LIV. V. CH. TI. SOUDE
tées par ordre du comité de salut public, on employa, pour cent de pyrite, soixante seulement de sel marin ; maïs on s’assura que la pyrite était: loin®d’être: entiéremient ‘émiployée: Les matières mélangées devraient être soumises à un:prillage modéré au frais réverbère. Le résidu lessivé fournirait du sulfate de soude. Dans ce procédé, le soufre, sous l'influence de la chaleur, de l'air et du sodium, se transforme en acide sulfurique. Le sodium, qui passe à l’état de soude, se combine avec cet acide. Enfin le chlore du sel marin , se combinant avec l'hydrogène de l’eau ou des gaz que produit le combustible, passe à l’état d'acide hydrochlorique. On obtient en outre de l'acide sulfureux, provenant d’une portion de soufre incomplètement brülée. :
Le mélange pourrait être grillé en tas, soit après l’avoir mêlé avec de la houille, soit en le salée avec des fagots. Je ne crois pas que ce procédé ait Jamais été pratiqué en grand. ÎT est probable que, dans certaines localités, il peut donner des résultats avantageux.
1292. Le sulfate de soude étant préparé, il faut le transformer en soude. Pour cela, il existé encore plusieurs
rocédés.
Sulfure de sodium et acide carbonique. Rien de plus facile que de transformer le sulfate de soude en sulfure de sodium , rien de plus aisé que de transformer le sulfure de sodium en bicarbonate de soude; enfin rien de plus simple que de ramener celui-ci à l'état de carbonate neutre. Mais chacun pourra calculer les avantages que peut offrir ce procédé dans une exploitation en band:
Pour se procurer le sulfure desodium , on prend du shle fate dé soude et du charbon, que l’on he bien, et on chauffe le mélange au rouge. Hllée dégage du gaz dxide de carbone , et il reste du sélÉaE de sodium. Pout vingt parties de xobe de soude ; il faut en employer au moins trois de charbon. Le résidu dissous dans l’eau, ne peut être converti en entier en carbonate de soude, qu’à la faveur d'un grand excès d'acide carbonique. Sous l’ influence de l’acide carbonique , la décomposition de l’eau s'opère; l’oxigène de l’eau oxide le sodium qui passe à l’état de carbonate de soude. L’hydrogène de l’eau s’unit au soufre qui passe à Vétat d'hydrogène sulfuré (x); mais , comme il est indis-
(1) Ce dernier gaz porté sous un foyer s’y brûle, forme du gaz
pensable d'employer un excés d'acide carbonique, c’est du bicarbonate de soude qui se produit. On peut se procurer l'acide carbonique’, soit en brûlant du poussier de charbon dans un tube où l’on foule de l'air, soit en calcinant dé la pierre à à chaux ou un mélange de fière et d'argile dans des tuyaux de fonte. Dans ce dérhtes cas, on fait Faut, chaux hydraulique artificielle. L’acide carbonique obtenu est porté sur le sulfure de sodium dissous dans l’eau. On réussirait, sans doute, en opérant sur lesulfure de sodium humide et très divisé, ce qui éviterait toute pression. Au bout de quelque temps, le sulfure de sodium est transformé en bicarbonate. On le purifie alors par cristallisation, et on le calcine légèrement, au four à réverbère, pour le ramener à l’état de carbonate neutre.
Nous indiquons ici cé procédé, quoiqu'il ne puisse réussir probablement que he des circonstances très-particulières.
Sulfate de soude, Jer et charbon. C’est au moyen de ces matériaux que de père Malherbe, bénédictin, proposa . de seprocurer la soude, en 1775. On employa ce procédé : à Javelle pendant la eee M. Alban fit l'expérience devant les commissaires du comité de salut public, en employant 100 kil. de sulfate de soude calciné, 20 kil. de charbon en poudre, 11 kil. de braïse et 33 kil. de rognures de tôle ou de fer-blanc. On mêla d’abord le sulfate At soude
et le charbon en poudre, et on les chauffa au four à réverbère, de manière à: convertir le sulfate en sulfure de. soda Celui-ci étant bien Hquide, on y jeta 20 kil. de fer, et on brassa fortement, et à diverses reprises. La masse se gonfla et bouillonna, et le fer fut bientôt dissous. On ÿ ajouta 8 kil. de ddiee qui occasionèrent un dégagement d'hydrogène sulfuré. Quelque temps après, on joignit au mélange le reste du fer et le reste de la braise ; ôn continua à brasser souvent , et'avec soin, tant que dura le dégage-
sulfureux , et peut alors être lancé qu l’air :sans brand à inconvénient. Il n’en serait pas de même de l’hydrogène. NA à. cause de son odeur. En brûlant ainsi le tiers de l'hydrogène autfUré en— voyant le gaz sulfureux formé, et les deux tiers restant de 'hydrogène Rire dans une NN bré maintenue UE on $e-pro= cürerait presque Là totalité du soufre!
