INFLUENCE DE DIVERSES RADIATIONS
absorbés. A partir de ce point rassimilalion baisse très lentement; CD effet les rayons bleus et violets sont fortement absorbés.
Pour les cellules bleues (Oscillaria), le maximum tombe dans le jaune; enfin pour les cellules rouges des floridées, nous trouvons le maximum de Tassimilation dans le vert, couleur la plus fortementabsorbée par la phycoérythrine ; le minimum est dans le rouge entre C et D ; un second maximum dans le bleu à la raie F correspond à une absorption un peu plus forte de ces rayons.
Lauteur résume ses élégantes recherches par les deux conclusions suivantes :
1*" Les rayons lumineux agissent d'autant plus fortement sur Tassimilation qu'ils sont plus fortement absorbés.
2"* Ce sont toujours les rayons complémentaires de la couleur des plantes qui agissent avec le plus d'efficacité.
Le mode d'opérer de M. Engelmunn n'a pas été accepté par tous les physiologistes, M. Pringsheim (1) notamment a vivement attaqué ses conclusions ; d'autre part M. Reinke (2) n'a pas trouvé pour les plantes vertes le second maximum constaté par Éngelmann dans la partie bleue du spectre.
Résumé des travaux* relatifs à l'inflttence de diverses radiations sur l'assimilation du carbone. — Les radiations à la fois chaudes et lumineuses qui tombent sur les feuilles y excitent la respiration^ c'est-à-dire l'absorption de l'oxygène et l'émission d'acide carbonique, et Y assimilation^ c'est-à-dire l'absorption de Tacide carbonique et l'émission d'oxygène; l'expérience de M. Garreau prouve que ces deux phénomènes se produisent simultanément (page 89).
Quand on dispose l'expérience de façon à favoriser l'arrivée sur la feuille des radiations calorifiques en laissant constantes les radiations lumineuses, on peut voir des feuilles éclairées dégager (le lacide carbonique (Expériences MM. Oehérain et Maquenne.
Dans la lumière solaire, les radiations lumineuses dominent, les plantes qui y sont exposées, en plein air, croissent en gagnant du carbone ; l'assimilation l'emporte sur la respiration.
Toutes les radiations lumineuses ne sont pas également efficaces pour déterminer la décomposition de l'acide carbonique.
Celles qui agissent surtout sont les radiations orangées, qui possèdent à la fois les deux propriétés d'être : très bien absor-
(1) Ann. agron.y t. XII, p. 343.
p) Ann, agron.f t. X, p. 137.
iOO ASSIMILATION DU CARBONE.
bées par la chlorophylle, et animées d'une force vive suffisai^te pour fournir au grand travail endothermique de la décomposition de Tacide carbonique hydraté.
Les radiations de la partie droite, bien absorbées par la chlorophylle, ne renferment pas assez de force vive pour décomposer Tacide carbonique, mais elles exercent d'autres actions.
26. — De l action qu'exercent sur les végétaux les radiations de
la partie droite du spectre.
Ces radiations funestes, quand elles dominent, ainsi qu'il a été dit (page 68), ne paraissent pas être cependant sans utilité : il résulte, en effet, d'un travail publié récemment par M. Sachs (1) que si on éclaire une plante telle que la capucine avec une lumière privée des rayons ultra-violets, par son passage au travers d'une dissolution de sulfate de quinine, on empêche l'apparition des fleurs. En 1886, vingt plantes végétant derrière un écran ne renfermant que de l'eau ont produit cinquante-six fleurs, vingt plantes éclairées par la lumière qui avait passé au travers de l'écran à sulfate de quinine n'en ont donné qu'une seule. L'auteur résume ses observations en disant :
« Il semble qu'il y ait dans le spectre trois régions physiologiquement distinctes : les rayons jaunes et les parties voisines agissant sur l'assimilation, les rayons bleus et violets régissant les mouvements (héliotropisme) tandis que les rayons ultra-violets présideraient à la formation des fleurs.
§ 27. — Assimilation du carbone a l'état de matière organique.
Un certain nombre de plantes, notamment les graminées, blé, avoine, peuvent accomplir toutes les phases de leur développement, quand elles sont enracinées dans un sable stérile, absolument dépouillé de matières organiques, mais pourvu de nitrates, de phosphates, de silicates, de sels renfermant de la chaux, de la magnésie, de la potasse, des traces de fer; dans ce cas tout le carbone contenu dans les tissus provient de l'acide carbonique aérien, et comme le poids des plantes obtenu sur la surface des terres en expériences, rapporté à Theclare, conduit à des récoltes très abon-
(1} A?m. agj'on.f t. Xllf, p. 480.