NODULES
Basse-Normandie, décrivant, autour du bassin parisien, un grand arc de cercle s'étendant à travers la Meuse où existent de nombreuses exploitations, TAube, TYonne, le Cher où les phosphates sont également exploités, rindre, la Vienne, llndre-et-Loire, le Maine-et- Loire, la Sarthe et le Calvados.
Les nodules du grès vert sont d'une couleur variant du gris au vert sale ; ils deviennent parfois plus foncés, jusqu'à prendre une teinte noire.
Employé comme chimiste dans la première usine à phosphate de chaux qui ait été établie en France (1857), j'ai eu occasion d'analyser les nodules provenant de divers gisements; j'ai donné, pour leur composition, les nombres suivants :
Islettes. Ardennes.
Silice et argile 33.4 26.4
Acide phosphorique 20.8 21.3
Chaux 22.5 30.8
Oxyde de fer et alumine 3.8 10.0
Eau 1.6 1.0
Acide carbonique et nialières non dosées. 15.5 5.8
lOÔTÔ^ 100. o"
Les proportions relatives d'acide phosphorique et de chaux contenues dans les nodules des Islettes montrent que tout l'acide phosphorique ne s'y trouve pas à l'étal de phosphate de chaux tribasique ; en effet, la chaux dosée est insuffisante pour saturer tout cet acide, et de plus, elle est en partie à l'état de carbonate, la poudre analysée faisant effervescence ayec les acides. Cette remarque est importante parce qu'elle montre que, dans les nodules, une partie de l'acide phosphorique est combinée avec les sesquioxydes, ce qui permet d'expliquer certains faits observés dans leur emploi.
La composition précédente est analogue à celle des nodules, qui sont très abondants en Russie; M. Yermoloff, qui a consacré à leur étude un intéressant mémoire (1), donne, pour l'analyse des nodules de Spask, les nombres suivants :
Argile et sable 9.50 59.70
Acide phosphorique 27.48 12.63
— carbonique 3.95 1.98
— sulfurique 1.08 0.44
Chaux 42.00 18.54
Magnésie 0.40 »
Oxyde de fer et alumine 3.19 »
(1) Journal cTagricuUure pratique^ 1872, t. I, p. $60.
Plus récemment, M. Delattre a domié, des nodules français, des analyses très complètes (1).
Eau à 100»
Matières volatiles . . . .
Acide phosphorique. .
— sulfurique
— carbonique. . . .
Fluor
Chaux
Magnésie
Alumine
Oxyde de fer
Silice
Chesaois
Grand-
tir.-pré.
Aubon-
pré.
SablêM
Dom-
Les
Rar«-
court.
Gaisé.
verti.
basles.
Ulettei.
court.
iOO.U 99.07 99.85 99.25 99.56 100.07
Équivalent de Tacide phosphorique en phosphate de chaux. 36.43 51.22 42.73 39.79 40.90 38.37
La moyenne des analyses de M. Delattre conduit à 41.86 de phosphate de chaux ; j'ai déduit des très nombreuses analyses que j'ai exécutées autrefois (2) 41.4 pour la richesse moyenne des nodules de TEst; les nombres sont donc absolument d'accord. Les nodules anglais sont souvent plus riches. Le D"* Yœlcker a trouvé 52.52 et 57.12 pour des coprolithes de Suffolk et de Cambridge.
Nodules du sud de la Tunisie. — Des travaux de recherches entrepris il y a quelques années ont montré, dans les massifs des djebels Zimra, Sedja et Stah, à l'ouest de Gafsa, des couches importantes de phosphates, dont l'épaisseur exploitable varie de 8 à 12 mëlres sur une étendue d'environ 30 kilomètres. Il résulte des analyses exécutées sur une série d'échantillons que ces nodules, Irës friables, renferment environ 60 centièmes de phosphate de chaux.
D'autres gisements, d'une importance moindre, ont été reconnus au sud de Gafsa, d'autres encore au sud du djebel Sahib. Ces gisements ne seront susceptibles d'exploitation que quand un chemin de fer les amènera aisément au port de Sfax (3).
Exploitation des nodules. — L'exploitation a souvent lieu à cîd
(1) Étude sur les gisements de phospfiales français (1882).
(2) Recherches sur l'emploi agricole des phosphates {Thèse pour le doctorat, 1859).
(3) Ann, agi^on., t. XVll, p. 36 i.