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MATIÈRES DÉTRUITES PENDANT LES FERMENTATIONS

des marais, de telle sorte que la similitude des produits gazeux^ la ressemblance de l'aspect des ferments, conduisent à la conclusion que les ferments du fumier proviennent de l'intestin des herbivores.

§ 216. — Réactions qui se produisent dans le tas de fumier.

Matières détruites pendant les fermentations. — Nous venons de voir que le fumier est le siège de deux fermentations différentes. Tune aérobie qui se manifeste à la partie supérieure du tas, et qui donne naissance seulement à de Tacide carbonique, elle est accompagnée d'un dégagement do chaleur considérable; l'autre est anaérobie, elle apparaît à la partie inférieure de la masse, elle ne donne plus qu'un dégagement de chaleur beaucoup moindre, elle se manifeste par le dégagement simultané de l'acide carbonique et du formène ou gaz des marais.

Ces deux fermentations portent sur des principes différents de la paille, nous avons vu que celle-ci renferme une très petite quantité de matières sucrées solubles dans l'eau et une quantité beaucoup plus considérable de gomme de paille facile à transformer en sucre réducteur sous l'influence des acides; or si on examine la paille qui se trouve dans le fumier consommé et qui a subi l'action des diverses fermentations, on reconnaît en général que l'action des acides n'y détermine plus la production des sucres réducteurs ou qu'au moins, leur proportion a beaucoup diminué, les deux matières qui disparaissent pendant la fermentation aérobie sont donc les matières sucrées et la gomme de paille ; ces substances ne paraissent pas être altérées par la fermentation anaérobie, car lorsqu'on fait fermenter en vase clos des glycoses, du sucre ou de l'amidon, on obtient de l'hydrogène et très rarement des traces de gaz des marais, or, les gaz extraits du fumier en place, ne donnent comme gaz combustible que du gaz des marais pur, sans trace d'hydrogène ; ce fait paraît général , il avait été constaté par M. Reiset et je l'ai retrouvé moi-même sans [aucune exception.

La matière qui est attaquée par la fermentation anaérobie est la cellulose, c'est ce qu'on montre en mettant en fermentation de la filasse de lin, ou du papier, avec des carbonates de potasse et d'ammoniaque et un peu de phosphate d'ammoniaque et en ensemençant avec quelques gouttes d'un liquide provenant du lavage du fumier, en recueillant les gaz sur le mercure, on obtient des volumes égaux de formène et d'acide carbonique, on voit en effet que de la cellulose

fixant deux équivalents d'eau se dédouble exactement en volumes égaux de formène et d'acide carbonique :

C«H* W 4- H»0 = 3C0» -+- XH*.

6 Tol. 6 vol.

Dans une fermentation continuée pendant longtemps à 52^ M. Schlœsing (1) a obtenu du fumier frais une grande quantité de gaz ; 1 24 grammes de fumier ont fourni :

Acide carbonique, Formène

Volume.

Poids.

Le volume du formène a été un peu supérieur à celui de Tacide carbonique.

Nous avons vu que la paille est essentiellement formée d'une petite quantité de matières azotées, d'hydrates de carbone très attaquables, de gomme de paille, de cellulose et de vasculose.

Pendant la fabrication du fumier ces principes sont donc attaqués delà façon suivante :

Pendant la fermentation aérobie qui se produit à la partie supérieure de la masse, là où arrive l'oxygène, les hydrates de carbone solubles, les sucres sont brûlés; il en est de même de la plus grande partie de la gomme de paille; il arrive très souvent qu'en examinant les débris de paille très altérés du fumier, les acides n'y déterminent plus la formation de sucre réducteur, ce qui indique que la gomme de paille est détruite.

La cellulose se décompose partiellement pendant la fermentation anaérobic en donnant ainsi qu'il vient d'être dit: du formène et de Tacide carbonique.

La vasculose enfin se déshydrate, devient partiellement soluble dans les carbonates alcalins qui dissolvent en même temps les matières azotées, c'est ce mélange très intime qui coule sur les parois du tas de fumier et y forme ces stalactites noires qui se figent sur les parois et indiquent que la fabrication marche régulièrement, la coloration de ce produit s'accentue quand il s'oxyde pendant son exposition à l'air.

Préparation de la matière noire du fumier. — Il est facile de se procurer cette matière brune en accumulant du fumier fait

(1) Comptes rendus, t. CIX, p. 835.— ilnn. agron.y t. XVUI, p. 5.

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