LIV. Ÿ. eff. X. CROWN-CLASS
particulier. Elles se font absolument comme on le verra plus loin pour le verre à vitres.
Le verre de Bohème est employé depuis long-temps pour faire des vitres de prix pour les grands hôtels, pour garnir les portières de voiture, pour couvrir les dessins, et en général , pour. tous les usages qui rendent indispensables une épaisseur de plusieurs lignes, sans coloration. Le cristal et le verre de Bohème peuvent seuls supporter un travail en tables épaisses , sans que leur couleur devienne sensible. : 3
Comme le verre de Bohëme se fabrique à pots ouverts, on ne peut guère le fondre au charbon. Quelque soin qu'on prit, la fumée de ce combustible colorerait toujours sensiblement le verre et en détruirait la belle limpidité. La fonte s’en fait donc au bois.
Ce verre a été introduit dans le commerce par les verriers de Bohême. C’est de là qu’il tire son nom. |
1414. Crown-glass. Ce nom qui signifie en anglais verre en couronnes désigne l'espèce de verre qu’on façonnait en Angleterre, en vitres circulaires, par l’äncien procédé de soufflage. On avait d'abord cru désigner par là, dans les ateliers d'instrumens d'optique, un verre commun quelconque, dont la réunion avec le cristal ou flint-glass pro-
ecurait les objectifs achromatiques. Mais une étude attentive a montré que le crown-glass ne peut s’obtenir qu'avec une seule composition vitreuse, lorsqu'on veut lui donner toutes les qualités exigées par les besoins de l'optique.
En effet, le crown-glass doit offrir une limpidité parfaite, il pe être assez incolore pour qu’une lentille trèsépaisse ne présente aucune trace de coloration. Il doit être absolument exempt de stries où de bulles. Ilne doit jamais offrir de nébulosités laiteuses. Enfin , il doit con-
»server toutes ces qualités, même quand on le travaille en masses fort Spa:
. 1415, Ce n’est pas chose aisée que d'arriver à coup sûr
CROWN-GLASS: 58) à la fabrication du crown-glass, en grandes masses. Il est évident que pour avoir du crown sans couleur , on doit se servir de potasse et non de soude. Quand bien même la soude donnerait un verre incolore, elle devrait encore être mise de côté, par latfadilité avec laquelle le verre à base de soude se dévitrifie, ce qui rendrait les masses épaisses -qui exigent un long recuit, tout-à-fait laiteuses et remplies de nodules cristallins et opaques.
C'est donc un verre à base de potasse x Sans oxide de plomb, qui doit constituer le crown-glass. Si l’on formait un verre simple à base de potasse, on n ’aurait pas de dévitrification à craindre, mais le verre serait soluble à l’eau bouillante et par conséquent hygrométrique. C’est un inconvénient grave , car alors le verre des lunettes se ternit sans cesse par le dépôt d’une couche de vapeur aqueuse, puis, au bout de quelques années , il se trouve altéré et dépoli.
On évite cet inconvénient en ajoutant au verre à base de potasse, une certaine quantité de chaux, mais alors on retombe dans l'inconvénient tout aussi grave d’une dévitrification facile. Le verre à base de potasse et de chaux, soumis au recuit prolongé qu’exigent les blocs épais destinés à produire les grandes lentilles, peut prendre l'aspect laiteux qui indique un commencement de cristallisation dans la masse.
Ainsi la fabrication ‘he crown et celle da flint, verres indispensables l’un et l’autre à la confection des objectifs achromatiques, présentent tous les deux les difficultés les plus graves, quoique par des motifs bien diflérens.
.1416.Laconsommation du crown-glass n’est pas très-considérable rm toutefois elle n’est pas sans intérêt pour Paris, à cause dela fabrication des lunettes de spectacle, des lentilles grossissantes et des instrumens d'astronomie. Depuis long-temps, le croyrn-glass que nous employons est tiré d'Angleterre ou d’Allémagne , et quoique nous ayons placé ln sains de gi Mid
5gô L1Ve Ve Ce X, VERRE
sence totale de couleur, néanmoins ces deux pays he nous fournissent. que dn erown légèrement coloré. Le crown anglais est verdâtre, le crown allemand jaunâtre.. Mais dans l’un et l’autre la teinte est assez faible pour qu’elle n’en alière pas sensiblement les foppicrés. Q
MM. Thibeaudeau et Bontemps ont entrepris dans la belle verrerie de Choisy, des recherches suivies sur la fabrication du crown. Nul doute qu’ils ne parviennent à Pob- . tenir régulièrement, comme ils sont déjà parvenus à obtenir le flint, et alors la France. cessera de sé pourvoir à l'étranger de ces deux produits si nécéssaires à la fabrication des instrumens d'optique,
IL est probable qu'un verre de Bohème pauvre-en chaux, bien afhné, bien incolore et souflé ou coulé.en lames épaisses, doit se rapprocher du meilleur crown ou même le réaliser. Nous le répétons , une seule chose est à craindre dans ce travail, c’est la dévitrification , et il n'est pas impossible d'éviter cet écueil, quand on aura d’ailleurs comparé avec soin la composition des divers crowns reconnus comme bons et qu'on aura calculé les mélanges d’après cette base. ne
Les réflexions auxquelles nous nous sommes livrés précédemnient nous dispensent de plus longs détails à ce sujet.
du
Verre à vitres.
