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PHOSPHATES MINÉRAUX

Les phosphates se présentent dans les gisements sous des formes (rès variées ; on distingue :

Les apatites ou phosphorites.

Les sables phosphatés.

Les nodules ou pseudocoprolithes.

§ 233. — Apatites et phosphorites.

Ces minéraux ne sont jamais disséminés sur le sol; ils constituent des amas, des filons souvent d'une grande puissance.

Leur structure cristalline, leur compacité les rendent presque inattaquables aux réactions peu énergiques qui se produisent dans le sol : aussi les apatites ou phosphorites sont-elles employées à peu près exclusivement à la fabrication des superphosphates.

Les apatites du Nassau sont parfois cristallisées en prismes hexagonaux de couleur verdâtre; leur densité est considérable, elle est voisine de 3.25; la proportion des phosphates qu'elle renferme est variable; d'après les analyses de Vœlcker, elle oscille de 79 à 58 p. 100.

Les deux analyses suivantes indiquent leur composition.

Apatites du Nassau.

Phosphate de chaux 79.00 63.00

Carbonate de chaux 4.25 4. 70

Oxyde de fer et alumine 4.00 7.20

Fluor 2.88 4.88

Silice 4.61 16.00

Les apatites de Logrosan en Estramadure (Espagne) sont connues depuis longtemps ; on les rencontre à l'état de filons dans les granits et dans les schistes ; elles sont exploitées à Gostanza, près de Logrosan, et aussi dans le voisinage de Cacérès ; on exporte annuellement, de ces gisements, de 50 à 60,000 tonnes en Angleterre où Tapatite est employée à la fabrication des superphosphates.

On a découvert, dans l'Estramadure, d'autres gisements de phos-

phorites, remarquables par la lumière verdâtre qu'elles émetlent quand on les jette sur des charbons ardents. Nous avons eu occasion d'examiner quelques-uns de ces produits, dans lesquels on rencontre de 68 & 80 p. 100 de phosphate de chaux. M. Yœlckcra analysé également des phosphorites d'Ëslramadure, il a trouvé de 72 à 79 p. 100 de phosphate. M. Ramon de Luna, a signalé des gisements de phosphates à Murcie ; ils ne présentent qu'une richesse moyenne de 45 p. 100 de phosphate de chaux.

On a trouvé aussi Tapatite en Portugal, dans la province d'Alemtejo.Ona reconnu enfin, dans ce même pays, des rognons de phosphate de chaux auprès des sables bi tumineux exploités à Granja, district de Leizia, paroisse de Monte>ReaI, à proximité de la mer.

Voici quelques dosages extraits de ces divers gisements.

Phosphate de chaux pour tOO.

Apatite de Seguridad 89.68

Pbosphorite de Fortuna 78.16

— de Cofianza 80.77

— de Esmeralda 84.04

Moyennes des analyses de M. Petermann 66.47

— — de M. Vœlcker (riches) 74.00

— — — (pauvres)... 56.00

Les échantillons les plus recherchés sont ceux qui ne renferment pas de carbonate de chaux, en effet, la partie de Tacide sulfurique employée à saturer la chaux du carbonate, n'exerce aucune action sur la solubilité de Tacide phosphorique, et peut être considérée comme perdue. Depuis quelques années, on fabrique, à Cacérès, des superphosphates enrichis; par un premier traitement, à Taide d'acide sulfurique, on extrait des phosphates à gangue siliceuse, de Tacide phosphorique, qui sert à l'attaque des phosphates mélangés de calcaire ; l'acide phosphorique libre s'empare de la chaux du carbonate, attaque en outre le phosphate de chaux tribasique, pour donner des phosphates acides et solubles.

Les apatites de Norvège proviennent du nord de la presqu'île Scandinave; on y trouve de 91 p. 100 de phosphate de chaux (Vœlcker) à 86 (Petermann).

Chaux phosphatée du Tarn-et-6aronne et du Lot. — Ces gisements, découverts par Poumarëde il y a vingt-cinq ans, ont été décrits par M. Daubrée (1) ; ce sont des phosphorites à forme mamelonnée,

(1) Cwnp. rend., U LXXIU, p. 10î8.

