EMPLOI DES ENGRAIS PHOSPHATÉS
Nous avons insisté dans la seconde partie de cet ouvrage (p. 4i3) sur les quantités d'acide phosphorique contenu dans la terre arable et en outre sur les différentes formes qu'il y présentait, il faut maintenant profiter de ces connaissances pour préciser les conditions dans lesquelles il convient d'employer les engrais phosphatés naturels ou à l'état de superphosphates.
Nous avons non seulement indiqué (§ 128 et 129) qu'on trouve dans le sol des proportions très variables d'acide phosphorique total, mais en outre que cet acide s'y rencontrait sous deux formes très différentes : engagé dans des combinaisons très stables, ne cédant qu'à l'action des acides minéraux agissant à l'ébullition, ou au contraire uni à des protoxydes et se dissolvant dans les acides faibles comme l'acide carbonique ou l'acide acétique, ou combiné à des sesquioxydes mais se dissolvant dans le citrate d'ammoniaque ammoniacal. — Ces connaissances étant acquises nous pouvons essayer de prévoir l'action, qu'exerceront sur différents sols, les engrais phosphatés.
Nous classerons d'abord les sols en deux groupes : terres sur lesquelles les engrais phosphatés ont chance de réussite ; terres au contraire sur lesquelles ils sont généralement inutiles.
Nous discuterons ensuite dans quels cas, il convient sur les terres du premier groupe d'employer des superphosphates, dans quels cas au contraire on peut se borner à répandre des phosphates naturels.