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FERMENTATIONS DU FUMIER

1 kilogramme de fumier sec, du fumier de cheval a donné en vingtquatre heures quand il a été stérilisé : 3^%5 d'acide carbonique et 63^%5 quand après stérilisation, il a été ensemencé de germes de ferments (<).

La grande élévation de température est donc due à une fermentation aérobie. Les bactéries qui la déterminent fonctionnent encore à 72"", mais quand M. Schlœsing fils a porté la température à TO^^^S, leur action a disparu, les phénomènes chimiques seuls se sont produits, les lots ensemencés et les lots stérilisés ont donné des quantités d'acide carbonique également faibles.

La production du gaz des marais ou formène est due également à une fermentation, quand le fumier a été stérilisé, il ne donne plus de formène.

II est intéressant de montrer dans les écoles d'agriculture, la production du formène dans le tas de fumier; rien n'est plus facile; à la hauteur de l^jSO environ à partir du bas de la masse, on fore un trou en enfonçant une tige de fer, on remplace ensuite cette tige par un tube de verre qu'on adapte à un grand flacon portant une tubulure inférieure reliée par un gros caoutchouc à un autre flacon semblable; les tubulures supérieures sont munies de bouchons en caoutchouc et de tubes à robinet.

Supposons que le flacon A en communication avec le fumier soit rempli d'eau, on la fait écouler dans le flacon inférieur, on aspire ainsi les gaz conflues dans le fumier; quand Je flacon est à moitié vide de liquide, on ferme les robinets, on substitue au tube enfoncé dans le fumier un tube abducteur, puis on élève le flacon B, de façon que le niveau de l'eau y soit plus haut que dans A; cette eau pousse le gaz contenu dans A, on le recueifle sous une cloche, on agite avec une dissolution de potasse, le gaz restant s'allume aisément et brûle avec une flamme bleuâtre.

La fermentation forménique peut également s'établir en flacons, maintenus à une température de 50"" environ, et renfermant outre la paille, des dissolutions contenant pour 500 centimètres cubes 5 grammes de carbonate de potasse, 5 grammes de carbonate d'ammoniaque 0*%5 de phosphate d'ammoniaque, qu'on ensemence avec 10 centimètres cubes de purin. Il est bien à remarquer que le formène n'apparaît qu'autant que les liquides sont très nettement alcalins, si la masse devient acide, on recueille de Thydrogène et il se forme de l'acide butyrique.

On peut pour ainsi dire à volonté avoir du même flacon de l'hydrogène ou du formène suivant la réaction que présente le liquide.

(1) Comptes rendus^ t. CVIII, p. 529. Ann, agron.^ t. XVIII. p. 5.

Le ferment forménique n*est pas habituellement très actif, les liquides qui le produisent sont peuplés de bactéries assez dodues, qui facilement donnent des spores et cessent leur travail; on réussit à les ranimer en les soumettant au contact de Toxygène.

Quand cependant la fermentation est bien établie, que la température reste bien égale, on peut aisément obtenir en une journée d'un flacon renfermant 100 gr. de paille, un demi-litre de formène. Dans une expérience due à M. Sclilœsing portant sur 124^%4 de fumier frais, maintenus à 52**, on a obtenu au début 8'%3 par heure. Ce volume s'est accru jusqu'à un maximum de {6'''',3 atteint le sixième jour, puis il a diminué lentement; il se réduisit à 4 cent, cubes au bout du premier mois; quand on a mis fin à l'expérience qui avait duré exactement deux mois; le volume de gaz dégagé par heure était encore de 2''% 5.

Origine des ferments du fumier. — Les ferments contenus dans la paille sont très fins, très petits, je ne leur ai jamais vu déterminer la décomposition de la cellulose avec formation de formène, mais les éludes sur ce point n'ont pas été assez prolongées pour que je puisse affirmer qu'ils n'en fournissent pas.

On trouve au contraire dans les excréments solides des animaux des ferments plus gros, dodus, brillants, allongés, et portant souvent des spores, on retrouve ces mêmes ferments dans le fumier, mais surtout dans le purin où ils semblent beaucoup plus actifs que dans le fumier en place ; de telle sorte que les arrosages du fumier avec le purin ont certainement pour but, non seulement de maintenir dans la masse une humidité suffisante pour retenir le carbonate d'ammoniaque, mais aussi de ranimer la fermentation par l'apport de ferments plus actifs que ceux qui proviennent directement des excréments.

Quand on ensemence de la paille additionnée de carbonate de potasse et d'ammoniaque avec des excréments, la fermentation est longue à établir, elle ne présente qu'une activité médiocre, on réussit mieux en ensemençant avec du purin.

En comparant les gaz contenus dans les intestins des herbivores à ceux qu'on obtient dans le fumier, on trouve que si les intestins renferment souvent de l'hydrogène, qu'on ne rencontre jamais dans le fumier normal toujours très alcalin, il suffit de ne pas ajouter d'alcalis dans les flacons en expérience pour voir se produire une fermentation hydrique avec apparition d'une réaction acide très prononcée; en outre, les intestins renferment très souvent du gaz

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