‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 140 sur 218 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Aluminium ; oxide; chlorure, brômure, iodure , sulfure, séléniure , phosphure et arséniure d alu minium; sels d'alumine formés par les acides mi néraux A

Aluminium.

1220. Ce métal a été obtenu pour la première fois en 1827 par M. Wohler. Il est vrai qu'avant lui, M. Æ. Davy avait réduit de l’alumine, tant pars d'action de la pile sur un mélange fusible d’alumine et de potasse, que par l’action du potassium en vapeur sur de l’alumine chauflée au rouge ; mais il n'avait pas obtenu l’aluminium isolé.

C'est en réduisant le chlorure d'aluminium par le potassium qu’on se le procure. À cet effet, on met au fond d’un creuset de porcelaine quelques morceaux, de la grosseur d’un pois, de potassium pur, bien débarrassé de tout naphte adhérent, et par dessus un volume à peu prèségal de chlorure d'aluminium. On met un couvercle sur le creuset , et on chaufle à la lampe, d’abord tout doucement pour éviter sa rupture par le développement intérieur de la chaleur produite par la réaction, et ensuite plus fortement, jusqu’à ce que cette dernière se soit dissipée. La masse restante est bien fondue et d’un gris noir. Après avoir laissé refroidir le creuset, on le plonge dans une grande quantité d’eau, on laisse déposer la poussière d'aluminium , on décante, onfiltre, on lave le métal avec de : eau froide ei on le dessèche.

blant beaucoup à celle du platine. On y remarque des paillettes brillantes d'un blanc d’étain. Sous le brunissoir , il prend l'éclat métallique de l’étain et tache le mortier. Il ne se fond point à la température à laquelle la fonte se li= quéfie; il ne conduit pas l'électricité, | Chauflé dans l'air jusqu’au rouge, il brûle avec un grand éclat et se change en alumine; il brüle dans l’oxigène pur, avec un éclat que l’œil ne peut supporter, mais seulernent après qu'il a été chauffé au rouge. La chaleur qui se développe est si grande, que l’alumine est en partie fondue et qu'elle est aussi dure que le corindon. L’aluminium ne décompose pas l’eau à la température ordinaire ; maïs, à la chaleur de l’ébullition, il la décompose lentement. “ : À la température ordinaire, il n’est attaqué ni par l’acide nitrique, ni par l'acide hydrochlorique, ni par l'acide sulfurique, même concentrés ; mais à chaud il se dissout ‘aisément dans ces acides. Il se dissout au contraire trèsfacilement dans la potasse liquide, même très affaiblie, avec dégagement d'hydrogène. Il se dissout également en : grande partie dans l'ammoniaque

. Alumine, oxide d'aldiminium

1231. Cet oxide est celui qui a le plus d'importance,

parmi ceux de notre seconde section, par l'emploi que

l'on fait dans les arts de ses combinaisons salines.

; L’alumine tire son nom du mot latin alumen, qui si-

gnifie alun, parce que c'est de l’alun qu’on a extrait cet

oxide pour la première fois à l'état de pureté. | L’alumine est blanche, douce au toucher ; sa saveur

est, nulle; clle happe à la langue; elle est sans odeur

lorsqu'elle est pure; mais si elle contient de l’oxide de fer, elle-exhale , lorsqu'on souffle dessus, une odeur particulière, qu'on désigne par le nom d’odeur terreüse. Sa

pesanteur spécifique est de 4,00; elle: est insoluble dans |

sde CR Re

ALUMINIUM. for l’eau et formé une pâte avec elle, Par la chaleur elle se contracte considérablement, mais elle ne fond pas au feu le plus violent de nos fourneaux.

Outrouve l’aluminedans la nature à l’étatde pureté ; elle constitue alors le corindon des minéralogistes, substance la plusdurc que l'on connaisse après le diamant. Elle cristal- Jise en prismes hexaëdres, en dodécaèdres triang sulaires ou pyramidaux, quelquefois en rhomboëèdres. su ant sa COUleur, elle prend des noms différens ; ainsi on nomme rubis celle qui est colorée en rouge de feu; topaze orientale, celle qui l’est en beau jaune citron; saphir. oriental, celle qui l'est en bieu; améthyste orientale, celle dont la couleur est violette où pourpre. C’est une des pierres des plus recherchées dans la bijouterie. On la trouve disséminée dans Îa dolomie, au mont Saint-Gothard; dans le basalte au Puy en Velay. Maïs les plus estimées sont celles qui nous viennent des roches granitiques du Thibet; c'est pour les distinguer, qu’on ajoute à leur nom l'épithète d’orientale.

L'émeril ordinaire est presque toujours formé d’alumine à l’état de corindon, mêlée d’oxide de fer. C’est donc une variété granulaire et ferrugineuse du corindon. L’émeril

est bien plus commun que le corindon en cristaux distincts. On en connaît à

| Naxos, dans archipel grec ; à Schwartzenberg ,

en Saxe; à Randa, dans le royaume de Grenade ; à Jersey et Guernesey; dans le ruisseau d'Expailly , près du Puy en Velay.

L’émer il ne le cède en dureté qu’au diamant; aussi peutil servir pour polir an grand nombre de GOXES: La seule préparation dont il ait besoin, consiste à le réduire en poudre. Mais on conçoit que la finesse de cette poudre doit avoir sur ses usages une influence très-grande. Tantôt elle sert à dégrossir , tantôt à doucir , tantôt à donner le dernier poli aux surfaces. On obtient l’émeril propre à c.es diférentes. opérations en pulyérisant l'éméril ordis

Ao2 … dv. iv. CH, XI, ALUMINIUM.

naire en le délayant dans l’eau. On décante ce liquide de deux en deux minutes dans des vases distincts, au nombre de douze ou quinze. Le premier contient l'émeril le plus grossier, le dernier renferme » au contraire, à émeril le lus fin.

L alumine mèlée avec se silice, un peu c a oxide de fer et de carbonate calcaire, constitue les terrains argileux qui sont, dans notre climat, ceux qui conviennent le mieux au A CD et à Fa croissance des végétaux. Un mé- Jange de silice*et d’alumine avec des traces d’oxide de fer Fait la base de toutes les argiles, substances qui doivent à l'alumine la propriété qu’elles ont de faire pâteavec l'eau + l'alumine fait quelquefois les 0,40 de leur poids.

Enfin, on rencontre l’alumine très- fréquemment en intro n avec différentes substances; parmi ces combinaisons, la plus: importante est celle qu’elle forme avec l'acide sulforique et le sulfate de potasse ou le sulfate d ammoniaque ; elle constitue alors l’alun.

