LIV. V. CH. 11. SEL MARIN
Dans’ le pays , la tradition en fait même remonter l'in troduction au neuvième siècle.
Le.sel ignifère est assez pur. Le procédé par lequel on l'obtient n'offré que ce seul avantage à côté d’une foule d'inconvéniens. Les salines de l'Avranchin n'ont pu -prospérer que sous la protection de réglemens établis en 1568 et abolis par la révolution francaise ; elles sont aujourd' hui peu productives et peu perse. |
! On emploïe dans cessalines, lesable salé que l’on rébBtré sur lés bords de la mér, pour saturer de sel l’eau de la mer elle-même. On évapore ensuite cette eau, au moyen du feu, La récolte du sable se fait au moyen nue rabot de six pieds de longueur, ferré d’un tranchant et conduit par un cheval. 28 pr dirige le rabot, l’élève-ou l'enfonce au besoin. On a soin de ne-ramasser que le. sable suflisammentisec, et-on: répète. l'opération deux où trois fois par joutsur le-mbihé place, suivant que la dessication du sable se fait plus ou moins vite. On conçoit que ce sable, mouillé d'eau de mer, reste imprégné de sel par l’ évaporation; on conçoit aussi que les jours les .plus chauds de l'été sont les plus favorables pour la récolte.
On. porte ce, sable près de la saline; on le dépose dans une fosse circulaire de 20.à 25 pieds dé diamètre. et ,de.7 à 8,pieds de profondeur ; ; on,en élève un tas ou meulé que, l’on recouvre ayec soin d'une couche d’ argile qui l’abrite de la pluie. D'un autre côté, on creuse dans la grève une fosse ou tourande, qui.se Hémplit d’éau de mer. |
: Pour exploiter ke sable salé, on en remplit une caisse carrée en bois, de 1 pied de profondeur, et de g pieds de côté. Cette caisse est supportée sur un massif dallé, ou glaisé ; son fond est formé de planches assemblées avec les côtés. Sur celles-ci, on place une couche de paille. que l’on recouvre à son tour de nouvelles planches. Le tout forme, comme on voit, un véritable filtre. Sur un de ses côtés, la caisse est percée, d’un trou qui communique avec. un conduit destiné à porter l'eau dans un réservoir. On rem-
lit la caisse de sable salé, ét en y.verse successivement 7 à 800 litres d’eau de mer. ClierE Pliré en tleux heures et acquiert par cétte 6pérationuhe densité M I 14 s AT etquelquefois dex,17. Feng AUS résidu sablonneux est employé par es igricultens
SEL MARIN. 467 our amender les terres. L'eau saturée, qui prénd lé no de brune, est portée dans la cabane où l'on doit | 'évapoz rér ; On recoit séparément l'eau ui s “écoule lat rémière , et L'enu plis faible qui arrive ensuite. Lés sad TS ‘En. ap it précient le titre au moyen de trois bouletrés” én\ciré fe tées de plomb. Tls regardent comme là Fa Forable à J'évaporation celle dént lil dendité 4e à « s
ue M RAS cette eau dans des bässines dé lp a dont
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ävec du ec salé eo à avéc dé là ph ét sans, enté ni cheminée. On chauffe au bois; la FEU S "échappe par les intervalles ménag és entre Ja chaudière et les murs du fourneau. TT ï
. Lorsque la brune commence à bouillir, SES di en écume. Le saunñier, ‘pour l empêcher de verser, l'agite Sans cesse avec une HÉAORE Au bout-d'un quart d hétee sie à: remplit de nouveau les plombs, avec de F4 brünèé froide ; ce qui détermine la formation d’une écume qu al ramasse. On laisse marcher l'évaporation } jusqu’à, cé que fe sef commence à se déposer, ‘et à ce mbimente on ajoute uit litre de brune pour déterminer le dépôt de nouvelles écumes que l'on enlève également. Enfin, on évapore à sec, en agilant sans cesse le sel qui se dépose, POS éviter Ja fon des plombs. La masse saline qui cest nécessaire= ment trés-impuie , mais qui se trouve dans un état de division très-favorable à sa purification, est placée dans” un panier que l’on suspend au-dessus des plombs, pendant toute la durée de l'opération suivante, Le sel se trouvant exposé ainsi à l’action d’une grande quantité de vapeur aqueuse, S ‘y dépouille de la majeure partie des sels déliquescens dont il était mélangé. On le place ensuite dans un magasin dont le sol est formé de sable lessivé, bien battu; sa purification sy achève d'elle-même. Pendant les deux premiers mois de son enmagasinage, ce sel perd encore de 20 à 28 pour cent. À! est sors très-blanc, très-divisé et comme neigeux.
