SUR
d'acide PHOSPHORIQUE TOTAt, il s'en dissoat
dans l'acide acétique.
dans
Toxalatc
d'ammoniaque.
Il est visible que la finesse du grain a une grande influence sur Tattaque par les réactifs, et que par conséquent les cultivateurs devront non seulement demander aux chimistes chargés des analyses, la composition des phosphates, mais en outre le degré de finesse qu'ils présentent; la culture devra en outre consentir à payer le phosphate à un prix d'autant plus élevé, qu'il sera livré en poudre plus fine.
Il résulte, en effet, d*une expérience de M. Wagner, qui a porté sur des scories de déphosphoration que dans des cultures de lin, d'orge et de froment, l'action des superphosphates étant représentée par 1 00, celle de lapoudre très fine de scories est égale à 61 , celle de la mouture fine à 58, celle de la mouture grossière seulement à 13.
§248. — Terres sur lesquelles réussissent les phosphates naturels.
Nous résumerons plus loin les très nombreuses expériences dans lesquelles on a mis en comparaison les phosphates naturels et les superphosphates, nous nous bornerons ici à indiquer les résultats généraux de l'emploi des nodules ou du noir animal.
Rieffel, fondateur de l'école de Grand jouan dans la Loire-Infé-
rieure, qui a tant contribué à mettre en culture les landes de Bretagne, a obtenu les résultats suivants :
1*' année. Terre de landes écobuée 766 k. de froment à Thectare.
2« — — phosphatée. 1950 — —
Dans un autre cas, le même agronome obtient des chiffres encore plus significatifs :
Seigle. Sarmtin. Blé.
Terre de landes brute 0 0 0
- phosphatée 25 26 12
De Molon qui a mis en exploitation les nodules de phosphate de chaux, cite dans une note adressée à l'Académie des sciences (1), une expérience exécutée par M. Collet dans laquelle il constate que le sarrasin développé sur la poudre de nodules présentait une hauteur double de celui qui avait crû sur une fumure de noir animal.
M. de Kerjegu à la ferme école de Trévarez dans le Finistère, fait passer en 1864 sa récolte de sarrasin, à l'hectare, de iO hectolitres à 25, en répandant 540 kilos de phosphate fossile.
On aura toutefois une idée plus exacte de Timportance de l'emploi des nodules en Bretagne en relisant la déposition que fit en 1 864 : Malaguti devant la commission à! Enquête sur les engrais industriels (2) :
M. Elle de Beaumont. — Dans les environs de Rennes n'emploie-t-on pas le phosphate de nodules avec succès?
M. Malaguti, — Avec un immense succès. Je n'hésite pas à dire que la découverte du phosphate fossile est une découverte providentielle... Le succès de ce phosphate en Bretagne est véritablement prodigieux. S'il y a quelque chose h craindre pour Tavenir de cet engrais, ce n'est pas le ralentissement, mais l'abus de son emploi. Autant les populations rurales de TOuest sont lentes & adopter les innovations, autant elles s'en engouent une fois adoptées. Il est h, craindre que nos cultivateurs éblouis par les brillants succès de la campagne de 1864, ne s'avisent d'employer à tort et à travers la poudre de nodules, etc.
Il est absolument démontré aujourd'hui que les phosphates fossiles simplement réduits en poudre exercent sur les terres de défrichement une influence des plus remarquables, jusqu'à doubler et tripler la récolte, ou même comme l'a montré Rieffel, jusqu'à permettre d'obtenir des produits d'un sol qui sans phosphates ne donne rien.
(1) Comptes rendus^ t. XLVI, p. 238.
7(K) PflOSPHATES.
$i, sur les terres de schistes, sur les granités les nodules pulvérisés sont très efficaces, il n'en est pas ainsi partout : sur les terres calcaires ces nodules ne présentent aucune efficacité. Il est même beaucoup d'autres terres sur lesquelles l'effet est également nul. M. Paul Genay donne à ses terres de Meurthe-et- Moselle qui sont cependant pauvres en phosphates: du fumier seul, ou du fumier mélangé de poudre de nodules, les récoltes sont identiques, l'effet produit par Taddition des nodules est nul et par suite le bénéfice tiré de quatre récoltes successives : de pommes de terre, blé, seigle et avoine est moindre quand on a employé les nodules que lorsqu'on s'est abstenu d'en répandre (1).
M. Guillaume, directeur de l'École d'horticulture de Vilpreux, essaie dans les Ardennes sur une terre également pauvre en phosphates de donner simultanément du fumier et de la poudre des nodules, l'effet est nul sur le blé, le maïs fourrage, les pommes de terre ; et les différences constatées sur les betteraves et Tavoine restent dans les limites des erreurs d'expériences (2).
Il est donc manifeste que c'est surtout quand on opère sur des sols riches en débris organiques, sur des défrichements que les phosphates fossiles sont à recommander; dans de semblables circonstances, il faut toujours les essayer; sans doute la réussite n'est pas certaine, mais elle est très probable et les avantages à recueillir sont tellement supérieurs à la dépense qu'occasionnent les iOO ou 500 kilos de phosphates à acquérir, que cette dépense doit toujours être risquée; elle s'élève, en effet, à 20 ou 25 francs par hectare pour achat de l'engrais et en supposant que celte somme soit doublée par le transport et l'épandage, elle est bien loin de représenter la plus-value possible.