SABLES PHOSPHATÉS. *73t

àcouches concentriques blanchâtres, mais parfois aussi tirant sur le jaune et le rouge ; à Torigine de Texploitation on a trouvé des lots renfermant de 70 à 83 centièmes de phosphate de chaux ; maintenant, les parties les plus riches des gites ayant été enlevées, la teneur des parties extraites n^est plus guère que de 45 p. 100; sur quatre-vingts carrières ouvertes, vingt-neuf seulement ont été exploitées dans ces dernières années ; elles ont employé environ deux cent vingt ouvriers. L'ensemble des gisements du Lot et de TAveyron a produit, il y a quelques années, 30,000 tonnes valant plus de 900,000 francs. Ces phosphates présentent cette particularité de contenir toujours des iodures ; on y rencontre souvent des fossiles, particulièrement les Paléolhériums.

Phosphates du Gard. — Ils sont disséminés dans des poches, au milieu du calcaire, et y apparaissent sous forme de roches d'un blanc jaunâtre avec des bandes colorées; les phosphates de Tavel sont exploités par cent soixante-dix ouvriers; la teneur en phosphates varie de 84 à 60 p. 100 ; l'extraction dépasse 20,000 tonnes valant plus de 1 million de francs (1).

Phosphates de la Podolie (Russie). — On trouve en Russie des masses sphériques, ayant Taspect de gros rognons de pyrites renfermant de 75 â 88 p. 100 de phosphate de chaux.

§ 234. — Sables phosphatés.

Ces sables phosphatés remplissent des poches à la partie supérieure de la craie à bélemnites, à la limite des départements du Pasde-Calais et de la Somme, à Beauval et Ilallencourt, près Doullens (Somme), et à Orville (Pas-de-Calais); la couche d'épaisseur, très variable, présente parfois une hauteur de 10 à 12 mètres, parfois beaucoup moins ; elle est recouverte par une couche d'argile à silex.

On distingue trois variétés : l'une, renfermant de 80 à 85 p. 100 de phosphate de chaux, est presque blanche; la seconde, ne contenant plus que 60 à 70 p. 100 de phosphate, est mélangée d'une plus forte proportion d'oxyde de fer, qui la colore en jaune; quand, enfin, cet oxyde est en plus grande quantité, le sable devient rougeâtre, ne contient plus que 50 p. 100 de phosphate de chaux, et forme la troisième sorte.

(1) Plusieurs des renseignements précédents sont empruntés & la Géologie agricole de M. Risler.

Le sable desséché au feu est tamisé ; les parties ag^glutinées sont aisément broyées et tamisées à leur tour ; on évalue Fimportance de ces gisements à 1,500,000 tonnes; l'exploitation en enlève 200,000 tonnes tous les ans et bien qu'on ait découvert quelques nouveaux gisements à Templeux et à Cergicourt, il est probable que les phosphates riches seront assez vite épuisés.

La composition du phosphate riche découvert en 1886 à Beauval est représentée par les nombres suivants :

Acide phosphorîque 36.77

Chaux 53.96

Acide carbonique 2.42

Fluor 1 .90

Acide sulfurique 7.99

Peroxyde de fer 0.59

Alumine 0.38

Magnésie 0. 19

Silice 0.45

Matières organiques 2.69

M. Nantier, directeur de la station agronomique de la Somme, a montré que si les sables riches de Beauval ne sont pas assez abondants pour fournir longtemps à une exploitation considérable, la craie dans laquelle les poches de sables calcaires sont conte* nues pouvait fournir aisément, des produits assez riches pour être exploités ; on procède à un broyage puis à un lavage et enfin à la décantation du carbonate de chaux terreux qui reste en suspension dans Teau tandis que le sable phosphaté tombe au fond du liquide. M. Nantier a obtenu d'une craie de Beauval, renfermant seulement 23 p. 100 de phosphate de chaux à l'état naturel, un produit renfermant, après traitement, 46.18 de phosphate; une craie d'Hardivilliers à 15.80 p. 100 de phosphate accuse, après traitement, 52.39 de phosphates, et même 60 p. 100 (1).

En calcinant les craies phosphatées, on obtient un mélange de chaux et de phosphate désigné sous le nom de thermophosphate.

Actuellement la craie de Beauval est très souvent teintée et vendue comme phosphate du grès vert.

§ 233. — Nodules ou pseudocoprolïthes.

Ces phosphates se rencontrent à la limite du terrain crétacé et du terrain jurassique dans les grès verts; on a reconnu le phosphate de chaux dans une zone partant des Ârdennes pour aboutir à la

(1) Ann. agr,, t. XV, p. 408.

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