‹ Traité de chimie agricoleChapitre 41 sur 399 · RAPPORT DE L^OXYGÈXE DÉGAGÉ A L'ACIDE GARBOMQIE DISPARU · texte numérisé non relu

RAPPORT DE L^OXYGÈXE DÉGAGÉ A L'ACIDE GARBOMQIE DISPARU

Teau, d'où l'on déduit le volume et la nature des gaz contenus dans les feuilles ; enfin le ballon n^ 3 reçoit de l'eau et des feuilles semblables à celles du n"" 2, il est soumis à Tinfluence des radiations solaires et c'est seulement après cette insolation que les gaz sont chassés par Tébullition. La différence de composition des gaz extraits des ballons 2 et 3 donne l'indication précise des modifications que rinsolation a fait subir à l'atmosphère des feuilles et de l'eau.

Les nombreuses expériences exécutées ont fait voir que la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles n'est accompagnée d'aucun changement dans le volume de l'azote, elles démontrèrent en outre que le volume d'oxygène dégagé est sensiblement égal au volume d'acide carbonique disparu. « Si l'on considère Tensemble des résultats, comme ayant été fournis par une observation unique, on trouve qu'il a disparu i339''%38 de gaz acide carbonique et qu'il est apparu 1322''%61 de gaz oxygène, que par conséquent 100 volumes d'acide carbonique ont fourni 98^''', 75 de gaz oxygène.

On avait cru voir dans les gaz émis par les feuilles une petite quantité d'oxyde de carbone et même de formène, mais des recherches ultérieures montrèrent que l'oxygène est le seul gaz émis pendant cette décomposition de l'acide carbonique.

Expériences exécutées au Muséum. — Le mode de recherche précédent peut être aujourd'hui très simplifié. Les instruments que nous possédons maintenant permettent d'aborder l'étude de lassimilation de l'acide carbonique plus aisément que ne Ta fait Boussingault, et sans s'astreindre à opérer dans l'eau comme il l'avait fait : s'il est légitime, en efTet, d'aborder l'étude de l'assimilation du carbone, en maintenant submergée une plante aquatique, opérer de la même façon sur une plante aérienne ne l'est plus.

Dans les expériences récentes (1888) entreprises au Muséum, des feuilles sont introduites dans un petit tube de 35 à 45 centimètres cubes, muni à l'une de ses extrémités d'un robinet de verre et ouvert à Tautre (fig. 3). Quand les feuilles sont en place, on ferme le tube avec une petite plaque de verre rodée et de la cire Golaz ; le tube <îst placé dans un manchon rempli d'eau à la température du laboratoire. Quand on s'est assuré que le tube a pris cette température qui est notée, on lie le robinet de verre à une trompe à mercure, on vide tous les espaces nuisibles, puis on ouvre le robinet de verre, on fait couler le mercure et on recueille le gaz entraîné,

en le mesurant on connaît le volume de gaz que renferment le tube et les feuilles ; on y fait pénétrer un mélange gazeux contenant de 5 à 10 centièmes d*acide carbonique fourni par un flacon de 1 ou 2 litres dans lequel le gaz est déplacé par du mercure ou de Tacide sulfurique ; on s'assure à Taide d'un petit manomètre soudé au tube abducteur que le gaz est bien à la pression atmosphérique, et après avoir attendu quelques instants que le gaz ait pris la température du manchon, on ferme le robinet et on expose le tube à la lumière.

On prélève, en mettant en jeu la trompe, un peu de gaz dans le gazomètre et on le soumet à l'analyse dans l'eudiomèlre Schlœsing (fig. 6).

Après une ou deux heures d'exposition à la lumière, le tube est rapporté au laboratoire, on fait le vide dans les espaces nuisibles, puis on ouvre le robinet, on aspire complètement les gaz par la trompe et on les analyse.

En opérant ainsi, on trouve, comme M. Boussingault, qu'il n'y a aucun changement dans le volume de l'azote, et que le volume de l'oxygène dégagé est exactement celui de l'acide carbonique disparu.

On n'a jamais pu trouver traces de gaz oxyde de carbone dans les gaz obtenus de la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles, il est probable que les gaz combustibles signalés par Boussingault dans ses expériences provenaient : l'oxyde de carbone de l'action de la potasse sur l'acide pyrogallique employé pour absorber l'oxygène, le formène dont il a aussi signalé la présence, d'une décomposition de la cellulose sous l'influenc^ d'un ferment figuré agissant dans l'eau.

Il reste donc établi que l'acide carbonique est décomposé par les cellules à chlorophylle éclairées en fournissant un volume d'oxygène égal à celui qu'il renferme.

Discussion sur l'origine de l'oxygène dégagé. — Le fait ainsi établi doit être sainement interprété :

L'oxyde de carbone n'est pas décomposé par les feuilles, Th. de Saussure, Boussingault et nous-mème dans les expériences que nous venons de rapporter, n'avons jamais pu constater la moindre trace d'oxygène après insolation de feuilles maintenues dans l'oxyde de carbone dilué d'hydrogène; aussi admet-on généralement que la décomposition de l'acide carbonique par les feuilles n'est pas complète, et qu'on a seulement de l'oxyde de carbone et de l'oxygène, mais comme dans ce cas le volume d'oxygène mis en liberté

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