INFLUENCE DE DIVERSES RADIATIONS
une goutte d*eau, recouverte de la lamelle mince habituellement employée pour les observations microscopiques, elles se dirigent en masse vers les bords; lorsque la goutte d'eau emprisonne des balles d'air, on voit les bactéries se réunir autour d'elles; dans un courant d'hydrogène pur, au contraire, tout mouvement s'arrèle. Lorsque ce mouvement est suspendu par absence d'oxygène et qu'on introduit, au milieu du liquide chargé de bactéries, des fragments de conferves ou quelques algues, on voit les bactéries s'accu-
Fig. 23. — Expérience de M. Engelmann.
muler autour de ces corps, aussitôt qu'un rayon lumineux a provoqué un dégagement d'oxygène, tandis que les bactéries éloignées et soustraites à son influence restent immobiles.
Si ensuite on obscurcit le champ du microscope en ne laissant que la lumière strictement nécessaire pour apercevoir les bactéries, on voit celles-ci s'arrêter aussitôt et souvent se disperser dans le liquide ambiant par simple mouvement brownien ; en ramenant la lumière, on provoque de nouveau instantanément le mouvement el les petits organismes s'accumulent de nouveau autour dos algues vertes, de telle sorte que la conviction s'impose que c'est l'oxygène dégagé par les algues qui provoque leur mouvement.
M. Engelmann utilise ces connaissances préliminaires de la façon suivante : il dispose au-dessous du porte-objet un petil prisme sur lequel il envoie un rayon lumineux; il obtient ainsi un spectre microscopique qui vient se projeter sur la lame de verre.
Imaginons maintenant qu'un filament d'algue verte soit étendu suf la lame de verre, et que le liquide légèrement chargé d'acide carbonique soit peuplé de bactéries, il est manifeste que si les diverses radiations du spectre sont inégalement efficaces pour pro-
Chimie agricole. 7
98 ASSIMILATION DU CARBOxNE.
voquer la décomposition de Tacide carbonique, le dégagement d^oxygëne ne sera pas uniforme sur toute la longueur du filament éclairé, mais qu'il sera plus abondant en certaines régions, moindre en d'autres et que les bactéries viendront s'accumuler aux points où ce dégagement sera plus actif.
« La fente qui amène la lumière étant d'abord fermée, on l'entr'ouvre légèrement, et on voit le mouvement des bactéries commencer dans le rouge, généralement entre les raies B et C dans le voisinage de la raie C. Si on augmente ensuite l'intensité de l'éclairage, on le voit s'étendre peu à peu des deux côtés de ce point central jusqu'au commencement de l'uUra-rouge et jusque dans le violet, mais il est le plus vif dans le rouge...
« Lorsque le liquide de la préparation est chargé d'une grande quantité de bactéries, on obtient ainsi une véritable représentation graphique de l'influence de la longueur d'onde sur la décomposition de l'acide carbonique, l'axe des abscisses est figuré par l'objet lui-même et les ordonnées par l'épaisseur de la couche de bactéries qui le recouvre, ainsi que le montre la figure 22 (1).
Elle indique, d'après l'auteur, un second maximum situé dans le bleu, qui aurait échappé aussi bien à M. TimiriazefT qu'à M. Reinke.
Dans un mémoire intitulé Couleur et assimilation (2), M. £ngelmann, en opérant non seulement avec des plantes vertes, mais avec d'autres dont le pigment est diversement coloré, est arrivé aux conclusions suivantes :
Pour les cellules vertes le maximum absolu de l'assimilation, situé dans le rouge entre B et C, correspond à la première et à la plus forte bande d'absorption de la chlorophylle, tandis que l'exlrôme rouge peu absorbé n'agit que faiblement. Le minimum dans le vert entre E et C coïncide avec le minimum du coefficient d'absorption ; le second maximum, très fort dans le bleu, à la raie F tombe sur le commencement de la grande absorption de l'extrémité droite du spectre (voy. fig. 20).
Pour les cellules brunes [Melosira^ Navicula, Pinnularia) le premier maximum très fort dans le rouge entre B et C correspond à la première bande d'absorption, le minimum dans l'orangé et le jaune à la plus grande transparence de ces cellules; le maximum absolu tombe dans le vert entre D et G, rayons également très fortement
(1) Ann. agron., t. Vllf, p. 464.
(2) Ann, agron.j t. IX, p. 78.