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ment d'hydrogène sulfuré. Celui-Ci ayant presque cessé, et la masse étant en fusion tranquille, on coula la matière hors du fourneau : elle pesait 107 kil. Cette matière est formée de soude pure et anhydre et de sulfure de fer; elle est d’un beau noir, caustique, à cassure striée et mélallique; elle se délite à l'air.avec chaleur, et sy recouyre d’eflorescences jaunes d’oxide de fer. T'raitée par l’eau, on en retira assez de soude pour former 100 kil. de carbonate de soude. ar
La théorie de l'opération est loin d’être nette. Il est probable qu'il se forme un sulfure double de sodium et de fer, et qu'on n'obtient que la moitié de la soude que la matière employée pourrait produire. Le sujet demanderait de nouvelles expériences. Nous nous serions moins étendus sur ce procédé, si l’on n'avait constaté que l’on pouvait substituer au fer un mélange de minérai 4 fer et de charbon en proportions convenables.
Procéde de Leblanc.
1203. C’est celui qui est généralement suivi en France maintenant, 1] repose sur la transformation en soude que le sulfate de soude éprouve quand on le calcine avec des proportions convenables. de charbon et de craie. Voici le tableau de cette réaction remarquable, sur laquelle les tàtonnemens ont amené précisément au résultat que la théorie la plus déliée aurait pu indiquer elle-même.
Produits employés.
2 at. sulfate de soude sec — 1784 ou bien 41
3 at. carbonate de chaux — 1803 44
18 at. charbon — 635 15
= Produits obtenus.
à at. carbonate de soude sec — 1332 ou bien 30
.Iat. chaux | pig F 2 dt. sulfuré dé calcium { COMPMES = 1270 ASIE 20 at: oxide de carbone Æ 1950 40,5 bol 49h e 4352 1007
On voit, par ce tableau, que lorsqu'on calcine, parties
égales de sulfate de soude sec et de craïe, avec la dose indiquée de charbon, il se forme des produits dont on peut expliquer la production, en supposant d'abord que le sulfate de soude et une partie de la craie, Se transforment en sulfate de chaux et carbonate de soude. Comme, en dissolvant la matière dans l’eau, on reproduirait le sulfate de soude et la craie, on ajoute le charbon pour décomposer le sulfate de chaux. Muis, il faut observer encore, que si on mettait deux atomes de craie seulement, et que le sulfate de chaux fut transformé en sulfure de calcium par le charbon, en dissolvant dans l'eau, celui-ci serait décomposé par le carbonate de soude, et on aurait encore de la craie reformée et du sulfure de sodium. C’est ce qui n'a plus lieu quand on fait usage de trois atomes de craie, parce qu'alors il reste un atome de chaux libre, et que celui-ci, combiné avec les deux atomes de sulfure de calcium, produit un composé insoluble dans l’eau froide. Ainsi, le carbonate de soude formé, se dissout seul, et échappe en entier à la réacuon du sulfure produit.
On voit, par là, que tout le secret de cette fabrication qui a exercé une si grande influence sur notre commerce, repose sur l'emploi de proportions convenables et atomiques entre la craie et le sulfate de soude. Quant au charbon, la dose peut varier; en effet, 1l faut en mettre plus que le calcul n’en indique pour remplacer celui qui est brûlé pendant l'opération ; d’ailleurs, un excès de charbon ne peut nuire qu'en rendant caustique une partie de la soude, inconvénient de peu d'importance. . |
Ceci conçu, voici le dosage employé par Leblanc et les produits obtenus.
1000 sulfate de soude sec, 1000 craie,
550 charbon ,
2556 mélange employé , 1530 soude brute obtenue,
-000. carbonate de soude cristallisé provenant de celle-ci, 1000 résidu insoluble Jaissé par la soude brute.
La fabrication de lasoude, aumoyen du sulfate de soude, par le procédé de Leblanc, est donc une opération nette