CHAPITRE VII
A lun.
1207. Nous avons déja fait suffisamment connaître la : composition et les propriétés de l’alun, ilnous reste à nous occuper de la préparation en grand de ce sel. Jusques au quinzième siècle, tout l’alun consommé en Europe nous est venu du Levant, C’est à Rocca, aujourd'hui Edesse, en Syrie, que cet alun dit de roche, était fabriqué. Jean
ALUN. 47a* de Castro, Génois, qui avait eu l’occasion de-voir la fabrication de l'alun en Syrie, fut frappé de l'abondance du houx aux environs de la Tolfa; il avait observé la même chose en Syrie, et il fut conduit à rechercher à la Tolfa le minerai d'alun qu’il ne tarda pas à y découvrir. Dès ce moment, la fabrication de l’alun fut acquise à l'Italie. Plus tard, dans le seizième siècle, on découvrit l’art d'extraire l'alun au moyen des schistes pyriteux. Enfin, pendant la révolution française, les progrès de la science ont permis de faire de l’alun de toutes pièces; c’est ce que M. Chaptal a réalisé le premier, On peut se procurer l’alun par l’un de ces procédés qui sont encore en activité aujourd'hui, en divers lieux. Dans les pays volcaniques on rencontre parfois de l’alun tout formé qui résulte vraisemblablement de la réaction de l'acide sulfurique sur les laves qui renferment à la fois la potasse et l’alumine nécessaires ; l'acide sulfurique étant lui-même produit par la combustion du soufre avec le contact de l’air humide. Cet alun peut aussi provenir de la calcination du minérai connu sous le nom d’alunite, calcination que la chaleur du volcan opère aisément. Quoi qu'il en soit, on trouve de l’alun tout formé à la Solfatare , on en trouve aussi en Auvergne, etc, Parmi ces aluns natifs, il faut distinguer celui de la grotte d’alun du cap de Misène près de Naples : une efllorescence continuelle le produit sur les parois de la caverne, en petites houppes soyeuses mèêlées de grains cristallins. À la Solfatare, cet alun vient s’effleurir à la surface du sol; on augmente ces efflorescences en formant avec le terrain des murs, des grottes, ou en prenant toutes les dispositions qui multiplient les surfaces. Pour extraire l'alun, on prend les portions du terrain, qui paraïssent assez chargées , et on les lessive. Les liqueurs de lavage sont soumises à l’évaporation dans des chaudières de plomb que l’on enfonce dans le sol, dont la température est de 4o°. Par une première cristallisation, on se procure aïnsi des cristaux d’alun impur, que l’on redissout et que l’on fait cristalliser de nouveau,
Mais ce procédé ne fournit que des quantités d’alun si faibles qu'il estinutile d’y insister. La presque totalité de l’alun du commerce résulte des traitements suivans : 1° on se procure du sulfate d'alumine, soit par l’action directe