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DOSAGE DE L^ACIDE PHOSPHORIQUE

Le produit est passé au tamis de 1 millimètre de mailles. On en pèse 1»',500 que Ton dépose dans un mortier en verre. On ajoute environ 20 centimètres cubes d'eau distillée et Ton délaye légèrement avec le pilon sans broyer. Après une minute de repos on décante sur un fîltre sans pli, appliqué sur un entonnoir reposant sur un ballon jaugé de 150 centimètres cubes. On renouvelle Faddition d'eau et les décantations trois ou quatre fois, en opérant très rapidement; puis on broyé très finement la matière; on la recueille sur le filtre au moyen de la pissette et Ton continue le lavage jusqu'à parfaire le volume du ballon jaugé. Le contenu du ballon est versé après agitation dans un verre à pied. Ici trois cas peuvent se présenter : 1° on se propose seulement de doser Tacide phosphorique soluble dans Teau l 2^ on veut connaître la totalité de Tacide phosphorique soluble dans Teau et de Tacide phosphorique soluble dans le citrate d'ammoniaque; 3** on demande séparément Tacide phosphorique soluble dans l'eau et Tacide phosphorique soluble dans le citrale d'ammoniaque.

Dans le premier cas, il suffit de soutirer, au moyen d'une pipette. 50 centimètres cubes de la liqueur d'épuisement, pour laisser dans le verre le liquide contenant l'acide phosphorique soluble dans l'eau, provenant de i gramme de superphosphate. On précipite à l'état de phosphate ammoniacomagnésien.

Dans le deuxième cas, on soutire également 50 centimètres cubes de la liqueur d'épuisement par l'eau distillée; d'un autre côté, on introduit le filtre contenant la matière lavée dans un ballon jaugé de 150 centimètres cubes avec 60 centimètres cubes de citrate d'ammoniaque; on laisse en digestion pendant une heure en délayant ta matière par l'agitation, et on laisse reposer pendant douze heures; on amène le volume à ioO centimètres cubes; on agite et l'on filtre ensuite . le liquide, rendu homogène, sur un ballon jaugé de 100 centimètres cubes. Les 100 centimètres cubes de la liqueur d'épuisement par le citrate d'ammoniaque sont ajoutés aux 100 centimètres cubes restant dans le verre à dosage et contenant l'acide phosphorique soluble à l'eau. On a ainsi réuni les deux formes solubles de l'acide phosphorique provenant de 1 gramme de superphosphate. On les précipite également à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien.

Dans le troisième cas, on enlève 50 centimètres cubes de la liqueur provenant de l'épuisement par l'eau pour doser l'acide phosphorique soluble à l'eau sur 1 gramme de superphosphate, et l'on opère le dosage du soluble au citrate avec 100 centimètres cubes du liquide obtenu dans le traitement par le citrate d'ammoniaque. On a ainsi encore opéré sur 1 gramme de la matière primitive.

On ajoute au liquide d'épuisement 20 centimètres cubes de citrate d'ammoniaque, dans le cas où il n'y en pas déjà, et 10 centimètres cubes d'une liqueur magnésienne contenant suffisamment de magnésie pour précipiter 5 décigrammes d'acide phosphorique, puis un volume d'ammoniaque égal au tiers du volume total. Dans ces conditions le phosphate ammoniaco-magnésien se précipite entièrement, parce que les liqueurs renferment un excès de magnésie et d'ammoniaque, et cependant ce précipité est pur, parce que \^ liqueurs sont suffisamment volumineuses pour maintenir en dissolution 1q$^ substances qui ont une tendance à être entraînées* En général, on laisse Chimie agricole. 55

'!« précipité déposer toute la nuit; le lendemain on le recueille sur un filtre; on le lave à Teau ammoniacale saturée de phosphate ammoniaco-magnésien ; on le sèche et on Tincinère au moufle. Les quelques particules de charbon wqui n'ont pas été brûlées pendant l'incinération sont détruites par quelques gouttes d'acide nitrique et une seconde calcinatton. Le poids de pyrophosphate de magnésie obtenu, multiplié par 63.963, donne le taux p. 100 d*acide phosphorique dans le produit analysé.

Cette méthode s'applique également aux engrais chimiques composés de ^superphosphate, d'eugrais azotés et des sels potassiques.

F réparation du citrate d'ammoniaque. — 400 grammes d'acide citrique -cristallisé sont dissous dans une capsule, & froid, par une quantité suffisante d'ammoniaque à 22 degrés. On complète le volume de 1 litre avec de Tainmoniaqne.

9° Scories de dépfio$phoration.

On emploie depuis quelque temps des scories qui proviennent des opérations effectuées dans Tindustrie métallurgique pour enlever le phosphore à la fonte par le procédé de Thomas et Gilchrist. Ces scories contiennent «des quantités très variables d'acide phosphorique, à, un état dont le degré -d'assimilabilité n'a pas encore été complètement déterminé; mais il semble qu'à l'état pulvérulent, elles doivent pouvoir céder leur acide phosphorique •aux racines des plantes (1). Malgré la température élevée à laquelle ces scories ont été soumises, les phosphates qui s^y trouvent sont relativement assez -solubles, même en partie dans le citrate d'ammoniaque. Les substances qui accompagnent l'acide phosphorique dans cette scorie sont la chaux, le fer •existant en grande partie à l'état de proioxyde, en petite quantité à l'état de peroxyde, avec des parcelles de fer métallique. Il y a, en outre, de la silice, un peu d'acide sulfurique, etc.

L'analyse de ce produit peut se faire exactement comme celle d'un phosphate de chaux naturel, à la condition toutefois de transformer tout le fer •en sesquioxyde. On commence par dissoudre 1 gramme de matière finement pulvérisée dans l'acide chlorhydrique bouillant; on évapore à sec pour séparer la silice ; on reprend de nouveau par l'acide chlorydrique et puis on ajoute à l'ébullition dé l'acide azotique, soit environ 5 centimètres cubes; on fait bouillir jusqu'à disparition des vapeurs rutilantes et l'on traite ensuite par l'ammoniaque, l'acide citrique et le chlorure de magnésium, comme dans un <losage ordinaire.

Lorsque les quantités d'acide phosphorique sont très faibles, on peut faire âfi dosage au moyen du molybdate d'ammoniaque; dans ce but, on opère sur 5 décisrammes de matière, qu'on dissout par l'acide chlorydrique après séparation de la silice ; on reprend par l'acide azotique ; on évapore à sec à deux ou trois reprises, toujours avec de l'acide azotique, jusqu'à ce que le •chlore soit totalement éliminé. Dans la liqueur azotique, on verse le nitromolybdate d'ammoniaque; on recueille le précipité avec les précautions ordi-

(I) Ce rapport a été écrit en février 1890, au moment où les scories étaient encore peu employées; nous avons indiqué plus haut (p. 736 et 766), combien elles sont Aujourd'hui prisées des cultivateurs.

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