On obtient l’alumine en versant dans une dissolution d’alun, del’'ammoniaqueliquideenléserexcès quis’empare de l'acide sulfurique et précipite l'alumine sous forme gélatineuse. On recueille le Pis écipité sur un filtre, et on lave à grande eau avec soin, afin d'enlever non-seulement les sulfates d’ ammoniaque et de potasse, mais aussi le suraluminate de potasse qui se dépose avec l’alumine. On peut remplacer l'ammoniaque par le carbonate de soudé, L'alumine est encore précipitée et l'acide carbonique se dégage.

Un autre procédé se par M4 Gay-Lussac pour la prépe aration de Da consiste à dessécher l’alun à

base d’ammoniaque, puis à le calciner fortement dans un

creuset pendant une heure. Tout l’acide sulfurique ét l'ammoniaque se dégagent; il reste, dans le creuset, l’alumine en poudre blanche. Mais pr cet état elle n'est pas attaquable par les acides,

L ALUMINIUM, Lo3 L'oxide d'aluminium est formé de D at. aluminium = 343,33 ou bien 53,29

3 at. oxigène = 300,00 ‘46,71 rat. alumine = 643,33 100,00

L'alumine pure est employée dans Îles laboratoires de chimie pour faire les différens sels à base d’alumine. Mélée avec la silice ou à l’état d'argile, on en fait toutes les poteries; on s’en sert pour fouler les FrARe pour faire de l’alun artificiel , etc. |

Hydr aies d’alumine.

1232. Cet hydrate se rencontre dans la nature. Îl ést connu des minéralogistes sous le nom de gibbsite; on l’a rencontré à Richemont dans le Massachusset. C'est une substance de couleur verdâtre ou blanchâtre, à structure fibreuse, radiée, qui se présente ordinairement-en petites stalactites disposées en faisceau. Sa densité est de 2,4 ;elle est formée de |

-x at. alumine = 643,33 oubien 65 G at. eau = 337,44 49

1 at. gibbsite = 980,77 » 100 * 1233. L’alumine qu’on extrait des sels d’alumine, aù moyen des alcalis, est toujours à l’état d’hydrate. Mais les caractères physiques de cet hydrate peuvent varier selon les circonstances de la DÉSERT Quant à sa composition, elle toujours la même, et cet hydrate , différent du précédent, est toujours formé de

1 at. alumine = 643,33 ou bien 41,69 16 at. eau — 0099.04 58,31

1543,17 . 100,00 C'est là l’état constant auquel l’alumine hydratée s'ar=

rête toujours, quand on la fait sécher à l'air, à la tempé- LAHARASAUAN 25" ge

404 LIV. 1V, CH. IX. ALUMINIUM. ; ‘Th. de Saussure, à qui l’on doit l'analyse de l’hydrate d'alumine,.a fait sur ce composé des observalions très-intéressantes, dont nous tirerons plus tard un parti fort utile, et-que nous devons en conséquence exposer ici avec soin. RE nl | : Quand on précipite, au moyen de l’ammoniaque, une solution saturée d’alun, l’alumine bien lavée et séchée à l'air se présente sous forme d'une terre blanche, Zlégère, friable , très-spongieuse, happant à la langue; c’est l'alumine sponsieuse de Saussure. Séchée à l'air, elle retient 58 p. o/o d’eau, qu'elle perd complètement à la chaleur rouge, à une température inférieure à celle de la fusion de l'argent. ER | © "Si la précipitation s’exécute sur une dissolution d'alun très-étendue d’eau , l'alumine lavée et séchée par son exposition à l’air, se présente en masse transparente, jaune ét fragile. Lorsqu'elle est en fragmens un peu volumineux, Ja chaleur de la main la fait sauter en éclats, comme cela a licu pour le soufre en canons. Sa cassure est lisse et conchoïde; elle n’a pas l'aspect terreux ; elle ne happe point à la langue; elle ne se gonfle ni ne se délaye dans l'eau. Son volume, sous le mème poids, est dix ou douze fois moindre que celui de l’alumine spongieuse. Elle ressemble à la gomme arabique ou à une gelée desséchée; c’est l’alumine gélatineuse de Saussure. Séchée à l'air, elle retient comme l’autre 58 p. o/o d'eau, mais une chalenr rouge n’en chasse que 43 p.0/0, et une température excessivement élevée, de 130° du pyromètre de Wedgewood, n’en peut chasser que 48, 25 p. 0/0; le restant de l’eau ne peut pas être dégagé par la chaleur. On a donc alors pour résidu un hydrate d’alumine formé de

| pat. alumine — 643,33 ou bien ‘70,22 RO Re OO TS 20,70

at. sous-hydr. = 812,05 100,00

Dans l'analyse minérale, il est important d'éviter la formation de cet hydrate, puisqu'on évaluerait de 20 p. o/o trop haut la dose de l’alumine. On y parvient en précipitant celle-ci d’une dissolution suffisamment concentrée, ou bien en calcinant l’alumine au rouge après y. avoir ajouté quelques gouttes d’acide sulfurique concentré. L’hydrate est détruit par la formation du sulfate, qui està son tour décomposé par la chaleur.

Saussure s’est assuré, du reste, que l’alumine gélatineuse voté une perte détérminée-et constante pour chaque ‘température. Il a dressé à ce sujet la table suivante, en opérant sur de l’alumine desséchée à 25 ou 30° c.

‘Température. | 37701 Perte pour 100.

Th. centigr: 62,5. tu: Tete 129: ie + +. 51 19,0 ln perte 220 2017 to tubes ts 425 7 12. Pyr: de Wedpewood.r 18, fn « 64 42,3 29 ue, ces 4950 | Le PR nt Es PUS UC onde cr do RSR Age TM À 48,25 EE ONE A ee (5 RS He

[l'est possible qu’on trouve un jour dans ces curieux rés sultats quelques éclaircissemens pour la théorie encore si obscure des diverses variétés d’argile. Du reste, quelque-singuliers qu'ils soient, les faits qu'on vient de rappeler n'ont rien d'extraordinaire, aujourd’hui que l'on s'est bién convaincu de la grande influence que les moindres modifications moléculaires du mème corps peuvent .Cxercer sur ses réactions chimiques. . est

‘Chlori ure d'aluminium. |

eve L’aluminium chauffé au rouge dans le chlore, s'enflamme, et il se produit du chlorure d'aluminium.

Lo6 LIV. IV. CH, XT: ALUMINIUM.

