‹ Traité de chimie agricoleChapitre 68 sur 399 · SI · texte numérisé non relu

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CHARBO

triCM.

Pommes de terre.

Betteraves cham-

' pètres

Navets

trica.

Topinambours

Froment

trace.

Id.

Paille de froment..

Avoine

1 Paille d'avoine. . . .

Trèfle

triées.

Pois

' Haricots

Id.

Fèves

Id.

Nous avoQs énuméré dans le chapitre précédent les diverses matières qui constituent les cendres des végétaux; ces substances onl-clles,pourle développement de la plante, une importance égale, ou bien quelques-unes d'entre elles sont-elles nécessaires ; tellement

Chimie agricole. H

que les végétaux seraient incapables de croître normalement, si elles faisaient défaut? Tel est le point que nous devons d'abord élucider.

Il est inutile d'insister sur l'intérêt que présente cette discussion ; il est manifeste que si quelques matières minérales sont nécessaires à la production végétale, nous devrons les rechercher dans le sol que nous cultivons et nous h&ter de les introduire si elles font défaut.

§44. — Méthodes de recherche.

L'analyse des cendres donne déjà sur l'importance des matières

minérales quelques renseignements; dès 1804, Th. de Saussure

écrivait très judicieusement : « J'ai trouvé le phosphate de cbaus

dans les cendres de toutes les plantes que j'ai analysées et il n'y &

pas de raison de supposer

qu'elles peuvent exister sans

lui. »

On obtient toutefois des résultats beaucoup plus précis en procédant par voie synthétique.

En préparant un sol stérile, formé de sable et de gravier, puis en y ajoutant toutes le; matières minérales qui constituent les cendres des végétaux, sauf celle dont on veut connaître l'utilité, en donnant cntin des nitrates comme engrais azotés, on arrive avec plus de certitude au résultat

Fig. 3S. — Haricot» enracinés dans i'eau. cherché qu'en se bornant à

l'analyse.

C'est en employant cette méthode que Boussingault, M. Georges Ville et nombre d'autres expérimentateurs sont arrivés à fixer le rôle des diverses matières minérales ; ces expériences ont été répétées depuis à bien des reprises différentes, et ce procédé de recherche est devenu classique.

Au lieu de semer les graines dans un sable stérile, les physiologistes allemands enracinent les plantes en expériences dans des dissolutions nutritives; on opère dans de bonnes conditions en

HËTflODE DE RECHBRCBES. 163

plaçant les graines sur des baguettes de verre maintenues à côté les unes des autres par de petites bandes de caoutchouc, ou façonnées ea forme d'U, très allongé coiçme le montre la ligure 33, ou entîn en plaçant les graines sur des baguettes contournées en forme de V dont les branches reposent sur les bords des flacons comme le montre la figure 34.

C'est en employant cette méthode des dissolutions nutritives que M. Rautin a exécuté ses belles recherches sur VAspergiltus ntger.

Quand OQ suit le développement des plantes dans les dissolutions, on rencontre cependant cette difficulté, que les dissolutions maintenues dans des vases transparents sont bientdt envahies par les algues qui prélèvent une partie des matières nutritives introduites, et que lorsqu'au contraire les racines sont plongées dans un vase opaque, les liquides nourriciers sont envahis par les ferments anaérobies, prennent facilement une odeur putride, ce qui nécessite des renouveltements fréquents ; en outre les végétaux vivant habituellement dans le sol ne s'accommodent des dissolutions nutritives qu'en modifiant profondément la forme de leurs racines, les betteraves notamment ne forment guère que du chevelu et pas de souche charnue, ..ssi en général préfère-l-on em- "Jii*' -.îiTlwâS'S

ployer le sable calciné. plaotei enracinées dana l'eau.

Les pots de porcelaine vernissée ou de verre qui le renferment doivent être percés de plusieurs trous pour que l'aération soit facile, ils reposent dans un plat de porcelaine ou de verre dans lequel on maintient constamment de l'eau d'arrosage ; les pots sont élevés au-dessus du plat de quelques millimètres ; il arrive souvent que les racines passent par les orifices et pénètrent dans l'eau sous-jacente, cela ne présente pas d'inconvénients ; mais on aurait au contraire des résultats absolument fautifs si on se bornait à placer les pots de sable sur

le sol, les racines s'échappant par les orifices pénétreraient dans la terre et y puiseraient des aliments différents de ceux dont on recherche l'effet.

§ 45. — Influence des divers éléments minéraux.

