‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 155 sur 218 · LIV. V. CH. LIT. SOUDE · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. LIT. SOUDE

eten quelque sorte sans difficulté, Il n’en est pas de même de la fabrication du sulfate de soude, opération très-facile en elle-même, mais accompagnée de graves embarras, en raison de la production d’une énorme quantité d'acide hydrochlorique, dont il est impossible de trouver l'emploi, et dont il est difficile d'opérer la condensation sans de grands frais. Il faut donc distinguer dans la fabrication de la soude, les manufactures qui recueiïllent l’acide hydrochlorique , et celles qui le laissent perdre.

On se procure toujours en France, le sulfate de soude par l’action de l’acide sulfurique sur le sel marin. Cette circonstance explique la position des principales manufactures de soude ; c’est à Marseille où elles ont trouvé le sel marin en abondance, et où le soufre nécessaire à la fabrication de l’acide sulfurique, arrive si'aisément, que toutes les grandes fabriques de soude se sont fixées.

Quand on veut récolter l'acide hydrochlorique, on peut se sérvir des appareils déjà décrits (57); mais dans les fabriques montées sur une grande échelle, on employe des dispositions qui permettent de produire de plus grandes quantités de sulfate de soude, quoiqu’elles aient d’ailleurs l'inconvénient de ne condenser qu'une partie de l’acide formé. La plus simple consiste à chauffer le mélange de sel marin et d'acide sulfurique dans un four à réverbère et à diriger la fumée au travers d’une ‘série de condenseurs, au sortir desquels elle est jetée dans la cheminée d’un four à soude qui lui sert d'appel. Quand on adopte cet appareil, il faut nécessairement faire la transformation du sulfate en soude dans un four particulier. Dans les fabriques qui sont montées sur une grande échelle on trouve en général trop peu d'écoulement à l'acide hydrochlorique, pour qu'il soit possible de le recueillir. On cherche alors à le condenser, afin d'éviter les dommages qui en pourraient résulter pour la végétation des terres voisines, et pour cela le moyen le plus simple consiste à diriger les fumées dans une vaste chambre remplie de blocs de carbonate de chaux; de là, elles passent dans un Tong canal dont les paroïs sont faites avec ces mêmes blocs, et quand on le peut, on adosse ce canal à une colline, de manière à le faire servir en même témps de cheminée. Dans Îe cas contraire, il faudrait élever à l'extrémité une cheminée d’appel pour la fumée.

Quand on a des masses convenables d’eau à consacrer à cette condensation, il est toujours possible d’ ÿ parvenir, Il suflt pour cela, comme l’a proposé M: Clément, de faire passer les gaz au travers d'une tour remplie de cailloux qui sont sans cesse arrosés par ‘un filet d’eau. |

Mais il faut l'avouer, dans le procédé ordinaire de fabrication, la dépend présente des diflicultés presque insurmontables. En effet, on fait dans le même four la soude brute, et le sulfate de soude. Le tirage qu'exige, la fabrication de la soude, est si grand qu il est pour äinsi dire impossible d'y appliquer avec succès aucun de ces moyens de condensation, sans nuire au succès de l’opération, D'un autre côté ce système présente des avantages que les détails suivans permettront d'apprécier. 4

Le four double est un four à réverbère dont la sôle est divisée en deux compartimens elliptiques, et dont la voûte est trés-surbaissée. La première section de la sôle a dix pieds de long sur huit de large; elle est destinée à la fabrication de la soude, La seconde section a huit pieds delong, sur sept de large; elle est réservée à la formation du sulfate. Pour la soude, la sûle est faite en briques; pour le sulfate , la sôle est toujours en grés. Celle-ci ne dure mème que quelques mois, étant rongée par l'acide sulfurique. On donne au foyer quatre pieds de longueur sur deux pieds de largeur.

Dans un pe semblable, on décompose en vingtquatre heures, 1600 kilog. de sel marin, au moyen de 2000 kilos. d'acide sulfurique à 5o°. Il en résulte 2000 kilog. de sulfate de soude sec.

Dans le même temps, les 2000 kilog. de sulfate de soude, mêlés avec 2060, où mème 2100 kilog. de craie, et 1000 ou 1060 kilog. ur) charbon, sont transformés en soude, et en fournissent 2800 kilog. de bonne qualité. Chaque ‘opération dure deux REG et on opère sur 400 kilog, de mélange à soude. :

Ces données pratiques s’aécordent avec le calcul. Sous ce rapport, il reste donc peu de chose à faire. Mais ce qui montre combien est grand l’ avantage que présente l’em-

loi des fourneaux doubles, c'est que la consommation du combusuble,.qui est de 12 hectolitres de houille en VIRE AUAIE heures. pour un fourneau simple, n'est pas

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