Mais ce procédé de préparation n’est pas praticable, puisqué c’est du chlorure même qu’on extrait l'aluminium:

Voici le procédé employé par M. Wobler. IL fait un mélange d’alumine, bien lavée et desséchée, avec de la poussière de ‘charbon; du sucré et de l Mile, et il le chauffe dans un creuset couvert ; jusqu'à ce que les

‘matières organiques soient complétement décompôsées. Le résidu noir, encore chaud; est mis dans un tube de porcelaine placé sur un fourneau convenable; par l’une des extrémités du tube , arrive un courant de chlore secs ét à l’autre, est pt un ballon de verre tubulé à surmonté d’un'tube. Aussitôt que l'appareil est rempli de chlore, on‘porie le tube au rouge, et le chlorure commence à paraître. Après une heure ou une lieure et demie, on met fin à l'opération; il arrive assez souvent que le tube de porcelaine est obstrué par le chlorure.

Le chlorure d'aluminium, ainsi obtenu, est tantôt sous forme d’agrégations cHéalinEs dentelées, tantôt en masses solides, dures, à texture cristalline, à grandes lames, et, pour ainsi ee talqueuses, demi-transparentes, et d un jaune verdâtre A Il fume à l'air, exhale l'odeur d’acide hydrochlorique, et se liquéfie. Il se dissout dans l’eauavec bruit et chaleur; il se volatilise à une température peu su- ‘périeure à celle de l’eau bouillante; son dégré de fusibilité se confond avec son degré de volatilisation ; il se conserve Sans altération dans le naphte.

A l’état de vapeur, il se combine avec le gaz hydrogène sulfuré; lé composé est en partie én petits cristaux lamelleux, blancs , tranisparehs , nacrés, en partie en masse fon-

due, duré ét tassante; il tombe en déliquescence à l’air ; l’eau le décompose avec dégagement de gaz hydrogène sul-

furé ; il est aussi décomposéen grande partie par la chaleur. Le chlorure d'aluminium est composé de

ALUMINIUM. | 407 171,66 oubien 20,56

ï at. nt

once nt dns nt

3 at. chlore , = 663,96 k no 1 at. chlorure — 835,62 tal 100,00

On peut obtenir le chlortre d'aluminium dissous dans l'eau, en traitant l'alumine en gelée, par l’açcide hydrochlori ue. La dissolution est incolore ; elle se prend en masse quand elle est évaporée, mais te retient toujours de fléau. Si on essaye de la dessécher, il se dégage, dès qu'on la chauffe un peu fortement, des vapeurs d’ acide hydroclilorique et il reste de l’ alumine.

bel Brémure d'aluminium.

1235. M. D’Arcet fils la obtenu, en traitant par le LS un mélange d’alumineet de charbon; il ressemble au chlorure par ses principales propriétés. Il est comme lui, cristallin, volatil, fumant à l'air, : soluble dans l’eau ävec EAN a de kr bre etc, On pourrait l'obtenir, sans doute en dissolution, en traitant le sulfate d’ alumine par le brômuré de barium. H doit être: formé de”

TAC Mn — 171,66 ou bien 10,93

3 at: brôme 139920 2907

rat..brômure = 156,86 : 100,00 ou pi . Jodure d'aluminium.

1386: L'iodéne se combine pas k Pi, soit en eo ensémble uñ mélange d’ aluminium et d'iode, soit (en faisant passer de T'iode en mL sur de 'alumMinium chauffé au rouge.

…'Afnsi of né peut pas se procurer Piéute sec d' aluminium, Mais on peut l'avoir en dissolution, en traitant l'alutaine en gelée par l’acide hydriodique. Il ressemble au chlorure et se compose de | ë

1 at, aluminium — 171,66 ou bien 6,81 3 at. iode = 2350,05 93,19

1at.iodure - = 2b21,71 100,00

Sulfure d'aluminium.

Pa

-1237. Le soufre chauffé avec l'aluminium ne l'attaque é . 4 ï à \ 7107 se pas ; mais si on le fait arriver à l’état de vapeur sur de l'aluminium chauflé au rouge, il ÿ a combinaison avec in-

candescence.

Le sulfure d'aluminium est pulvérulent, d'un gris foncé ; il prend l'éclat métallique par le frottement ; l’eau et l'air

humide le décomposent avec dégagement de gazhydrogène sulfuré.

“Le sulfure d’ aluiithtain ne peut donc pas exister à l état tiqide Aussi, quand on verse un sulfure alcalin dissous, dans une dissolution d’un sel d'alumine, y.a-t-il précipi-

tation d'alumine et dégagement de gaz hydrogène sulfuré. A l’état sec, il est finé de

2 at. aluminium = 343,32 oubien 36,26

3 at. soufre = 6o3,48 CGT

‘ | & * L è rat. sulfure — 946,80 100,00!

Séléniure, phosphure et arséniure.

1238. L'aluminium, placé dans les mêmes circonstances que pour sa combinaison avec le soufre, s’unit au sélénium, au phosphore et à l'arsenic; il:se HN LISE méêéme:’avec le sélénium et l'arsenic, en le chauffant directement avec ces deux corps. Les composés qui en résultent ont des propriétés semblables à celles du sulfure d'aluminium; ils se comportent d’une manière analogue avec l’eau; il y a dégagement de gaz hydrogène sélénié, phosphoré ou arséniqué.

Sels d'alumine.

1230. Ils ont une saveur aigreleite, astringente etun peu douceàtre. La potasse et la soude les précipitent ; mais le précipité se redissout dans un excès d’alcali. Le sulfate de potasse, et celui d’ammoniaque en dissolution saturée, versés dans une dissolution un peu concentrée d’un sel d’alumine, donnent un précipité d’alun sous forme de cristaux octaëdriques ou pulvérulens. +4

Les sels d'alumine secs et, purs, mêlés avec un peu. de nitrate de: cobalt, et fortement calcinés au chalumeau, prennent une belle couleur bleu d'azur.

Sulfate d'alümine.

EE 1940. Lesulfated’ alumine. estblanc, et possède une sayeur astringente; il rougit la teinture de tournesol; il est déliquéscent, soluble dans un poids d’ eau moindre que le sien. IL: cristallise. tantôt en feuilles minces, molles et pliantes ; d’un brillant nacré, tantôt en houppes soyeuses. Chauñé, il perd son eau de AT de et tombe en poussière. Une forte chaleur le décompose entièrement, l'acide se volatilise ouse décompose en acide sulfureux ct oxigène,

On se le procure én'traitant de l’alumine en Lea ede par de l'acide Huiques étendu de deux fois som poids d’eau ; la combinaison s "opère à l'aide de la chaleur: ; Of porté îa HAnenr à l'ébullition,, on la filtre, ét,on.là fait, évaporer Jusqu'en consistance sirupeuse. On la renferme dans un flacon pour qu’elle puisse cristalliser, Il'doit être formé de

sosck at: alumine, : !,2::643,52 ou bien 29,93): he k a 3 at.. acide ei EE 1503 AS ur à nonon f de: 4 at, sulfate; ie 2146,80: « AE he} s ka. 100 24 at En € à 154070 5 39,00

3 0 yat. sulfatecristal, — 3406,56 : |

Telle est au moins la composition du sulfate d’alurnine

4vo LIV. IV. CI XI, ALUMINIUM.

natif, qui se rencontre en masses mamelonnées ou fibreuses formées de petits cristaux soyeux.

