 2.42 (azote : 0»',388)
Matières solubles dans Téther (matières
grasses et résidus chlorophylliens). . 1.18 Matières solubles dans l'eau (cendres
déduites), sucres réducteurs, sucres
non réducteurs, gommes et tannins. 3.37
Cellulose 33.60
Vasculose 24.00
Gomme de paille (calculée en xylose). . 19.71
Cendres 6.34
(En calculant la gomme de paille en xylose, on a augmenté son poids de l'eau fixée au moment de la saccbarification ; de là, le léger excès constaté pour la somme des éléments dosés.)
Telle est la composition de la paille employée comme litière ; il est probable que les pailles des autres espèces présentent des compositions analogues à la précédente. M. Hébert a trouvé de la gomme de paille dans la paille d'avoine ; on y trouve également de la cellulose et de la vasculose.
Nous avons donné plus haut le mode d'analyse suivi pour déterminer les proportions de ces diverses matières; mais il est bon de rappeler, ici, que trois des matières qui constituent la paille, à savoir : les matières azotées, la gomme de paille et la vasculose, cette dernière après déshydratation, sont solubles dans les alcalis ; on sait, au reste, que c'est précisément en attaquant la paille sous pression par les alcalis caustiques qu'on en extrait toutes ces substances, de façon à isoler la cellulose employée dans les papeteries pour la fabrication du papier commun, dit : papier de paille.
Il est vraisemblable que toutes les litières végétales présentent des compositions analogues à celles de la paille; peut-être, cependant, la vasculose est-elle moins attaquable dans le bois que dans la paille; mais la cellulose et la gomme transformable en xylose s'y rencontrent également, et on conçoit, dès lors, que les réactions qui se produisent entre les liquides excrémentitiels et les principes immédiats des pailles s'établissent dans la sciure de bois servant de litière, comme dans la paille, peut-être cependant avec moins d'énergie. j
(1) Ann. agron,, t. XVI, p. 358. «
Je n'ai jamais eu occasion d'utiliser les fumiers de sciure de bois; je ne puis donc rien dire sur leur valeur comme engrais; j'ai entendu, cependant, des cultivateurs habiles se louer de leur emploi.
Je n'ai pas davantage employé des fumiers fabriqués avec la tourbe ; cette matière parait absorber très bien l'ammoniaque, contenir aussi de la vasculose; mais des études suivies doivent être entreprises avant de la préconiser; en effet, la tourbe formée par les débris végétaux résiste aux combustions lentes; or, les sols très riches en débris organiques nitrifient difficilement; on sait qu^on ne trouve de nitrates, ni dans les sols de prairie, ni dans les sols forestiers, et on peut craindre qu'en incorporant à une bonne terre, du fumier obtenu avec la tourbe, on ne lui communique la stérilité qui caractérise, en général, les sols tourbeux.
§ 215. — Fermentations du fd^iier.
Je prendrai comme exemple le tas de fumier de l'École de Grignon disposé sur une plate-forme et s'élevant lorsqu'il est terminé à une hauteur de 2"", 50 à 3 mètres.
Un tas de fumier semblable présente à un mètre du sol environ, un aspect particulier; de longues stalactites noires se fixent sur les pailles, et, par place, on voit ruisseler le liquide qui les forme, il tombe dans les ruisseaux qui entourent la plate-forme et retourne lentement à la fosse dont il provient; le ruissellement du purin à la partie inférieure du tas de fumier indique qu'à cette hauteur la masse est gorgée d'eau.
Composition de l'atmosphère confinée dans le fumier. — Si à l'aide d'une lige de fer on pratique des trous dans le fumier à diverses hauteurs pour y introduire un thermomètre, on reconnaît que les températures y sont très variables, elles s'élèvent à 65**, 68^ et même 70"* à la partie supérieure ; au milieu, la température est de 35"* seulement et de 25'' à la base, dans la partie qui est gorgée d'eau.
Pour savoir à quelle cause attribuer ces différences dans l'élévation de température, on a introduit dans le tas de fumier, à diverses hauteurs, des tubes de verre, puis à l'aide d'une trompe à mercure, on a aspiré les gaz confinés dans le fumier, ils ont présenté la composition suivante :