‹ Traité de chimie agricoleChapitre 29 sur 399 · GERMINATION DES BULBES · texte numérisé non relu

GERMINATION DES BULBES

troave dans les vieux tubercules un poids qui n*est guère inférieur à celui qu'on avait trouvé à Torigine.

Les cendres ont diminué des deux tiers; tandis que la plus grande partie de Vacide phospborique et de la potasse-ont émigré, la chaux aa contraire a augmenté, elle se rencontre dans les vieux tubercules à Tétat d'oxalate de chaux ; c'est certainement la sécrétion de cet acide qui détermine son augmentation.

Les formes de voyage de la fécule paraissent être la dextrine et la dextrose, mais Talbumine contenue dans les tubercules ne fournit pas de Tasparagine comme nous l'avons vu dans les graines en germination, mais bien de la solanine.

Cette matière est vénéneuse, elle est surtout abondante dans les jeunes pousses de pommes de terre, de telle sorte que lorsqu'on emploie au printemps à la nourriture des porcs des tubercules qui ont germé en silos, il est utile de les débarrasser de ces germes qui exerceraient une influence fâcheuse sur les animaux.

Germination des topinambours. — Si nous savons que les topinambours comme les dalhias ne renferment plus comme matière de réserve de l'amidon, mais bien une matière soluble dans l'eau, l'inulinc ; si nous savons en outre que cette matière donne aisément, sous l'influence des acides, un sucre réducteur, la lévulose ; il ne semble pas qu'on ait encore étudié d'une façon complète les transformations que subit l'inuline pendant la germination, ni qu'on ait isolé les diastases qui entrent enjeu pendant l'évolution de ces tubercules (i ).

Germination des bulbes. — Les bulbes de certaines plantes renferment une quantité suffisante de matériaux de réserve pour donner naissance, non seulement à des racines, à des tiges, mais encore à des fleurs, sans emprunter au monde extérieur autre chose que de l'eau ; telles sont notamment les jacinthes si emplo\ées pour orner les appartements au printemps.

Si on fait évoluer ces bulbes dans une atmosphère limitée, on observe toute une série de phénomènes analogues à ceux qui se produisent pendant la germination des graines (2). Saint-André, qui s est occupé de celte question, a trouvé que les bulbes absorbaient de l'oxygène, émettaient de l'acide carbonique, comme les graines en germination, et il est probable que les phénomènes qui accompagnent révolution des bulbes sont très analogues à ceux

,1) Ann. agron.y t. V, p. 470.

(5) Ann. agron., t. IV, p. 306.

qu*on observe dans le développement des bourgeons dont il nous reste à parler.

§ 12.. — Evolution des bourgeons.

Dans les plantes vivaces, les réserves nécessaires à la formation des organes nouveaux sont logées dans le bois d'où elles émigrent au retour de la belle saison.

Quand on procède à des coupes dans du bois pendant Thiver on y trouve même dans des couches ligneuses âgées d^un certain nombre d'années des dépôts de fécule ; A. Gris a trouvé dans un frêne de quarante ans, dans un bouleau de trente-cinq ans, des réserves amylacées jusque dans le cœur du bois; Payen en a trouvé également dans un frêne ; il n'en est plus de même dans les premiers jours de printemps; c*est ainsi qu'il est plus avantageux de couper les gaules de frêne au mois de mai, qu*en toute autre saison, l'amidon en a disparu à cette époque, et les tissus qui en sont dépouillés sont moins attaqués par les insectes que ceux qui en sont gorgés.

La résorption de l'amidon préalablement déposé dans les couches ligneuses pendant les premières périodes de la végétation annuelle des arbres est utilisée à l'alimentation des bourgeons qui se développent rapidement en rameaux couverts de feuilles. Le corps ligneux, rempli des matières nutritives qui y ont été déposées pendant le cours de la végétation de Tannée précédente, joue ici le rôle des cotylédons ou du périsperme, dans les premières périodes du développement de l'embryon.

Ces matières rapidement épuisées par l'activité de la végétation printanière se reforment promptement ; dès le mois de juin, on voit les divers tissus qui se chargent de grains d'amidon pendant l'hiver, se remplir de nouveau. Le développement des fruits ne paraît amener aucune diminution dans le dépôt de la matière nutritive ; Tactivité de la végétation suffit alors à la nutrition du fruit sans qu'elle ait besoin de recourir aux provisions réservées pour le développement des rameaux au printemps suivant.

L'activité vitale accomplit dans les végétaux ligneux deux tâches: elle nourrit le fruit qui renferme le germe destiné à propager Tespèce» et elle crée les réserves nécessaires à la conservation de l'individu; dans les plantes annuelles, toute l'activité se porte naturellement sur la production des semences qui assurent la perpétuité de l'espèce, aussi le poids de ces semences est-il énorme par rap-

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