RICHESSE EN POTASSE DES DIVERS TERRAINS
Allemagne le riche gisement de sel gemme de Stassfurth-Anhait, qu'on y eut trouvé une grande quantité de carnallite (chlo^ rure double de potassium et de magnésium), qu'on eut livré à Tagriculture à bas prix les sels de potasse, je me hâtai d'en faire Tessai à Grignon, en général je n'en obtins aucun effet, et cepen* dant notre terre de Grignon n'est ni très riche en argile, ni très chargée de potasse; Corenwinder à la même époque essaya sans succès les sels de potasse sur les terres fortes des environs de Lille.
Il semble que les argiles à silex qui abondent dans la Beauce, dans le pays de Caux, le Vexin normand, dans la Brie, dans la Somme et le Pas-de-Calais, qu'en outre les alluvions quaternaires renferment assez de potasse pour que l'emploi des engrais potassiques soit sans effet, c'est au moins ce qui résulte de très nombreux essais dus à MM. Pagnoul, Grandeau, Gattelier, Garola, Colomb-Pradel. Il en est de même, en général dans les terrains qui s'appuient sur des roches primitives, Bretagne, Vendée, Limousin; ceux qui dérivent des schistes, Bretagne, Anjou, Maine, etc. ; les marnes du lias sont dans le même cas ; on voit donc que la plus grande partie des terres françaises peuvent produire sans l'addition des sels de potasse, qu'il faut réserver aux sols où cette base fait défaut. Nous indiquerons plus loin cependant quelques exceptions.
Terres pauvres en potasse. — Ces terres sont essentiellement la craie, les sables, les grès. En Champagne la potasse fait habituellement défaut et son addition est généralement fructueuse ; il il en est de même dans les sables des Landes et dans les grès des Vosges.
M. de Rohans a obtenu, près de Reims, dans une culture de blé :
Blé.
Grains. Paitlo.
Engrais complet 2.785 kil. 7.000 kil.
— sans azote 2.670 — 5.430 —
— sans phosphate 2 .000 — 6 . 320 —
— sans potasse 4.015— 4.025 —
Dans les terrains tourbeux, en Allemagne, la potasse a produit des effets merveilleux; on a obtenu des récoltes de colza qui ont présenté les rapports suivants :
Sans fumure T
Avec acide phosphorique seul 12
Avec potasse seule 13
Avec acide phosphorique et potasse 43
En résumé, on voit que les engrais de potasse ont des chances de réussite sur les terres non argileuses : craies, sables et tourbes; en effet, les fumiers ne renfermant jamais que les matières minérales non utilisées par les animaux ou les grains, sont naturellement très peu chargés des principes que la terre ne fournit aux récoltes qu*avec parcimonie, par suite, ils n'apportent pas aux sols non argileux la forte dose de potasse qu'ils renferment dans les «exploitations où l'argile en fournit aux plantes de grandes prorportions : d'où la nécessité d'essayer, sur ces terres, les engrais de ^potasse.
§ 256. — Origine des engrais de potasse.
La potasse faisant partie intégrante de toutes les plantes, on con-
' çoit que les cendres puissent servir à l'extraction de cette base.
Naguère, elle n'avait pas d'autre origine ; on l'extrayait des cendres
^des bois dont l'exploitation économique est impossible; c*est ainsi
que dans les forêts du Nord de la Russie, on brûle le bois pour
préparer à l'aide des cendres du carbonate de potasse.
Dans les fermes les cendres des foyers sont habituellement réservées aux usages domestiques, aux lessives, elles passent •ensuite au fumier, ou au tas de terreau, et la potasse qu'elles ren- 'ferment encore retourne au sol dont elle provient, mais il n'en *est plus ainsi pour les alcalis contenus dans les végétaux exportés, ^ et les salins de betteraves notamment sont le plus souvent employés à aux usages industriels.
On sait que les jus sucrés préparés soit par pression, soit par
'diffusion sont purifiés, évaporés, passent aux chaudières à cuire,
d'où ils sont conduits aux bacs de cristallisation, et qu'il arrive
un moment où la cristallisation du sucre est entravée par les
sels qui se sont concentrés dans les eaux mères; les liquides
>^-noirs, visqueux, désignés sous le nom de mélasses sont vendus
. alors aux distilleries. Les mélasses étendues d'eau sont mises à
( fermenter, on distille pour recueillir l'alcool ; les résidus de cette
» distillation sont évaporés puis enfin calcinés, et laissent des salins
• d'où on sépare par cristallisation successive des sulfates, des chlo-
i rures, des carbonates de potassium et de sodium.
Le carbonate de potasse a de nombreux usages industriels; son r prix est plus élevé que celui du chlorure et du sulfate, aussi n'est-il ^ employé comme engrais qu'en petite quantité. Le chlorure et le sul-