Sulfate d’ alumine tri-basique.

1941. La näture présenté une autre espèce de sulfate d’aluñnine que les minérälogistes connaissent sous le nom de websterite. C’est un sous-sulfate, et il semble mème qu’il en existe plusieurs, àdivers états de saturation: La websterite est blanche, ordinairement en roghons où ën. grains formés de cristaux éft'èmement petits. Elle ‘a été d’abérd observée à Hall, en Saxe, ‘et désignée fort improprement sous le nom d'alumine native. Cette erreur à même duré long-temps, etelle est d'autant plus singulière qu'à une chaleur faible, la websterite dégage beaucoup d'acide sulfureux, cé qui aurait dû y faire chercher l'aci de sulfurique. On a rétrouyé la websterité à à Newhaven près Brigliton y à ‘Bernon près Épérnay, et mème à Auteuil pres Paris : ane se trouve toujours dans l'argilé plastique au- dessus de térrains dé craie. SV

Cr TUE

La wébslerite est formée de

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12/2. C’est encôre uw composé pulvéruleit ‘fort analogue au précédent pour tous les caractères, mais très-digne d’attention parles circonstantes de sa formatiots. El seproduit en effet , Quand on décompose | l’alun à base dé potasse au moyen < l’acétate de plomb. La liqueur qui surnage le sulfate de plomb déposé, renferme de l’acétate d’alumine et du sulfate de pôtaëse ; quand on la chauffe, elle se

N ALUMINTUM: 0 1. fax troublé:vers '100° e.: et elle laisse déposer du sous-sulfate d’alumine: Par le refroidissement, célui:cise rédissout et : la liqueur redevient claire. On obtient le mème: résultat en mêlant de d’alun ou du sulfate de 'potasse; à l’acétate . d’alumine pur. Il est évident que ce fait.est-du ‘plus grand intérêt pour la théorie des RER en usage dans la fabrication des toiles peintes.

D'après M. Koœchlin Schouch, qui a fait sur ces. mordans des observations très-intéressantes, le ::saus- -sulfate qui se dépose, quand on les chauffe, est formé de,i,,,

B at..alumine an 146,56 ou'bien: 79/39

3 at. acide sulfurique =. 1503,48 22,61

1at. sulfate 8 basique = 6650 04 . 100,00 Sulfite d MANS D ve” is er 12

1243. Le sulfite d’alumine est blanc, LOUE Au toucher sa saveur est sulfureuse-et terreuse ; ; est insoluble dans l'eau ; exposé à l'air, il s’y convertit par degrés en sulfate ; par la Fa l'acide se dégage ét l alniiné résté,

Ni ate d’ lines. ri

1244. Ce sel a une saveur acide etastringenté; il est trèssoluble; par l'évaporation ; fl se convertit én une mässe védhesie de consistance de miel ; il ést très-difficile de l'obtenir en cristaux ; il cristallisé cependant ‘en feuillets minces, doux au toucher, presque sans éclat: Exposé ea l'air, ilen attire PP RES l'humidité." Lorsqu'i “est CAGE, l'acide s’en AGE np avec Relié et l'alumine

reste à l’état à de pureté." ; Last el usb

On l’obtient en traitant Väluüminé en gelée pe Jacidé nitrique ; filtrant et évaporant Ia liqueur. | shot

ff

Phosphate d’ alumine.

124b. M. Fourcroÿ est le seul Chase" qui ait déc

4x2 LIV. IV. CH. TX. ALUMINIUM.

ce sel, En saturant l'acide phosphorique par l’alumine, il a obtenuiune poudre blanche insoluble dans l’éau. On peut ‘dissoudre cette poudre par l’acide phosphorique, et alors il:se produit une liqueur gommeuse, qui, par la chaleur, se convertiten un verre transparent. À

Arseniate d'alumine.

1246. T'alumine en gelée se dissout dans l'acide arsénique ; la dissolution évaporée donne une masse épaisse insolublé dans l’eau. On peut 'égalément obtenir ce sel par don a d'u

Bora atè d alumine.

1247. Ce selest A peine soluble ; on peut donc l’obtenir en mêlant des dissolutions de sulfate d alumine et de phos-

phate de MPANG "Lapis lazuli.— -Outr emer.

1248, Nous plaçons ici, comme appendice aux composés lumineux, la combinaison encore mal connue qui constitue la ni couleur blèue désignée sous le nom d'outremer. LH Ÿ

. Le lapis, lazuli est. un à in GA qui se rencontre DRE palement. «dans les parties septentrionales de l'Asie. Il s'y trouve en morceaux roulés, mélangés de pyrites , de felspath, degrenat, etc. Sa couleur est d’un bleu-plusou moins foncé. ILest compacte ; et.pèse 2,7 à 2,9.

‘A une température assez élevée, le lapis conserve sa Équleut , Mais, à la chaleur blanche, il se boursoufle et fond en:une masse jaunâtre, Les acides püissants lui font perdre sa couleur : ; il se dégage de l'hydrogène sulfuré, et il reste une épaisse gelée desilice. Cet effet n’a pourtant lieu d’une manière complète, Lis après la calcination préalable du lapis, L’ outremer qu'on enretire l’éprouve ioujours ; ;et cela

ALUMINIUM: | | 413 doit être, puisque le lapis a dû être talciné pour l'extraction de cette belle couleur.

Le lapis est évidemment formé de dou substances distinctes. L’une fort abondante, et vraisemblablement incolore, consiste essentiellement en silice, alumine et soude. L'autre , plus rare et. essenticllement colorée; se compose de soufre uni à quelque corps sur lequelonessaiera plus bas de présenter les hypothèses possibles, car l'expérience n'a pas prononcé. 3

Le lapis naturel, et l'outremer qu’on en retire, sontassez rares aujourd'hui. Autrefois, à ce qu'il paraît, cette pierre l'était beaucoup moins, Car, d'un côté, les peintres en faisaient pour ainsi dire abus ; et, de l’autre, Haudicquer de Blancourt, qui écrivait vers, 1700, nous dit qu'il.connaît un moyen de fabriquer le lapisartificiellement. Mais comme on en a facilement et abondamment en France, ajoute-tl, il vaut beaucoup mieux ne le pas faire connaître, afin que les hommes emploient leur demps à leurs ouvrages ordinaires , au lieu de le perdre à fabriquer ce qu'ils peuvent avoir aisément. Ce passage prouve assez que l’outremer était alors plus estimé par sa beauté qu'à cause de sa rareté. Nous sommes d’ailleurs fort loin de croire qu Ælauiequer ait possédé ce précieux secret. |

1249. Le lapis lazuli ne peut pas être employé immédiatement en peinture. Il a besoin d’une préparation préalable à laquelle les anciens peintres apportaient les plus grands soins. Elle seréduit, en général, à pulvériser le lapis, àincorporer la poudre avec un mastic résineux, à lessiver la masse à l'eau chaude qui entraîne les particules bleues, à séparer celles-ci des eaux de lavage par une décantation soigneuse, enfin à les débarrasser de tout mastic adhérent, au moyen de nouveaux lavages faits avec-une dissolution alcaline.

