ÉCLAIRÉES, A L^ACIDE CARBONIQUE DISPARU
Dans quels rapports se trouvent l'acide carbonique absorbé et l'oxygène émis, c'est ce qu'il nous faut maintenant examiner (1).
Les premières expériences exécutées sur ce sujet sont dues à Th. de Saussure, elles lui fournirent les chiffres suivants :
Oiygèae mtoquant Plantes Acide carbonique Oiygène pour représenter Azote
mises en expériences. disparu. apparu. celui de l'acide apparu.
carbonique disparu .
Pervenche 431«« 292« lao*^» ISO*"'
Menthe aquatique.. 309 224 85 80
Salicaire 140 12i 28 21
Aiguilles de pin 306 246 60 20
Cactus opuntia 184 126 58 57
Th. de Saussure avait très bien remarqué que l'oxygène man* quant, pour représenter celui qui existait dans l'acide carbonique décomposé, était remplacé par un volume à peu près égal d'azote, mais il semble avoir cru que cet azote provenait de la décomposition des matières azotées contenues dans les tissus de la plante elle-même .
11 n'en est rien; la quantité d'azote combiné, contenu dans les
(I) 11 est important de se rappeler, pour la compréhension facile de ce qui va suivre, qo'on volume d'acide carbonique renferme un volume d'oxygène. On le démontre aisément dans les cours de chimie par l'expérience suivante : on remplit de mercure QB petit ballon à col allongé, on le retourne sur la cuve à mercure et on y fait pénétrer de l'oxygène, on le fixe alors sur un support et on marque le niveau du mercure sur le col du ballon.
Oq a préalablement purifié du charbon de bois en le chauffant au rouge dans un roaraot de chlore pour le priver de l'hydrogène qu'il renferme habituellement; on fixe un morceau de ce charbon à un fil de platine flexible, on fait pénétrer le charbon àssïê le ballon, puis on l'allume à l'aide des rayons solaires réunis par une lentille ; ([nand le charbon s'éteint on voit que le mercure repoussé d'abord par l'élévation de température revient exactement à son niveau primitif. Si on introduit dans le ballon une dissolution de potasse, on voit le mercure s'élever et remplir le ballon, la petite qiiiQttté de gaz non absorbée est de l'oxygène pur.
feuilles mises en expériences par Th. de Saussure, était bien inférieure à celle qui est apparue dans ces expériences et les feuilles n'étaient pas altérées.
En outre, dans leurs expériences sur les plantes submergées insolées, Cloëz et Gratiolet ont reconnu que le gaz qu'elles dégageaient était beaucoup moins chargé d'azote dans les derniers jours de Texpérience que dans les premiers ; il est clair que si l'azote provenait d'une altération de la plante, d'une désorganisation des tissus, d'une destruction des matières azotées dégageant à l'état libre le gaz azote qu'ils renferment, ce gaz devrait être d'autant plus abondant que les plantes sont dans un état de décomposition plus avancée et par suite que Texpérience s'est prolongée plus longtemps, or on trouve précisément un résultat inverse.
Il était donc probable que l'azote dégagé dans ces expériences provenait du gaz interposé dans les méats des feuilles ; rien n*est plus simple, en effet, que de constater la présence dans les feuilles d'une notable quantité de gaz ; en plaçant les feuilles dans de l'eau préalablement bouillie contenue dans un flacon bien bouché et mis en relation avec une trompe, on voit toute la surface de la feuille se couvrir de bulles de gaz, en même temps qu'il s'en dégage par les déchirures, aussitôt que la trompe a commencé à faire le vide ; il importait donc, pour arriver à déterminer exactement les rapports de l'oxygène dégagé à l'acide carbonique décomposé, de tenir compte des gaz contenus dans les feuilles.
Expériences de H. Boussingault. — C'est ce que n*a pas manqué de faire Boussingault : dans le travail classique qu'il a consacré à ce sujet, il s'est particulièrement attaché à démontrer que la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles n'est accompagnée d'aucun dégagement d'azote (1).
La méthode employée comporte l'emploi de trois ballons, d'un lot de feuilles bien homogène, et enfin d'une provision d'eau légèrement chargée diacide carbonique. Tous les ballons sont complètement remplis de cette eau ; soumise à l'ébuUition dans le ballon n* 1, elle abandonne tous les gaz dissous qu'elle renferme, leur mesure et leur analyse donne le volume et la composition de l'atmosphère de l'eau. Dans l'eau du ballon n'^ 2, on introduit un poids déterminé de feuilles, on soumet le tout à l'ébuUition, on a le volume et la composition de Tatmosphère réunie des feuilles et de
{{) Agronomie, t. 111, p. 26C. — Ann, dechim, et depfiys, 3« série, t. LXVI, p. 205, 1865.