Azote Axé à l'état de viande
— — de laine 2.720
— retrouvé dans le fumier 35 .425
DifTérence, azote non retrouvé 51 . 612
La perte est donc éacrme, la quantité d'azote non retrouvée surpassant celle qui a été utilisée par les animaux ou qui s'est fixée dans le fumier.
Dans d'autres expériences exécutées par les mêmes auteurs, les pertes ont été de 54 et de 48,86 p. 100 de l'azote introduit; ces pertes portent seulement sur l'azote : en soumettant aux mêmes investigations la potasse et l'acide phosphorique, on les retrouve intégralement dans le fumier.
La consommation des fourrages est donc accompagnée d'une perte notable, elle s'élève pour les moutons à près de la moitié de l'azote contenu dans les aliments et pour les vaches au quart (1). Les animaux n'éliminant pendant la respiration que de faibles quantités d'azote provenant de la destruction des matières azotées, on peut supposer que les pertes se produisent à l'étable ou dans les bergeries ; dans cette expérience, elle a été très considérable et cependant inférieure à celle qui doit se produire dans la pratique, quand le sol des locaux destinés aux animaux n'est pas étanche, quand la distribution des litières n'est pas copieuse.
Il est possible au reste que pendant leur décomposition dans le sol les fourrages émettent aussi de l'azote libre, ainsi que nous l'avons dit plus haut (page 394), de telle sorte que le calcul des avantages qu'on rencontrerait à réduire au minimum les animaux de la ferme si leur entretien est onéreux et s'ils sont considérés seulement comme machines à fumier, est assez compliqué, faute de données précises sur les pertes d'azote des engrais verts enfouis, et sur les rendements qu*on en peut espérer ; nous aurons occasion de revenir sur ce sujet, dans le chapitre : Valeur des engrais.
Il faut bien reconnaître au reste que l'excessive préoccupation que nous avions jadis, de restreindre les pertes d'azote, était due
(1) Muntz et Girard, Leê engrais^ t. I, p. 353.
à rignorance où nous étions de la fixation de l'azote gazeux, soit par les légumineuses, soit par le sol lui-même ; nous savons aujourd'hui que le sol récupère dans certaines circonstances l'azote perdu, et par suite tout en faisant les plus grands efforts pour restreindre les gaspillages des matières azotées nous ne devons plus subordonner toutes nos opérations, à cette idée de la restitution au sol de l'azote, puisque nous savons que cette restitution se fait d'une façon occulte par le seul jeu des forces naturelles judicieusement dirigées.
§ 220. — Composition immédiate du fumier de ferme.
L'analyse immédiate du fumier est surtout qualitative, les nombres fournis par l'analyse quantitative d'un échantillon étant très différents de ceux que donne un autre échantillon pris en ud autre point de la masse.
On procède à cette analyse en lavant le fumier sur un tamis à mailles assez larges. Il retient les fragments de pailles grossiers, et laisse passer des débris très menus et une matière soluble; on jette le liquide sur une toile qui retient les matières insolubles et laisse passer un liquide très coloré, on sépare ainsi le fumier en trois lots : 1^* pailles grossières, 2** menues pailles et matières insolubles, 3** matières solubles.
Pailles grossières. — Ces pailles sont celles qui ont partiellement échappé aux réactions qui prennent naissance dans le tas de fumier. Elles sont un peu plus riches en matière azotée, un peu plus pauvres en cendres que la paille normale ; on y a dosé 0,69 d'azote et 3,4 de cendres; les pailles ont été dans le fumier même appauvriesdessubstancessolubles, minérales ou organiques, qu'elles renfermaient, de là, la diminution du taux des cendres, l'augmentation au contraire de la matière azotée insoluble ; augmentation qui doit être attribuée plutôt à la disparition de quelques-uns des éléments de la paille, élevant la proportion des matières azotées, qu'à une addition d'azote extérieur.
Menues pailles. — Ces menues pailles restées sur la toile sont un mélange très complexe formé :
1° D'un résidu de l'attaque de la paille par les carbonates alcalins et les ferments;
2° De débris de végétaux ayant circulé dans le tube intestinal des animaux ;