‹ Traité de chimie agricoleChapitre 30 sur 399 · ÉVOLUTION DES BOURGEONS · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES BOURGEONS

port au poids total, taudis que dans les végétaux ligneux les fruits ne représentent qu'une faible fraction du poids de l'individu qui les porte.

L'analyse chimique peut aussi bien que Tcxamen microscopique servir à constater la disparition des réserves du bois après la^ formation des bourgeons. M. Desbarres, tandis qu'il était élève à l'école de Grignon, a soumis à l'analyse de jeunes rameaux de sumac (Rhus elegans) ; il a obtenu les nombres suivants se rapportant à iOO de matière sèche et à 100 de cendres.

SUBSTANCES DOsÉes.

Matière sèche. .

Matières azotées.

Amidon

Cendres

BOIS EN Hivm.

BOIS après le

DÉVELOPPEMENT des bourgeons.

DIFFEftENCES.

A. phosphorique

Potasse

Chaux

Les matières azotées et surtout Tamidon ont émigré en quantités très notables, la composition des cendres a peu varié.

Les bourgeons comme tous les organes végétaux absorbent de l'oxygène et émettent de Tacide carbonique ; à basse température l'absorption d'oxygène est plus forte que l'émission d'acide carbonique; à une température élevée à 35°, c'est l'inverse qui a lieu.

L'influence de la température, celle de l'état des organes, sur la production de l'acide carbonique est considérable ; elles ont élé mises en lumière par Garreau (1) et par M. Moissan (2), 500 grammes de bourgeons de marronnier pris au mois d'avril ont donné à io* en 10 heures : 98 centimètres cubes d'acide carbonique ; k 30* le même poids de bourgeon en a fourni 202 centimètres cubes.

« Si Ton prend en janvier un rameau de marronnier muni de ses deux bourgeons terminaux à fleurs, on obtiendra pour iOO grammes, en 10 heures, 17 centimètres cubes d'acide carbonique. La vie est engourdie, la respiration est des plus faibles. Au

(1) Ann, des se. natur. bot.^ 3" série, XV, 1851.

(2) Artn. agron.y t. V, p. 75, 1879.

mois d'avril, lorsque les gaz diminuent à Tintérieur du rameau et que la sève augmente, lorsque les bourgeons se gonflent et que les matières de réserve sont transformées, 100 grammes en 10 heures exhaleront à la même température de 15 degrés 76''%28 d'acide carbonique, sa production est quatre fois supérieure à celle qui avait été constatée en janvier. Ainsi au retour du printemps, lorsque le rameau reçoit une somme de chaleur beaucoup plus grande qu'en hiver, il y a une recrudescence de vie qui se traduit par un accroissement de la respiration. Avant que la jeune feuille sorte du bourgeon, le rameau terminal est le siège de réactions favorisées par la chaleur obscure, réactions qui atteignent alors leur maximum, car le même rameau un mois après, lorsque les feuilles sont complètement épanouies, respirera avec une énergie beaucoup moindre. » (Moissan, loc. cit.)

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