‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 159 sur 218 · Â66* LAV. V. CH. VI, ARGILÉS · texte numérisé non relu

Â66* LAV. V. CH. VI, ARGILÉS

Les argiles sont infusibles par elles-mêmes, mais elles le deviennent par l’action de la potasse, de la soude, de la baryte, de la chaux, des oxides de plomb, de fer ou de manganèse et d’un grand nombre d’autres. Dans la nature, on trouve des mélanges argileux contenant de la chaux, des oxides de fer ou de manganèse , et la présence de ces substances , lorsqu'elles y sont en quantité suflisante, rend les argiles fusibles.

Non-seulement l’action du feu durcit les argiles et tous Jes mélanges terreux dans lesquels cette terre domine par ses propriétés, mais elle leur fait éprouver une diminution de volume nommé retrait, qui varie selon les circonstances. En diminuant de volume elles perdent une partie de leur poids, ce que l’on doit attribuer en partie à l'eau qu'elles retiennent avec une grande force, et qu'elles n’abandonnent totalement que par un feu violent.

Les argiles doivent à cette aflinité pour l’eau, une autre propriété qu'on remarque dans la plupart de leurs variétés : c’est la faculté d’absorber ce liquide avec vivacité et mêmesifllement, et de s'attacher à la langue en s'emparant . promptement de l'humidité qui est constamment répandue à sa surface. On dit des argiles et de quelques autres pierres qui ont cette faculté, qu’elles happent à la langue. Enfin, Ja plupart des argiles sont douces au toucher, se laissent couper au couteau, et même polir avec le doigt.

Les matières qui altèrent la pureté des argiles sont la silice, l’oxide de fer, le carbonate de chaux, la magnésie, le sulfure de fer et les combustibles végétaux, en

artie décomposés. La silice leur donne de l’âpreté; elle re Ôte quelquefois leur liant et leur ténacité. L’oxide de fer les colore et leur donne de la fusibilité, soit avant, soit après l’action du feu. Le sulfure de fer, en se décomposant; y introduit de l’oxide de fer.

Le carbonate de chaux, en quantité suffisante, leur donne Î1 propriété de faire effervescence avec les acides, et leur communique une grande fusibilité. Enfin la magnésie leur imprime quelquefois un caractère particulier

‘ d’onctuosité.

Voici lés principales variétés d'argile.

1° Collyrite. C’est une argile infusible, blanche, assez tenace, laissant suinter l’eau par la pression ; elle retient

ce liquide avec une très-grande force. Elle se sépare, par la dessication en prismes basaltiques, comme l’amidon. Elle est absolument infusible, et se délaye sans effervescence , dans l'acide nitrique. Elle absorbe l’eau avec sifflement et devient transparente à la manière des opales, en tout ou en partie, Cette argile est composée de :

vat. alumine —= 643,33 ou bien 42,46

1 at. silice 2110500 15,1 12 at. eau = 675,00 44,40 1 at. collyrite —1510,93 100,00

2° Kaolin. Les kaolins sont friables et maigres au toucher, et font diflicilement pâte avec l'eau. Séparés des parties étrangères auxquelles ils sont mélangés ordinairement , ils sont absolument infusibles au feu des fours de porcelaine, et n’y acquièrent point de couleur; ils y durcissent comme les autres argiles, et peut-être encore plus qu'elles, mais ils n'acquièrent pas d'aggrégation, du moins lorsqu'ils sont purs. Les vrais kaolins sont presque tous d'un beau blanc; quelques-uns tirent sur le jaune ou le rouge de chair ; plusieurs de ces derniers acquièrent, par le feu, une teinte grise, qui ne permet pas de les employer dans la fabrication de la belle porcelaine; la plupart présentent des parcelles de mica qui décèlent leur origine. Presque toutes ces argiles sont évidemment dues à la décomposition de la Pegmatite, roche composée de felspath et de quarz.

Voici l'analyse de quelques kaolins, par M. Berthier.

Saint-Yrieix. Schneeberg près Limoges. cn Saxe,

Nine: Les Ce OO +. 4070) MitimEIe. che dt esha ee Teens A Le Potaeess. See, ee sci per ge Peroxide le fer21, 7. 4 Mo,0, UP OT LS PAR AS LE RÈR 19, OT AIMONS

996 99,4 Le kaolin de Saint-Vrieix, lavé et sec, contient donc 56 desilice et 44 d’alumine, ce qui le rapproche beaucoup d’un silicate d'alumine contenant autant d’oxigène dans la

UP To

À6S* LIV, Ve CH: VI. ARGILES.

base que dans l'acide, Celui-ci serait formé de 48 alumine et 52 silice. Rose a analysé un kaolin qui lui a offert cette composition. | #; 3° Argile plastique. Elle est compacte , douce et presque onctueuse au toucher; elle se laisse même polir par le doigt. Lorsqu'elle est sèche, elle prend beaucoup de liant avec l’eau, et donne une pâte tenace, que les ouvriers nomment longue; quelquefois même elle acquiert dans l’eau un peu de iranslucidité. Elle est infusible au feu de porcelaine, et y prend une grande solidité.