Haudicquer.de Blancourt nous a donné des détails trèsétendus sur le mode de traitement en usage de son LEP ; pour lé préparation de l'outremer.

+, pr LIV, 1Y. He Xt, ALUMINIUM.

- 1250. Onréduit d’abord le lapis lazuli en morceaux de la grosseur d’une noisette, on les lave à l'eau tiède, et on les place dans un creuset qu’on chauffe au fohihétté à vent. On jette ces fragmens incandescens dans de l’eau froide acidulée avec du vinaigre, et on recommence six ou sept fois lo pératon. Il est nécessaire d’étonner ainsi ét à phUSIGUrs reprises : lelapis lazuli pour lui ôter de. sa dureté et rendre sa pul- * vérisation facile. On pile ensuite le lapis dans un mortier de bronze , couvert d’une toile qui empêche la poudre de s'envoler dans l'air, et on le passe au tamis de soie très-fin.

Ce mode de pulvérisation serait encore insufhisant pour le but qu’on se propose, il faut avoir recours à une porphyrisation très-bien faite. Pour rendre celle-ci facile et complète, on a même besoin d’ajouter à la poudre delapis une liqueur visqueuse qui augmente le frottement de la molette:sur la table. |

Onse.procure cette liqueur en dissolvant d’abord 60 à

80 grammes de miel dans 250 grammes d’eau pure, portant le syrop à l’ébullition et ôtant toutes les écumes. On prend ensuite 5 grammes de sang-dragon que l'on porphyrise, en l’humectant avec la qua PREDEdeAIE, On en fait une pâte fine qui est introduite dans un flacon où l’on a) oute ensuite, et peu à peu, de la liqueur mielleuse, jusqu’à cequele tout prenne une couleur violette, I] paraît que le sang-dragon a pour objet de modifier un peu la teinte de l'oûtremer, et de lui donner un peu de violet, quand il en manque naturellement. |

Cette liqueur étant prête, on met sur un porphyre 500 grammes de lapis lazuli et on le broïe, en y ajoutant peu à peu 100 ou 120 grammes de liqueur mielleuse. La por=, phyrisation dure une ou deux heures. Plus long-temps prolongée , elle affaiblirait la nuance de l'outremer, cè qu'il faut béni '

On met ensuite la pâte de lapis dans dé assiettes vernissées, on da laisse sécher à l'ombre et à l’ abri de la

ù ALUMINIUM. 415 poussière. La matière étant sèche, on la délaie dans de l’eau très-faiblement alcaline ( /essive douce) (1), on laisse reposer; on décante, et on fait de nouveau sécher à l'ombre. |

1201. Dans cet état, le lapis peut être incorporé avec le ciment résineux. On distingue celui-ci en deux espèces, le ciment doux et le ciment fort; le premier s’emploie au commencement , le second à la fin de l'opération.

Le ciment doux se compose de |

Térébenthine. . . . . . 120 grammes.

Colophane.. . . . . . . 120 Poix blanche. : . +. 180 GRre Faune Le er au s

Huile de lini.:.... 494 "4 Le ciment fort s'obtient avec

Térébenthine . . . . . 120 grammes.

Colophane... . . . . . 180 Poic blanche..." .1100 DTA eu ele 0 0 O0 < LREUAUME, ecran

#4 Huile de lin. . . . : . 45

Pour l’unet l’autre, on purifie l'huile delin, en la lavant à plusieurs reprises avec de l’eau. Pour cela, on la place dans un flacon avec un volume d’eau égal au sien, et on agite fortement. Tant que l’eau se salit, on renouvelle cette opération; dès qu’elle reste limpide on cesse les ‘lavages.

(1) La préparation de l’outremer exige trois sortes de lessives alcalines, On les obtient en délayant de poignées de cendre de Sdrment de vigne dans 10 kilogr. d’eau chaude et filtrant la les- Sive. Cest la lessive forte. Avec le résidu et 10 kilogr. de nouvelle eau chaude , on obtient une Lessive médiocre. Enfin la même quantité d’eau chaude ajoutée au nouveau résidu procure la lessive

douce, x P

Voici du reste comment se préparent les deux cirens. : On: fond d’abord la térébenthine à un feu très-doux dans un vase de terre vernissé; on ajoute la résine, ppis le mastic, et enfin la poix blanche, et on remue jusqu’à ce que Je tout soit fondu. On met alors la cire qui se fond et se dissout bien plus vite, et le ciment se termine par l’addition de l'huile de lin. Ce ciment, versé goutte à goutte dans l’eau froide, doit s’y figer sans s'étaler en nappe huileuse. Dans ce dernier cas il faudrait le laisser sur le feu et le faire bouillir jusqu’à ce qu’il eût pris la consistance convenable. |

Quand le ciment est préparé, on le jeite sur un tamis de crin, et on le recoit dans’ une terrine d'eau froide. On le malaxe ensuite fortement et long-temps dans l’eau, pour le débarrasser de toutes les impuretés que ce liquide peut entrainer, soit par dissolution, soit autrement. Enfin on le conserve sous l’eau, en ayañt soin de renouveler ce liquide de temps à autre; par cemoÿen on le garantit de l’action de l'air, qui ne tarderait pas à le durcir.