§ 249. — Emplois successifs des phosphates et de la chaux.
Lorsque nous avons indiqué les conditions nécessaires à la nitrification, nous avons montré qu'elle exigeait la présence dans le sol d'une base salifiable, que notamment des sols à réaction acide ne nitrifiaient qu'autant qu'on les chaulait ou qu'on les marnait, (page 622), et on conçoit dès lors qu'un cultivateur désireux d'améliorer un sol de défrichement, soit conduit à lui fournir les deux éléments manquants : calcaire et phosphate. Cette manière de faire
(1) Ànn. agron,^ t. XVI, p. 216.
(2) Ann. ogron.^ t. Vil, p. 590.
EMPLOI DES SUPERPHOSPHATES. 761
n'est pas cependant à conseiller ; il arrive que les matières ulmiques, les acides qu'elles engendrent saturés par la cbaux du calcaire n'agissent plus sur les phosphates; le fait a été observé si souvent qu'il est maintenant défini par une expression populaire, on dit que la chaiix brûle le noir; c'est-à-dire qu'après un chaulage le noir animal est sans effet. Il convient donc de donner successivement ces deux matières : distribuer les phosphates dans le cours d'une première année, et d'ordinaire cette première addition détermine déjà une amélioration sensible, on voit notamment apparaître le petit trèfle blanc des prairies, puis la seconde année, on distribue la chaux ou la marne et Tinfluence de ces deux engrais est telle qu'elle rend possible la culture rémunératrice des céréales.
EMPLOI DES SUPERPHOSPHATES
§ 250. — Expériences de laboratoire.
L'attaque des phosphates naturels par l'acide sulfurique, ayant pour but de rendre l'acide phosphorique soluble dans l'eau, ce n'est pas sur cette solubilité que doivent porter les investigations, elle est acquise ; mais bien sur les dangers qu'occasionne la causticité que donnent aux superphosphates les acides phosphorique et sulfurique libres qu'ils renferment habituellement. Dans la plupart des sols cette causticité ne persiste pas, nous avons déjà indiqué (p. 439) à quels résultats était arrivé Â. Yœlcker en introduisant des superphosphates dans diverses terres, et nous avons vu que très rapidement l'acide phosphorique libre ou le phosphate acide de chaux étaient saturés dans des sols calcaires ou même simplement pourvus d'une dose moyenne de carbonate de chaux. La saturation est naturellement plus lente dans des sols argileux ou dans des sols sablonneux, elle peut même, dans des sols schisteux et granitique dépourvus de calcaire être tellement incomplète que les plantes ne puissent résister aux atteintes des acides. Nous avons rappelé en effet que Bobierre avait trouvé qu'un sol de Bretagne formé de la désagrégation de roches schisteuses donnant dans une expérience en pots 0^,462 de grains de sarrasin après addition de poudre de nodules, n'en donnait plus que 0^020 après emploi de superphosphate bien qu'on eût pris la précaution de le neutraliser avec de la craie. On conçoit donc très bien que les superphosphates ne conviennent pas aux sols qui ne renferment pas de bases capa-
bles de neutraliser les acides qu'ils renferment, bases qui peuvent être soit la chaux du calcaire, soit l'oxyde de fer et l'alumine des argiles et si on a des doutes sur ce sujet, il peut être bon de mélanger à la terre qu'on veut traiter, des superphosphates dans la proportion où ils doivent être employés, et de chercher pendant combien de temps la réaction acide persiste. Si après quinze jours ou trois semaines, elle est encore notable, il est prudent de ne pas employer les superphosphates, mais d'avoir recours à d'autres engrais phosphatés et notamment aux scories de déphosphoration.
§ 251. — Expériences de culture.
Les sols sur lesquels les superphosphates exercent une influence nocive sont en somme assez rares et l'emploi des superphosphates est aujourd'hui si répandu, qu'on n'a que l'embarras du choix pour citer des exemples de leur efficacité.
A Rothamsted, les champs cultivés en blé qui ont reçu chaque année une fumure de sels ammoniacaux renfermant 96 kilos d*azote, en même temps que des engrais minéraux et notamment des superphosphates ont donné en moyenne 29*^,47 de 1852 à 1882, tandis que lorsqu'on a donné des sels ammoniacaux seulement, sans y adjoindre de matières minérales, la récolte a été seulement de 18S4S.
L'épuisement du sol en phosphate se fait particulièrement sentir pendant les dernières années de l'expérience ; cet effet est très sensible sur les parcelles iOA et lOB. lOA a reçu une seule fumure minérale suivie de trente-neuf fumures ammoniacales et lOB a reçu pendant les sept premières années, trois fumures minérales, puis pendant les trente-trois années suivantes, la même fumure que IOA; c'est-à-dire des sels ammoniacaux seulement chaque année. On a obtenu les résultats suivants :
Hectolitres de graius & l'hectar*.
Moyenne de 8 ans (1852-1859)
Moyenne de 32 ans (1852-1883) 18.45 20.92
La quantité de grain récoltée diminue donc régulièrement, à mesure que la culture sans phosphates se prolonge.
IOA.
lOB.