Chaque opération ou bouillon dure deux heures; on
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en fait neuf par jour au moins, quelquefois dix ou douze. On évapore 7 à 800 litres de brune qui fournissent de 150 à 229 kilog. de sel , suivant la richesse du sable employé, On consomme 20 à 25 fagots de bois, dont la valeur est de 6 ou 7 francs. | |
On conçoit qu'il faut diriger l'opération avec adresse vers la fin A PR pour empêcher les plombs de fondre. On remue donc sans cesse, et dès que le sel est enlevé, on y verse de nouvelle brune. Par suite du changement brusque de température que le plomb éprouve ainsi à plusieurs reprises, et par suite de la mollesse de ce métal, les chaudières se trouvent véritablement agrandies à la fin de la journée. On est obligé de les rajuster, et, par conséquent, d'en avoir de rechange pour que le travail soit continué. :
Les cendres très-riches en sel, et les débris des fourneaux qui durent quarante ou cinquante jours, sont vendus comme engrais,
Nous joignons ici un tableau qui offre l’analyse de quelques sels du commerce, comme exemple des variations que cette substance peut éprouver. Îl faut se rappeler toutefois, que certains sels contiennent du brômure ou de l'iodure de magnésium en qualités assez notables, pour devenir véritablement nuisibles.
Tascæau de l'analyse de quelques variétés commerciales de sel marin.
ee mms
Sel [Sulfate | Chlor. À Sulfatel Matiè-[Eauhy- Origine du sel. | de mag-|de mag-| de {resinso-|Ygromé | marin, | nésie. |nésium.| chaux. |'lubles.{trique.
D’après M. Henry.
Sel de Saint-Ubes..…..l96,o | 0,45! 0,30 2,35] 0,9 | 0,0 | Id. d'Oléron .........…. 96,4 | 0,45] 0,20! 1,95] 1,0 À 0,0 Id. d’'Ecosse, de l’eau
delmerssisass. 93,8 | 1,75] 2,85] 1,50! 0,4 | o,o | Id. de Lymington.….… 93,7 | 3,50! 1,10} 1,50] o,2 | 0,0
Sel gemme du Chester.[98,3 | 0,00! 0,05} 0,65! 1,0 | 0,0 Id. du Chester pour les | salaisons ....... Mo 98,6 À 0,00! 1,10! 1,20 o,1 À 0,0 |
D’après M. Berturer.
Sel de Saint-Ubes de 14 première qualité.….[o5,19| 1,69! 0,00 0,56! 0,0 | 2,45] Id. de Saint-Ubes de seconde qualité..…..|89,19| 6,20 0,00 0,81] 0,2 | 3,60] Id. de Saint-Ubes de | troisième qualité....[80,09! 7,27! 0,00! 3,57] 0,2 8,36
Id, de Figueras... 191,141 3,54 0,70! 0,33] 0,0 4,20} Id: de Bouc... 95,11] 1,30| 0,23 MeE 0,1 | 2,35 1,65! 0,8 | 7,50
es du Croisic ...…., 107,97! 1,58/ 0,50 EEE CHAPITRE IT.
Soude artificielle.
1201. Nous avons montré déjà, comment onse procure la soudedite naturelle, et d’après les indications générales que nous avons donnéessur l’origine des produits commerciaux qui contiennent du sodium, il est face de voir que la soude artificielle ne peut être extraite que du sel marin. La France, si pauvre en soude naturelle, possède au contraire des ressourcés inépuisables en sel marin. Aussi, dès l'instant où les guerres de la révolution eurent supprimé l'im-
portation des sondes espagnoles, des essais de tout genre Ling: esp lp em tn ÉTAT GATEAU Cr GRANT Ms Lie à
furéntils mis en œuvre pourextraire là soude du sel marin.
Le succès de ces tentatives à énlevésans retour à l'Espagne
üne branche d'industrie qui pr@duisait un commerce d'ex-
pEREMon de vingt! millions par an, du moins,, C’est à Le- Ï lane; chirubgien français + qu'est due l’importante décou- Yerie.du-procédé par. lequel.on se procure.la-soude,..et cette découverte fera époque dans l'histoire des arts.