1252.0n prend, pourtraiter le lapis, parties égales de ciment doux et de lapis porphyrisé. On fond le ciment à un feu très-léger, et on y ajoute peu à peu la poudre delapis au moyen d’un petit tamis très-clair. À mesure que la poudre tombe sur le ciment fondu, on remue sans cesse pour l'incorporer. Quand elle l’est FR ‘tement, on jette la matière dans de l’eau froide, on la malaxe bien avec les mains huilées , et lorsque la pâte est bien homogène, on la met dans un vase, on la recoure d'eau, ct on la laïsse en repos pendant une quinzaine de jours. | # | C'est de cette masse qu’on extrait l’outremer, au moyen de lavages convenables. On l'enferme dans un linge, on la plonge dans l’eau tiède, et on la laisse se ramollir ; on comprime doucement la masse, l’eau de ce premier lavage devient sale, et on la met de côté pour en séparer le peu d'ouiremer qu'elle contient. On verse sur la masse de nou-

ee et md

“ALUMINIUM. AE velle ean tiède et on la:malaxe encore; c’est alors que le plus bel outremer se dégage peu à peu, et vient nager dans l’eau tiède. De quart d'heure en quart d'heure, on décante celle-ciet on la remplace par de nouvelle eau tiède. Leseaux de lavage entraînent à la fois l’outremer ét.des fragmens de: ciment ; on les jette sur un tamis qui retient ces fragmens, : et l'eau. chargée d’outremer est mise dans des vases de terre: vernissés, où, on, l’ abandonne au repos. (rs)

En cinq ou six lavages , on peut tirer ainsi en bel outre=

ner, le quart du poids: six lapis cmployé, mais à chaque: she la richesse de sa couleur diminue.

En recommençant. les. lavages, on peut se procurer une. quantité semblable, d outremer, moins riche en couleur. Enfin un troisième el un quatrième lavage donnent une poudre d'un bleu pâle connue sous le nom de cendres d’ou-,

tremer, qui, à l'i intensité près, possède toutes les propriétés de cette précieuse couleur.

On emploie | huit heures au lavage de 500 grammes de lapis mis en Ciment, et dix à douze heures RASE à: la décantation des dal outremers qu'on en extrait. Si les | lavages ne réussissaient pas convenablement , on pourrait accélérer Topération en sé servant, en ide d’eau tiède, d'une liqueur älcaline. Les lessivés douce, faible, ou forte, péuvent être successivement employées à cet effet.

1253. Quand on trouvé que l’outrèmer ainsi préparé est pas Suflisamment beau, on le fait sécher, on l’incor< pore avuc du ciment fort, et on récommence toute la série d opérations que nous venons de décrire.

‘Enfin, quand l’outremér est considéré comme de belle qualité, il faut procéder aux lavagés nécessaires pour le débarrasser des dernières portions de ciment. On peut le laver simplement avec la lessive douce déjà indiquée. On peut aussi le mettre-en pâte avec des jaunes d'œufs, et le laver avec Ja lessive douce ensuite. Enfin , on recommande à la fin des lavages de délayer l'outremer décanté, dans du : Je AT À 27

fiél de bœuf, On le malaxe bien et on le délaye à plusieurs reprises dans de l’eau claire, | 1354.Tant que l’outremer n’a pu être produit artificiellement, il a du être considéré comme une matière d’une faibleimportance industrielle, mais il n’en est pas de même aujourd’hui. L’outremer peut être formé par des procédés susceptibles d’être simplifiés sans doute, et dès lors on peut espérer qu'une substance aussi précieuse comme couleur, né tardera point à acquérir des usages nombreux. On en sera bientôt convaincu, si l’on considère la nature de ses élémens quisônt tous au plus bas prix, et très-répandus dans la nature. La formation artificielle de l’outremer est sans contredit la conséquence d’un beau travail , de MM. Desormes et Clément, publié en 1806, et dans lequel ils ont donné l’ analyse de cette substance.

1255. Voici les propriétés qu'ils ont observées dans le plus bel outremer, tel qu’on l’obtient en séparant seulemement 2 ou 3 centièmes d’ PHHERNGER d’ un beau, lapis lzuli.

“La densité de cet outremer est de ME ne par l'action d'une cholont rouge, il n'éprouve d'autre. altération que la combustion de quelques traces de matière, huileuse,ou, résincuse dont le procédé d'extraction l'avait laissé chargé. L' outremer ainsi chauffé conserve sa nuance, mais il devient dur et aride; pour l’ employer, il faudrait le porphyriser de nouveau; au rouge blanc, il. donne un émail noir quand on n’en a pas brülé les corps gras. Dans le cas con traire, il fournit un verre pr esque incolore et transparent ; il perd alors 12 p. o/o de son poids. :

Soumis à l’action de la pile, il perd.sa couleur au a pôle positif, et il n'est pas altéré au pôle négatif.

Fondu avec du borax, il laisse dégager du soufre et de l'acide carbonique; il fournit aisément un verre transpas renls F1 r

ALUMINIUM, 419 L'oxigène l’altère profondément à laide de la chaleur; il le fait passer au vert terne.

L'hydrogène à chaud, lui enlève du soufre et lui fait prendre une teinte rougeàtre.

Le soufre en fusion ne l’altère pas ; il en est de même de Phydrogène sulfuré liquide et de l’eau de chaux.

La potasse et la soude en dissolution , agissent à chaud sur l’outremer, mais sans altérer sa couleur. Elles dissolvent seulement l'alumine dont il est toujours accompagné ; à une chaleur rouge, ces agens détruisent la couleur et se comportent alors avec l’outremer, comme avec une argile quelconque, : |

Les acides sulfuriques nitrique et hydrochlorique détruisent promptement la couleur de l’outremer avec dé gagement d'hydrogène sulfuré, et laissent une épaisse gelée de silice, Le vinaigre se comporte de même, mais bien plus faiblement.

Le chlore décolore et dissout l’outremer avec plus d’éhergie que tout autre corps. Pour s’en assurer, il suflit de délayer l’outremer dans l’eau , d’y faire passer un courant de chlore et de remuer constamment. Tout se dissout, ex= éepté 10 à 15 centièmes de silice.

MM. Clément ét Desormes, à qui toutes ces observations sont dues, ont fait l'analyse de l'outremer avec tout le soin possible, et pourtant ils ont toujours éprouvé quelques pertes, Voici le résultat de cette analyse : ;

SEICE dite 50 ROLE

Alumitie,, is 405 2 Soude e ? Moy e.: 10 105 23,2 ë Soufre, e e C1] 0 + . 3,1 EX era Carbonate de chaux. 3,1 LL 6 100,0

12b6, ‘Quelques années plus tard, M, Tassaert observa à Saint-Gobin, dans des fours à soride, une matière bleug

qu’à l'examen chimique, M: Vauquelin reconnut pour de véritable outremer. Depuis lors, ces observations se sont multipliées, et l’on a plusieurs fois signalé la production

de l’outremer en pareil Cas. | M. Kulhmann a même annoncé que Le ve un rt à cal-

ciner le sulfate de soude, l'autel en brique lui offre des

couches d’outremer a par places, toutes les fois qu'il s’agit de réparer le four. L'’outremer est entouré de

PSE rouges bruns très- -petits de sulfure de sodium ; ce

qui montre évidemment, que la formation de ce LATE précède celle du bleu d'outremer.

