RICHESSE EN POTASSE DE DIVERS TERRAINS. IIP
obtenir de bonnes récoltes, que partout et toujours les engrais dépotasse devront être employés. Nous avons défiai Tengrais : « La^ matière utile à la plante, qui manque au sol », et on conçoit que,, bien que chaque récolte prélève une certaine quantité de potasse,, le prélèvement puisse être assez faible, vis-à-vis de la quantité depotasse contenue dans la plupart des sols, pour que la restitutionsoit inutile et n'exerce aucune action sur l'abondance des récoltes.. Il est d'autant plus naturel que celte inutilité soit fréquente, quela potasse est bien retenue par la terre arable, qu'elle ne se rencontre qu'en minimes proportions dans les eaux de drainage, et que par suite elle n'est pas soumise aux grandes causes de déper-r dition de l'azote qui sous forme de nitrates s'échappe si aisément des terres cultivées.
Il est visible, d^autre part, que s'il existe des sols dans lesquels la potasse fait défaut, elle y sera apportée avec grand avantage; et manifestement cet avantage sera d'autant plus grand que les plantesauxquelles cette potasse sera fournie en ont un besoin plus marqué..
On conçoit donc que dans ce chapitre nous cherchions, d'unepart, dans quels terrains la potasse est rare ou abondante, de l'autre sur quelle^ plantes elle exerce le maximum d'eiTet.
Quand nous aurons classé les terrains d'après leur richesse présumée en potasse, nous indiquerons quels sont les sels de potasse qui peuvent être employés, puis nous résumerons les expérience» qui ont été exécutées sur l'emploi agricole des sels de potasse.
On a autrefois attaché une grande importance à l'emploi, comme engrais, du sel marin, la discussion des opinions émises sur ce sujet enfin quelques lignes sur les usages agricoles du sulfate de fer termineront ce chapitre ; il comprendra donc les paragraphes suivants :
§ 255. — De l'abondance ou de la rareté de la potasse dans les terrains de divers formations géologiques.
§ 256. — Origine des engrais de potasse. Sels de potasse employés aux usages agricoles.
§ 257. — Emploi des engrais de potasse sur les racines et tubercules»
§258. — Emploi des engrais de potasse sur les céréales.
§259. — Emploi des engrais de potasse sur les prairies.
§260. — Emploi des engrais de potasse sur la culture du tabac.
§261. — Emploi des engrais de potasse sur la vigne.
§262. — Emploi agricole du sel marin.
§263. — Emploi agricole du sulfate de fer.
§ 255. — De l'abondance ou de la rareté de la potasse dans les terrains de diverses formations géologiques.
Nous avons indiqué dans le premier chapitre de la seconde partie : Formation des terres arables que Targile provient de la décomposition au sein de Teau, des silicates à plusieurs bases qui par leur association constituent les roches primitives ou volcaniques.
Pendant cette décomposition, une partie de la silice, et de la potasse ont été entraînées, sans cependant disparaître complètement et dans presque tous les sols argileux, elle existe en quantités notables; nous avons donné (page 424), la teneur en potasse totale d'un certain nombre de sols argileux et nous avons vu que la quantité de potasse qu'ils renferment est énorme.
En cherchant l'état dans lequel se trouve cette potasse, nous avons été arrêté par le manque d'une méthode précise qui nous permit de distinguer la potasse assimilable de celle qui, engagée en combinaison dans des roches dures et compactes, n'est manifestement pas encore utilisable par les végétaux; nous avons reconnu cependant, qu'en traitant la terre, soit par de grandes masses d'eau qui triomphent des propriétés absorbantes , soit par de Teau chargée de sulfate de chaux ou de magnésie, qui transforment le carbonate de potasse, habituellement retenu parla terre arable, en sulfate sur lequel ces propriétés absorbantes ne s'exercent plus : nous enlevions, par l'une ou l'autre de ces méthodes, aux sols, mis en expériences, des quantités de potasse bien supérieures à celles qu'exigent nos récoltes. Nous avons vu, pour répéter l'expression employée § 132, que la terre renferme souvent une grande quantité de potasse soluble, mais non dissoute ; et on conçoit dès lors que cette potasse simplement retenue par les propriétés absorbantes des terres arables, soit utilisée par les plantes dont les racines sont pourvues de sucs assez acides pour décomposer le carbonate de potasse des argiles, et amener la base à un nouvel état, où elle est facilement assimilée. Ces considérations permettent de concevoir comment dans les terres argileuses les engrais de potasse n'exerceront guère d'action : dans ces terres, la potasse ne manque pas, et par suite pour elles, les sels de potasse ne sont pas des engrais.
Les exemples abondent : quand, en 1865, on eut découvert en