Acide phosphorique. — La méthode que nous venons d'indiquer permet de démontrer, avec la plus grande netteté, que l'acide phosphorique est nécessaire au développement des végétaux ; dès 1856, Boussingault a cultivé un hélianthus dans du sable, en Tadditionnant seulement de salpêtre, la plante ne s'est développée que misérablement : quand on mit fin à l'expérience, elle pesait après dessiccation 1*%175; une plante analogue âgée de 86 jours développée dans le même sable, mais additionnée à la fois de phosphate et de salpêtre, pesait 21»%22.

M. Georges Ville a employé la même méthode de recherche ; à du sable calciné, il ajoute du nitrate de potasse et en outre un mélange complexe formé de :

Phosphate de chaux.

— de magnésie.

Sulfate de chaux.

•— de fer.

Chlorure de sodium.

Silicate de potasse.

— de soude.

En cultivant du froment, il obtient 18 à 22 gr. de plantes sèches, mais si, laissant tous les autres éléments semblables, il supprime le phosphate de chaux, la végétation languit et la plante périt après n'avoir atteint qu'un développement rudimentaire, son poids est seulement après dessiccation de 0^',48.

Ces résultats n'ont été obtenus que lorsque le froment a été semé dans des pots de biscuit de porcelaine absolument exempts d'acide phosphorique, les traces de phosphates que renferment les argiles, habituellement employées à la fabrication des pots de terre, suffisent pour élever de quelques grammes, les rendements des récoltes; il est bon de soumettre également les semences, qu'on veut employer dans ces expériences, à une étude attentive, celles qui renferment une proportion notable d'acide phosphorique devant être exclues.

Les résultats suivants que nous empruntons à M. Georges Ville, montrent que dans une terre très pauvre en phosphates, le

ACIDE PflOSPHORIQUE. l«o

froment absorbe jusqu'aux dernières traces de ces sels et les utilise (le telle sorte, que le poids de la récolte sèche augmente en raison de Tacide phosphorique assimilé.

M. Georges Ville cite, en effet, les analyses suivantes de trois variétés de blé qui, cultivées dans un sol privé de phosphates, lui avaient donné des résultats différents des précédents :

Poids Acide

de a grains Acide phosphorique

^oms des ▼ariétéa. employés phosphorique dans les

i la semence. p. 100. 22 grains.

Fenton d'Ecosse 1»%16 O^fio Ok',009

-- du Pin 0 ,80 0 ,62 0 ,005

Saumur de mars 0 ,82 0 ,43 0 ,004

Rendement moyen de ces trou blés dans un sol exempt de phosphate de chaux

mais dans des pots de terre ot^dinaire»

1858. Fenton d'Ecosse 12ff',57

1839. — du Pin 7 ,00

1860- Saumur de mars 6 ,03

La très faible quantité diacide phosphorique contenue dans la terre des pots a soutenu la récolte, mais en outre, le très petit excès de phosphate du Fenton d'Ecosse a suffi pour élever notamment son rendement au-dessus de celui des autres variétés.

M. Georges Ville cite encore une expérience exécutée sur des poisqai,mème sans engrais phosphatés, ont donné lapremière année une récolte passable : les phosphates contenus dans la graine normale ayant suffi à soutenir la végétation ; les graines obtenues des pois élevés dans cette première expérience se sont naturellement trouvées très pauvres en acide phosphorique, semées dans un sol exempt de phosphates elles n'ont pu fournir de récolte.

Ces expériences suffisent pour établir que, suivant l'expression de Th. de Saussure, les plantes ne peuvent vivre sans phosphates ; et, si on ajouté aux faits précédents constatés au laboratoire, les innombrables observations des cultivateurs, élevant leurs rendements quand ils ajoutent des phosphates aux sols qui en sont dépourvus, on sera convaincu que l'acide phosphorique est nécessaire à la vie végétale, comme le sont l'azote ou le carbone.

Potasse. — 11 en est de môme de la potasse; pour le démontrer, il faut toutefois avoir recours à l'expérience dans les sols artificiels, caries terres arables sont en général trop bien pourvues de cet élément, pour que l'addition des engrais potassiques y exerce habituellement une influence marquée.

M.Georges Ville Ta nettement observé : « Si on exclut la potasse de la culture du froment, la végétation reste chétive et languissante. La forme des plantes révèle même un caractère inusité. La tige ne se dresse plus verticalement, elle se contourne sur ellemême et s'incline à la manière des plantes rampantes. » Il est remarquable que, malgré leurs analogies chimiques, la soude ne puisse remplacer la potasse.

Culture de 1860. — Engrais complet.

Avec soude Arec soude

mais sans potasse. et potasse.

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