Parmi ces argiles, les unes restent blanches, ou même perdent leur couleur au feu de porcelaine : les autres deviennent d'un rouge quelquefois assez foncé.

Sous le rapport de la composition , l'argile plastique se divise en deux variétés bien distinctes, En voici quelques exemples, d’après M. Berthier.

Pervxide Silice. |Alumine.

Argile plastique. Usages.

fer.

RSR Dr | ÉRRSEURSERNENS (NDS EEE

De Forges-les-Eaux 73 27 trace. |[Creusets de verrerie.

De Saint-Amand..…..| 73.3 | 24 b;7 |Grés.

De Stourbridge..……| 73,4 | 24,6 | 2,0 |Creusets pour verre et acier.

De Montereau......| 73 27 trace.

Dans cette variété, la silice contient trois fois l'oxigène de la base. Dans la suivante elle n’en contient que le double environ.

me manger CS Feroxide Argile plastique. Silice, |Alumine.| de Usages. fed.

POERRERERGUEER FRAC | ceennEesasnEs | Pons EenR AUS TL ARNIRLEUEER

D’Abondant .…......| 59 At trace. |Cazettes à porcelaine,

Du Devonshire......| 57 Â3 |trace, [Faïence fine anglaises

D’Audennes, près | | Namur ..…........| 64,3 | 33,3 | 2,5: |Creusetsä laiton:

4° Argile smectique ou terre à foulon. Elle est grasse au toucher, et se laisse polir avec l’ongle; elle se délite promptement dans l’eau, y forme une espèce de bouillie, mais n’y acquiert pas une grande ductilité; elle contient souvent de la magnésie; quelques-uns de ses caractères extérieurs paraissent être même, une suite de la présence de cette terre qui communique ordinairement une sorte d’onctuosité aux pierres dans lesquelles elle entre en certaine quantité.

Les couleurs de cette argile sont très-variables. La plus ordinaire est le gris jaunâtre et le vert olive; il yena aussi de brunes, de couleur rouge de chair; sa cassure est aussi très-variable, tantôt raboteuse, tantôt schis« teuse, quelquefois conchoïde. |

Elle est assez compacte et happe très-peu à la langue. Plusieurs variétés d'argile smectique noircissent par un premier feu, et deviennent blanches ensuite; ce qui indique la présence d’une matière combustible. Enfin, elles se fondent à un feu plus violent.

5° Argile figuline. Ces argiles ont presque toutes les propriétés extérieures des argiles plastiques; beaucoup sont comme elles douces au toucher, et font avec l’eau une pâte assez tenace ; mais elles sont en général moins ‘compactes, plus friables ; elles se délaïent plus facilement dans l’eau. Plusieurs aussi sont très-colorées, et loin de perdre cette couleur par la cuisson, elles deviennent souvent d’un rouge très-vif ; enfin, elles ont une cassure 1rrégulière , rabotéuse et nullement lamelleuse. Quoique douces au toucher, elles n’ont pas ordinairement l’onctuosité des argiles à foulon. Quelques-unes font une effervescence légère avec les acides, et ces dernières se rapprochent tellement des marnes qu'il est difhicile de les distinguer. C’est la chaux et le fer que ces argiles contiennent qui les rendent fusibles à une chaleur souvent fort inférieure à celle que les argiles précédentes peuvent supporter sans altération. Ces argiles sont employées dans la fabrication des faïences et poteries grossières, à pâte poz reuse et rougeatre.

Voici l'analyse de deux de ces argiles.

Argile de Provins, Arsile de Livernon (Lot), d’après M. Aubert. d'après M. Berthier.

Shoes: sv cotuir mal ere UT 45060 Alumine., 6 à * 37. ds Th ue et :é 30 Péroxide defense 0 nt 4 TO

COST. à ASE NS LATE NETNE SE TS 2,4

5° Argile-marne. Elle varie en consistance, mais elle n'est jamais assez dure pour ne pouvoir point se délayer dans l’eau; elle est au contraire plus ordinairement trèsfriable, et même quelquefois pulvérulente. Le passage de l'humidité à la sécheresse suflit souvent pour en désunir les parties; elle tombe en poussière dans l’eau, et forme avec elle une pâte qui n’a point de liant. Elle fait une violente effervescence avec l'acide nitrique, et souvent cet acide dissout plus de la moitié du mélange. Elle se fond facilement au chalumeau. Sa cassure est toujours terreuse, sa texture est souvent feuilletée, et dans ce cas elle ne se distingue de l'argile feuilletée que par l’action de l’acide nitrique et par sa fusibilité facile.

Voici la composition de quelques marnes, analysées par

M. Buisson.

De Belleville, De Viroflay ,

près Paris. près Versailles, Silice. L2 L Li 1 2 L2 46. L1 Li . L2 e. LA L 29 Aluminesl «Ms ec cETetors sfPote «1

Peroxide. de: fer, 11. 6.414 . 7 0 6 Garbide dhaux 08 6, 2, 02

©€-0-2-0-2 ©-2-0-D 0-2-0-0-0-6-0-D-2-C- D 08-DO-00-0-C-0-D C-0-5-2-2-S 00-0L-00-0E CL-0L2-0-MDE-DO-5-D- 5-0 2D00 00.060 DE 00.6

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