Aïhsi, ce nouveau fait d'accord avec celui qui a a été de servé par M. Vauquelin, montre que l’on peut arriver à la production de l’outremer par la simple action dé l'argile

ordinaire , sur le sulfure de sodium.

C'est ce dernier point de vue qu’il convient d'examiner dans l'intérêt de l’industrie, car le procédé de M. Gmelin que nous allons décrire, ne peut conduire à aucun résultat pratique, bien qu’il soit le plus convenable de tous pour éclaircir la véritable théorie de la fabrication du bleu d'outremer.

2257. L'observation de M. A fr détermina, il y a peu de temps, la société d'encouragement à proposer un prix pour la fabrication de l’outremer artificiel. Ce prix fut remporté par M. Guimet, qui n’a point fait connaître son procédé et qui livre aujourd'hui de l’outremer à 25 francs l’once, tandis qu'il a valu jusques à 200 francs,

De son côté, M. Gmelin a publié an procédé pour la préparation de l’outremer factice > (ue nous aHons faire con-

naître.

1258. Voici, d’après M. Gmelin, la méthode d’après.laquelle la préparation de l’outremer réussitinfailliblement. On se procure de l’hydrate de silice et d’alumine; le premier en fondant ensemble du quartz bien nat avec quatre fois autant de carbonate de potasse, dissol-

ALUMINIUM. l far

vant la masse fondue dans l’eau et la précipitant par de l'acide muriatique; le second en précipitant une solution d’alun pur par de l'ammoniaque. Ces deux terres doivent être lavées soigneusement avec de l’eau bouillante. Après cela, on détermine la quantité de terre sèche qui reste après avoir chauflé au rouge une certaine quantité des précipités humides. L'hydrate de silice dont s'était servi M. Gmelin, contenait sur roc parties, 56 de silice sèche, et l’hydrate d’alumine 3,24 de terre anhydre.

* On dissout ensuite à chaud, dans ‘une solution de soude caustique, autant de cet hydrate de silice qu’elle peut en prendre, et on détermine la quantité de terre dissoute. On prend alors sur 72 parties de cette dernière (silice anhydre), une quantité d’ hydrate d'alumine qui contient 70 parties d’alumine sèche ; on l’ajoute à la dissolution de la silice, et on ÉXApOrE le tout ensemble en remuant con-. stamment, jusqu’à ce qu'il ne reste qu'une poudre humide.

Cette combinaison de silice d’alumine et de soude est la base de l’outremer que l’on teint De du sulfure de sodium de la manière suivante : ”

On met dans un'creuset de Hesse un mélange de deux parties de soufre et d’une partie de carbonate de soude anhydre ; on chauffe peu à peu, jusqu’à ce que, à la chaleur rouge moyenne, la masse soit bien fondue; on projette ASS le mélange précédent en très-petite quantité à la fois, au milieu de la masse fondue ; aussitôt que l’effervescence due à la vapeur d’eau, cesse, on y jette une nouvelle portion. Aprés avoir tenu le creuset une.heure au rouge modéré, on l'ôte du feu et. on le laïsse refroidir. Dans le creuset se trouve l’outremer, mêlé à du soufre en excès que l’on chasse par une chaleur modérée. Quand toutes les parties de l'outremer ne sont pas colorées également, on peut séparer les parties les plus belles, après les avoir réduites en poudre très-fine, par le lavage avec de l’eau.

4aù LIV. IV. CH, 1%, ALUMINIUM.

1250. Ilest donc hors de doute qu'avec de la silice; de J'alumine et du sulfure de sodinm, on peut faire de l’outremer artificiel. Il paraît que l’on doit se servir d’un polÿsulfure. Mais les observations faites dans les fours à soude, prouvent qu'on peut réussir avec l'argile à briques, et c'est là le point qui doit attirer, nous le répétons, toute l’at tention des chimistes. En effet, si avéc un poly-sulfure de sodium et de l'argile ordinaire, on parvenait à faire dé l'outremer, ce serait la couleur bleue la plus belle, la plus durablé et la moins chère de toutes celles su l'on connait,

Alun,

1260: Le sel connu dans le commerce sous le nom d’alun, est un sulfate doubled’alumine et de potasse, ou bien un re double d’alumine et d’ammoniaque, et presque toujours un mélange de ces deux sels doubles. Pendant Jong-temps on l'avait considéré comme du sulfate d’alumine simple; cependant | jamais on ne pouvait PRO à former des cristaux d’alun en combinant l’alumine à l’acide sulfurique, et d’un autre côté l’on savait que la présence de la potasse ou de l’'ammoniaque était indispensable à sa formation ; enfin, MM. Vauquelin, Chaptal et Descroizilles en ont donné la véritable composition.

On sait aujourd’hui d'une manière générale, que la plu- + part des sulfates dont'la base contient trois atomes d’oxigènes, peuvent s'unir aux sulfates dont la base renferme un seul atome d'oxigène, Le sulfate d'ammoniaque joue le même rôle que ces derniers. Tous ces sels doubles possèdent la même composition atomique et la même forme cristalline; on les con$idère en quelque sorte, comme des espèces d’un même genre, et souvent on les désigne sous le nom d’aluns de fer, de chrôme, etc.

E On peut donc obtenir des lune en unissant ee els4 sui“

TR

vans, pourvu qu'on prenne l’un de ceux qui jouent le rôle d'acide, et l’un de ceux qui mg celui de base.

Acides. Bases.

Sulfate d’alumine | sulfate de potasse id. de sesquioxide de fer id, ‘de soude id, de sesquioxide demargan, id. d ammoniaque id. d’oxide de chrôme, ete. id, de protox. de fer, etc,

Le genre alun est done nombreux en espèces. Il est bien défini par la composition atomique citée plus haut, Nous devons nous borner à décrire ici les aluns fournis par le sulfate d’alumine avec ceux de potasse , de soude et d’ammoniaque.