1417. On en distingue de deux sortes : le verre blancetle verre demi-blanc. Cette diflérence de teinte n’est pas indifférente à établir ; car, bien que la composition de ces deux sortes de verre soit à peu près la même, néanmoins : leurs usages doivent être#distincets : le prentier sHpprRe toutes sortes d’ applications, le second ne peut servir qu'aux objets | qui n'ont qu’une faible épaisseur. Dans la plupart des verreries,«on fabrique simultanément ces deux variétés, et on le concevra trt$-bien en HORS que tous “les Me Ka de fabrication du verre blanc et même Le pi-
| A VTRESS bor cadit, c'est-à-dire, la matière vitreuse qui “à écoulée “autour de la base du creuset, et qui s’est fortement salie en attaquant les briques du fourneau peuvent être em-
+ ployés dans la fabrication du verre demi-blanc.
Ces deux qualités de verre renferment essentiellement de la silice, dela soude, ou, plus rarement, de la potasse et de la chaux. On y M mais d'uné manière accidentelle, de l'alumine, de l oxide de fer et de l’oxide de manganèse. %
Le verre à vitre blanc ou en table est fs toutes les espèces, celui qui $e fabrique le plus généralement , soit pour faire les vitres, soit pour la confection des cylindres employés à couvrir les vases à fleurs, les pendules, etc. ; c'est encore cette espèce de verre qui sert à couvrir les estampes , à garnir Îles portières de voitures, à faire les plateaux Red etc: + |
1418. Préparation.En voici diverses compositions : elles sont très-variables, parce que dans ce verre on remplace la soude et la potasse par des quantités proportionnelles de chaux qui changent selon le gré du fabricant, et qui doivent aussi varier selon l'allure du fourneau. Voici ane composition française qui donne un verre de belle qua- 1ité : Fr Mi oh
Sable. ;. 5 #4 ,.:, 7. 100 parties aie al. ae 95 à 0 Carbonate de soude sec. . . 35 à 30
Craie du de 1e de ba 0100
Peroxide de manganèse. + 0,25 did à L quelquefois.
MURÉRICES sue Hire gas 0328 |
M. Bastenaire indique lés trois compositions suivantes,
‘qui sont trop riches en alcalt, et trop pauvres en chaux:
” Première composition.
Vo pue No rade nlane OM 22 2. 100 Darlien Bonne potasse. . e 0 . C e 1) à e. 65 Chaux éteinte à l'air, , 4, 7," 6
So LIV, Vs CH. X. VERRE
AN | Calein de verre blanc. .... : 50 j . Oxide d’arsenic. a ad à | à get haie Fa ]
de de manganèse. v,.:#he; dede à 0,30
Deuxième Van an
Sable trés-blanc. . ü+ = + 7 + + 100 o parties. Bonne soude. . . . : ee 110 40 | Oxide: rouge: de plomb ou miniüm 5.
Calcin de même composition. He à: à + Li Carbonate de chaux. . . . Feu "46
OxIdE de manganèse. CES et .7eéd
» Troisième Meet
Sable | blanc. . ss Se 100 parties.
% Bonne soude. 4 4 + #u « + +" O0
PU MC rhonate de CHAURS Ÿ es de D LU re n s ÉCRAN re é
Oxide de manganèse. 4, , . 0,20 : |
OK c"de cobalte er hr ie ÉO
| . 1419. On a essayé de fabriquer ce verre par le sel marin lui-même, et M. Marcel de Serres donne la recette suivante, comme ay: ant été employée en Allemagne : :
“igdier Haies ... . 100 parties, Dear der ie # Chaux. ; . 4 + + « 6 $ 7x ,
. Îlest vraisemblable qu'on n’a obtenu quelque succès qu'en frittant ce mélange humide, et répétant cette opération plusieurs fois; car on sait que la silice-ne peut éspaposs le sel marin que sous l'influence de l’eau.
.Ona dit que le mélange précédent était peu profitable, mais qu'il était avantageux de joindre le sel marin aux fondans ordinaires ; cela se peut, mais il est permis d’enf douter. La recette suivante, qui est, dit-on, en usage en
# Écosse, montre assez le peu d’ utilité 6 du sel marin :
ge
uw)