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COMPOSITION IMMÉDIATE DU FUMIER

3^ De matières minérales : sable et terre, provenant des balayages des écuries, vacheries, etc.

C'est ce qu'indique tout d'abord un examen au microscope, on trouve des débris de fibres végétales assez menus pour qu'on ne puisse pas douter qu'ils ont été triturés par les animaux ; quand on soumet à l'action des réactifs ces mêmes pailles, on constate qu'elles ne renferment plus, ainsi qu'il a été dit déjà, les hydrates de carbone susceptibles de donner des sucres réducteurs sous l'influence des acides ; ces hydrates de carbone sont détruits pendant la fermentation aérobie qui prend naissance à la partie supérieure du tas de fumier. La destruction de ces hydrates de carbone dans les parties supérieures du tas se déduit d*une autre considération : quand on met en fermentation anaérobie des pailles avec les liquides du fumier, on obtient presque toujours au début : de l'hydrogène, or dans le fumier en place, on ne constate jamais que du formène pur, sans trace d'hydrogène, ce qui fait supposer que les sucres de la paille ont disparu pendant la fermentation aérobie.

On constate également dans ces menues pailles moins de cellulose et de gomme de paille que dans la paille normale, moins de vasculose attaquable, mais au contraire plus de matière résistant à l'action des carbonates alcalins à l'ébullition, cette matière qui cède cependant à l'action des alcalis caustiques agissant sous pression est une variété de vasculose peu attaquable, analogue à celle qui se trouve dans le bois.

On trouve dans les menues pailles une proportion assez notable de matières azotées (la matière sèche donne parfois en effet, 2 p. 100 d'azote) qui proviennent sans doute de la partie des excréments solides des animaux qui ne se dissout pas dans les liquides alcalins ; on a trouvé en effet que i 00 grammes de bouse de vache sèche, renfermant 17,8 de cendres et 1,75 d'azote, laissaient après attaque par les carbonates alcalins un résidu de 60,4 renfermant dans 100 parties 19,7 de cendres et 0,78 d'azote. 100 grammes de crottins de mouton desséchés renferment 17,9 de cendres et 2,18 d'azote : attaqués par le carbonate de potasse, ils laissent un résidu renfermant 21,3 p. 100 de cendres et 0,85 d'azote.

£n définitive les résidus insolubles précédents diffèrent des pailles, par la perte :

1*" Des hydrates de carbone facilement attaquables, détruits par fermentation aérobie ;

2"" De la vasculose dissoute par les carbonates alcalines ;

3** De la cellulose détruite par fermentation anaérobie avec production de formène et d'acide carbonique.

Et, au contraire par le gain :

i^ De matières azotées provenant surtout des déjections solides des animaux, dont une partie est peu soluble dans les liquides alcalins ;

2"" De matières minérales provenant des balayures des étables, etc.

Ces résidus présentent enfin un excès de vasculose inattaquable et de cendres dû à la disparition des autres principes constitutifs de la paille.

Matière soluble. — La matière noire soluble est essentiellement formée de vasculose dissoute dans les carbonates alcalins et de matières azotées. Évaporée à sec, elle se présente sous forme d'une masse noire, brillante, cassante, ayant l'aspect de la houille.

Cette substance brute renferme une très grande quantité de cendres; les chiffres trouvés oscillent autour de 40 p. 100; ces cendres sont riches en sel marin, en potasse, elles renferment souvent des traces de manganèse. Dans un échantillon renfermant 40 p. 100 de cendres on a trouvé 3,7 d'azote; la matière organique en contenait donc 6,1.

En traitant la dissolution noire par les acides, on obtient une très vive effervescence d'acide carbonique, et la vasculose se précipite partiellement, entraînant avec elle la matière azotée; celle-ci est plus soluble dans l'acide chlorhydrique que la vasculose elle-même, et si on redissout dans les alcalis, puis qu'on précipite de nouveau, le produit insoluble est moins riche en azote que le premier précipité (1).

Le précipité fourni par les acides agissant sur la partie soluble du fumier a été désigné par Thenard, ainsi qu'il a été dit, sous le nom d'acide fumique ; je pense que ce nom doit disparaître ; il ne s'applique pas à une matière définie; mais bien au précipité complexe obtenu par la décomposition de la dissolution, dans les liquides alcalins, d'un mélange de vasculose et de matières azotées mélange dans lequel on peut à volonté faire varier les proportions d'azote ; les précipitations de la matière par les sels de chaux, d'alumine ou de fer sont dues : non à une combinaison de cette matière avec les

'\\ Ann. agron.j t. XIV, p. 116.

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