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* Quand le/commerce entre l'Espagné ét la France fut supprimé par la-guerre , le comité de salutipublie fit un à ppel aux chimistes francais, pout lés engager à dontiercon-
haissance des procédés propres à produire la-soudè: De tousecux qui furent examinés à cette époque , celui dé Lelane deulcest restés mais parmi les autres ; il-err'est qui mébitented'étré Connu. Of peut les Giviser en deux classes ; les uns, Ont pour objet l'extraction directe de la Soude du ‘bye ‘du sel matin. Les aütres, sont fondés sur la con- Yersioni du sulfate de soude en soude. | . Sel inariniet chaux. Plusieurs chimistes; éntre autres Proust} Pelletier et! Deyeux, avaient observé, sur des murs humides, desefflorescences de carbonate de soudé Que l’on regardait Cônimé résultant de la décomposition du sel marin par la chaux vive, 1e soude qui en prôvenait se carbonatait au contact de Fair. Avant la révolution, ce procédé dont:là décohverte est due à Schéele, fut mis en pratique par Guÿyton el Carny du côté de Croisic en. basse Picardie: Laïchaux wive éteitite à la manièré ordinaire, était misé émpâté avec une: dissolution dé sel marin. Celle-ci abañl donnée à lait et maintenue humide, se recouvrait d’efflorescences de carbonate de soude. Ce procédé n'eut aucune suite. ne À |
Sel marin et oxide de plomb. Ce procédé, découvert également par Schéelé;' était employé en Angleterre depuis fort Jong-temps, pour se procurer une belle cou- Jéür jaüné, quand il fut mis en pratique par MM. Chaptal ct Bérard pour l'extraction de la soude. Pour l'exécuter, on, prend 5o kilogr. dé litharge pulvérisée qu'on plate GAns un baquet. D'un autre coté, on dissout 12,9 Ki l6gr. dé’sel marin dans do kilogr. d’eau. On délaye la litharse avêc Une partie de cette dissolution, de manière à formér. une pate liquide. On laïsse reposer pendant HIT À OLIS ITS } OU (SU 910 JB
ARTIFICIELLE. . ; { ! nt
quelques heures. Dës que la surface blanchit, -il faut remuer la inasse , qui sans cela deviendrait très-dure. On continue à agiter ainsi , on ajoute le reste de la dissolution et mème au. besoin un peu d’eau. Au bout d’un Joùr; laréactionest terminée. On laisse reposer un jour encore;-puis on lave. Les lavages entraînent de la soude-caustique et du sel marin non décomposé, Le résidu est formé d'un com= posé de chlorure et d'oxide de plomb qui devient:d’un beau jaune par la fusion.Dans ce procédé, la décomposition du a marin éstcomplète, mais le haut prix de lalitharge Je rend impraticable sur une grande échelle, 5 24p .… Les autres procédés exigent tous une conversion préalable du sel marin en sulfatede soude que l’on peutexécuter par divers moyens.
Sel marin et sulfate de fer: Cette décomposition fournit du peroxide de fer, du sulfate de soude, du chlore et de l'acide sulfureux , quand les deux matières mêlées récemment sont soumises à l’action du feu. Mais on peut rendre le phénomène plus productif en sulfate de soude, en mélangearit les deux corps en poudre dans le rapport de 73 dé sel marin à 172 de sulfate de fer , laissant le mélange arrosé d'un peu d’eau, en tas; pendant quelques jours,et lechauffant ensuite au rouge. Il se forme d’abord à froid; du sul fate de soude et du chlorure de fer. Par la chaleur, le chlorure est transformé , en vertu dela décompositionde l’eau; en acide hydrochlorique, qui se dégage, et en oxide:de fer, qui reste mêlé au sulfate de soude. Il se dégage peti d'acide sulfureux et de chlore, en opérant ainsi. La ealci= nation se fait très-bien dans un four à réverbère. La masse restante, traitée par l’eau, s’y dissout en très-grande partie , en laissant un ré$idu de peroxide de fer. L'eau ne contient que du sulfate de soude, qu'il est facile d'obtenir pur par cristallisation, ou même par simple évaporation: a quelques fabriques du Nord, on obtient lesulfate de soude de cette manière. tte «La
Sel marin et pyrite: Un atome de bisulfure de fer, contenant deux atomes dé soufre, pourrait produire deux atomes d'acide sulfurique, et par suite décomposer deux atomes de sel rharin; ce quirevieht à dire que cent parties de pyrite pourraient suflire pour transformer en sulfaië deux cents parties de sel marin. Dans les expériences ten ,