1261, A lun de pofasse.. On en connait trois variétés très-différentes : l'alun ordinaire, V'alun de Rome et l’alun aluminé. |

L’alun ordinaire est inde il a une saveur astringente, il rougit le tournesol ; sa pesanteur spécifique est de

1,71. Il Ce en die résuliers, transparens ; il s'effleurit légèrement : à l’air. L'eau, à la température.ordinaire, en dissout la quinzième partie de son poids. IL n'exige que les trois quarts de son poids d’eau bouillante pour se dissoudre. À une douce chaleur, il se fond dans son éau de cristallisation , et donne lieu à une masse qu’on appelait autrefois alun de roche. À une chaleur plus forte, il se boursoufile considérablement et perd:son eau de cristallisation ; en même.temps, il devient blanc et opaque, très-cohérent, capable de résister pendant long-temps à l’action de l’eau, et prend alors le nom d’alun calciné, Sous cette forme, on s’en sert pour ronger les chairs baveuses, À l’aide d’une chaleur rouge, le sulfate d’alumine est décomposé; l’alumine reste mêlée au sulfate de potasse qui ne se décompose pas par la chaleur, tandis qu’il se dégage de l'acide sulfureux et de l’oxigène. Quand on soumet cet

: 44 LIV. IVQ CHAIXS ALUMINIUM, .

alun-à une chaleur presque: blanche long-temps prolon: gée, le sulfate de potasse lui-même se décompose à son Stour, sous l'influence de l’alumine qui se combine avec la potasse ét met l'acide sulfurique en liberté. :

Quand on fait bouillir une dissolution d’alun avec de l’alumine en gelée, il se produit un sous-sulfate d’alumine et de potasse, qui est insoluble et qui se dépose: par conséquent en poudre blanche. C’est l’alun saturé de sa terre, des anciens chimistes.

Le même effet s'obtient immédiatement en a joutant un . ‘peu dé potasse ou de soude dans la dissolution d’alun. Il se précipite de suite un sous-sulfate en poudre blanche.

L’alun de potasse est formé de:

1 ai. sulfate de potasse 1089,07 ou bien alumine. . . . 10,82 x at. sulfate d’alumine 2149,80 potasse. . . . . - 9,94 HO eat" et 2000 Ga acide sulfuriq: : 33,77 5935,39 eau. fou 0 45,47

L'alun saturé de sa terre, qu'on appelle aussi alun aluminé , se compose de :

1 at. sulfate de potasse. . . 1089,07 ou bien potasse.. . 10,62

3 at. sous-sulf. d'ahiniing: : alumine. . : 35,03 tri-basiq. (Websterite) 3433, {4 ‘acide sulf. 36,10 18 attan.), his #00 00: au cr

1262. Alun de Rome: Cet alun possède un grand nombre des propriétés du précédent, mais toutefois il en diffère par des caractères essentiels. En effet, l’alun de Rome cristallise toujours en cubes opaques, tandis que l’autre fournit toujours des octaèdres transparens.

Il parait que l’alun de Rome, dont nous faisons con-

Fini ALUMINIUM 425 maître ailleurs la fabrication , est’un sulfate d’alumine et de potasse dans lequel l’alumine se trouve en'léger excès. Ce composé est permanent, tant qu'on le dissout dans de l'eau froide; par une évaporation lente ou spontanée, il reparaît sous sa forme cubique. Mais quand on le dissout ‘dans de l’eau à 43° c. ou au delà, ou bien quand on chauffe ses dissolutions jusqu’à ce point, il se précipite du soussulfate d'alumine , et il reste dans la liqueur de l’ alun ordinaire qui cristallise en octaèdres.

On ne connaît pas la composition de l’alun de Rome. Il à probable qu’elle diffère, et peut-être difère-t-elle beaucoup de celle de l’alun ordinaire, surtout à l égard de l’eau de cristallisation. | |

1263. Alun ammoniacal. L'alun à base d'ammoniaque ressemble entièrement à l’alun à base Ge potasse; il se distingue de ce dernier en ce que, calciné . fortement, le résidu n’est que de l’aluminé; et, lorsqu’ on lebroie avec de la chaux et un peu d’eau, 5 s’en dégage de l’ammoniaque bien reconnaissable à son odeur...

Il est composé de :

1 at. sulfate d’ammoniaqne 716,7 ou bien ammoniäque 3,69

z'at. sulfate d’alumine. . . 2149,8 alumine. . . 11,90 4B'at, can Reel ae … 2699,5 acide sulf. . 36,10: | | 7 5566,0 ee PS, 11 100,00

L’ x rai ammoniacal cristallise en octaèdres. On ne sait pas s’il peut former de l’alun cubique : c’est probable.

1264. Nous.:avons déjà fait observer que dans le commerce on rencontre de l’alun de Rome, de l’alun de potasse, de l’alun d’ammoniaque et de l’ 1. mêlé, contenant plus où moins d’alun de potasse et d’alun d’ ammoniaque, Tous ces aluns sont employés en teinture et dans la plupart des cas, ils pourraient l'être indifféremment, suls étaient également purs; mais il n’en est pas ainsi.

426 LIV. 1V. CHi IKé ALUMINIUM.

Les alüns du commerce’ contiennent tous une plus ou

moins grande quantité de sulfate de fer ; ils sont d'autant

plus eétimés qu’ils en contiennent moins, parce que ee sel est souvent nuisible dans la teinture, L’alun de Rome en contient, d’après MM. Thénard et Roard, 1/2200, et celui de Liége, 1/1000, On les purifie en les faisant cristalliser de nouveau, ou en les soumettant à des traitemens dont il sera question plus loin. |

L’alun de potasse tout formé existe din la nature, mais ilest rare. On le trouve en petite quantité dans les fissures de certains schistes: Il existe au contraire beaucoup de sous-sulfate d’alumine uni au sulfaté de potasse; cette matière constitue des collines tout entières à T'olfa,

près Civita-Vecchia, et à Piombino en Italie. Il en a été

découvert au pied du Mont-d’Or en Auvergne.

L'exploitation de l’alun forme une branche de commerce si importante ÿ que - nous lui consacrerons un chapitre particulier.

1965. Alun de soude. Celui-ci n’a point encore été appliqué aux usages qui rendent la fabrication des précédens si considérab’e, Il pourrait vraisemblablement | jouer le même rôle qu'eux , et sa grande solubilité le rendrait utile en disiques occasions. |

L'alun à base de soude Fostde le en effet les. mêmes propriétés que l’alun à base de potasse, mais il est bien plus soluble. Sa saveur , sa forme cristalline et ses principales ‘réactions sont d'ailleurs les mêmes; sa densité est de 1,35. Il est composé dermème que l’alun de potasse octaédrique , d’un atomé de sulfate de soude et d’un atome de sulfäte d’alumine. Il est probable qu’il ne contient que

__ 48 atomes d'eau, quoique l’on ait cru pouvoir en fixer la quantité à 5o atomes.

| GLUCINIUM. LES Voici, du reste, sa composition telle qu'on l’a trouvée :

£ at. acide sulfurique = 2004 ,64 oubien 34,00

1at. dlumine.. , . = 643,32 16, 52 it soude... : + . « © ‘390,02 6,48 HN MEDAL pere Li 4 2 12012,00 49:60 «

5B50,88 | 100,00 2 j Mais il est bien probable que les 2 atomes d’eau de trop . sont dus à de l’eau interposée.

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