COMPARAISON ENTRE LES SUPERPHOSPHATES ET LES PHOSPHATES NATURELS
Nous avons montré plus haut que TaDalyse des eaux de drainage beaucoup plus chargées de nitrates sur la parcelle qui ne reçoit que des sels ammoniacaux que sur celle qui reçoit en même temps des superphosphates confirme leur influence sur Tutilisatioa des matières azotées des engrais.
A Blaringhem, dans les cultures de hlé que nous avons disposées avec M. Porion, Teffet des saperphosphates est très marqué, les pièces recevaient de fortes f amures de fumier et, en outre, des sels ammoniacaux additionnés ou non de superphosphates; on a obtenu en 1885, avec des sels ammoniacaux sans superphosphates ii^^^^S de grains à l'hectare et 48*>'",5 quand on a fait entrer dans la fumure 300 kilos de superphosphates. En 1886, avec du fumier seulement on obtenait 4i''"',4 de grain et 43,97 en ajoutant des superphosphates, 49,6 quand à ces fumures se joignaient du sulfate d'ammoniaque et un engrais de potasse. Eki 1887 le fumier seul donnait 32^°", 5 et 38''*',2 quand le superphosphate s'ajoutait au fumier.
En Angleterre l'emploi des superphosphates est absolumenl général, l'assolement débute habituellement par des turneps qui reçoivent toujours une famure de superphosphates. Leur influence est plus marquée, en effet, sur les racines que sur les récoltes de grain et à Wardrecques où les superphosphates n'agissent guère sur le blé, ils augmentent la récolte des betteraves.
En résumé, les superphosphates, exercent surnombre de sols une influence tellement manifeste, qu'il faut toujours les essayer et ne renoncer à leur emploi qu'autant que d'une part, on a reconnu par l'expérience qu'ils ne produisent pas d'effet, que de l'autre l'analyse a indiqué dans les sols sur lesquels ils n'ont pas marqué, des proportions notables d'acide phosphorique total et assimilable ; et il semblerait qu'il n*y eut pas lieu d'insister sur leur emploi si on n'avait, depuis quelques années, proposé de substituer aux superphosphates d'un prix assez élevé, les phosphates non traités par l'acide sulfurique, la poudre de nodules ou celle des scories de déphosphoration ; il convient donc de mettre en parallèle ces divers engrais phosphatés, en voyant dans quels cas l'efficacité de chacun d'eux est particulièrement marquée.
§ 2S2. — Comparaison entre les superphosphates et les phosphates
ISON TRAITÉS PAR l' ACIDE SULFURIQUE.
Les agronomes paraissaient, il y a quelques années, d'accord sur les deux points suivants :
Le noir animal, la poudre des nodules conviennent aux sols riches en débris organiques, landes, vieilles prairies, bois défrichés.
Les superphosphates, au contraire, doivent être employés sur les terres anciennement cultivées; quand ces conclusions trop absolues furent attaqués par M. Jamiesson. Il publia, en mars 1878, un mémoire intéressant (1) dans lequel il rapportait qu'en opérant sur plusieurs sols différents, il avait obtenu les résultats suivants dans la culture des navets :
Rendement de navets à l'hectare.
Phosphates iusolablcs d'origine
minérale, animale.
.^ j Moyenne de 10 expériences dans 5 stations. 40.600 42.670 18/0. ^ 2exp.àla8tationdeCluny... 47.600 37.650
Phosphates solables d'origine
minérale, animale.
4A7A ( Moyenne de 10 expériences dans 5 stations. 46.000 44.170 *^'^' I — 2exp.àlastationdeCluny. .. 47.000 37.650
Et il tirait de ces expériences la conclusion suivante : « Pendant Tannée 18"6, on compara Finiluence qu'exercent, sur le développement des tumeps, des quantités de phosphate insoluble et de phosphate soluble dans le rapport de 3 à 2, le superphosphate renfermant environ la moitié de son poids d'acide phosphorique & Téfat soluble. En 1877 on employa des poids égaux d'acide phosphorique soluble et insoluble. Des expériences de 1876 on peut tirer qu'en moyenne la supériorité des phosphates solubles est d'environ 10 p. lOOsnrles phosphates insolubles, mais que dans quelques cas les phosphates solubles ont une valeur de 12 et même de 15 p. 100 supérieure à celle des phosphates insolubles. Les expériences de 1877 montrèrent que la supériorité des superphosphates sur les phosphates n'excède pas 20 p. 100. Dans aucun cas on n'a trouvé des différences qui expliquent la faveur dont jouissent auprès des cultivateurs les superphosphates, ni qui justifient l'énorme différence de prix qui existe entre les phosphates traités par l'acide sulturique et les phosphales naturels.
A cette époque, en eiTet, les phosphates naturels renfermant environ 20 p. 100 d'acide phosphorique valaient 5 francs les 100 kilos
le kilo d'acide phosphorique revenait donc à -^ = 0,40, tandis que
le kilogramme d'acide phosphorique soluble se vendait de 1 franc à
(1) Afin, agron,, t. IV, p. 618.