‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 148 sur 218 · LIV. V. CH IL. SEL MARIN · texte numérisé non relu

LIV. V. CH IL. SEL MARIN

passent dans des trous percés dans ces canaux, et sont fixées à des solives au bas du bâtiment ; elles ont 7 à 8 millimètres de diamètre. Il v a vingt-quatre fermes, dans l’intérvalle desquelles se trouvent douze canaux , et ceux-ci portent vingt-trois cordes chacun, ce qui fait quarantesix longueurs de corde par chaque canal. Comme chaque corde a 8 mètres 174 de longueur, on peut voir qu'il a fallu plus de 100,000 mètres de corde, pour, construire le bâtiment.

L'eau est élevée par un noria dont les seaux la versent dans un canal qui règne dans toute la longueur du bâtiment. Celui-ci la distribue dans des canaux qui se trouvent entre chaque ferme, et de là elle passe dans les canaux qui supportent les cordes. Ces derniers sont munis d'échancrures par lesquelles l’eau coule sur les cordes. L’évaporation est bien plus rapide que dans les bâtimens à épines,

En été, on amène l’eau saturée bouillante sur ces cordes. On l'y fait passer plusieurs fois , et le sel marin s’y dépose. Quand l’eau devient visqueuse et épaisse, on la conduit au réservoir des eanx mères. Le sel cristallise sur ces cordes, quise recouvrent ainsi d’une couchede plus en plus épaisse. Quand les cordes ont prés de 6 centimètres de diamètre, on les dépouille. Pour cela , au moyen d’une machine parüculière , on brise le sel; celui-ci tombe sur le sol du bàtiment, où on le ramasse.

Le salinage d’une cuite, qui dure cinq à six jours dans les chaudières , se fait en dix-sept heures sur ce batiment. Le sel est plus pur; mais les eaux mères sont plus abondantes.

Dans le bâtiment à cordes, on obtient deux espèces de sels. Le premier se forme dans les bassins; quand l’eau y séjourne quelquetemps , avant d’être élevée sur le bâtiment. il est en gros cristaux, très-blancs. Le second et le plus abondant se produit sur les cordes mêmes. Ces sels sont d’une pureté remarquable , d’après les analyses de M. Berthier. |

Sel des bassins. Sel des cordes, Sulfate de magnésie. . . . 0,40. . . . 0,58 LUE SMIUE. 2 20/42 OU e ee 2300 Chlorure de magnésium.. 0,18. . . . 0,29 SEL DM e ee se. OO te ONE)

On livre rarement au commerce du sel marin aussi pur que celui-là. Mais comme ce procédé n’a été adopté qu’à Moutiers , c’est surtout le salinage en chaudières que nous devons exposer ici.

D'après des analyses très-nombreuses, et faites sur des échantillons pris à toutes les époques importantes de l'opération du salinage en chaudières, M. Berthier én résume la théorie de la manière suivante :

Il faut schloter à grand feu pour déterminer la formation du schlot, et par suite la séparation d’une grande quantité de sulfate de soude. Après le schlotage, il est ütile de saliner à petit feu, pour empêcher le sulfate de magnésie et le chlorure de magnésium de cristalliser avec le sel marin. Au commencement du salinage , il se dépose peu de sulfate de soude ; la quantité en augmente lentement, et tout ce sel se dépose avant la fin de l’évaporation. Le dernier sel obtenu ne contient que du sulfate de magnésie.

Les analyses suivantes feront voir que ces préceptes ne sont qu'une déduction immédiate des faits.

ANALYSE des produits de la saline de Moutiers , par M. Berrurer.

Dépôt Dépôt pris | Eau à 1°,6 prise ||

Produits avant la graduation. pris près des |Jau pied du pre-

à la source.| bätimens. | mier bâtiment.

Peroxide de fer. « . ., 85,0 5,0 0,000 Carbonate de chaux. . . 5,0 03,0, 0,050 Débris organiques. . . . 4,0 2,0 | 0,000 Sulfaté de chaux. . . 0 RU ME EE) ES ARR 0,270 Ils Hem PAR PR CMPENTERE Le 0,056 Id. de soude. L2 L LD e e L e L L e L ° 0; 130 Sel marin. ° e e e e e . e L] °. e e ° e » Ô ; I ,060 Chlorure de magnésium. À . . . ..| « . .. 0,032 Eau. L] « [2 L] L2 L] e L L2 L 6,0 0,0 ; 98,402

HER RCE

Totaux.. , : . . | 100,0 | 100,0 100,000

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