LIV. V. CH. X. CRISTAL
C'est par économie que l’on fait cette diminution de minium que la nature du chauffage permet. Il est facile même, on le conçoit, de réduire le minium de beaucoup, mais c’est toujours aux dépens de la beauté des produits. On doit donc se contenter du dosage suivant et ne pas aller
au-dessous , si l'on veut avoir de beaux produits, .
Sable nn Ue AUOT EN « 300 parties.
DD anis DNA Be
Carbonate de potasse purifié.. 120
Gros ut it UE no r
Acide atsenieux, + ht 20 ON TO
Oxide de manganèse. : , . . 0,60
Les substances qui doivent composer le cristal étant mélangées, on les enfourne dans Jes pots : la matière entre en fusion au bout de quelque temps. On compte 14 heures de feu pour obtenir une fonte parfaite, et 14 heures pour le-travail du verre, en supposant qu'il s'agisse d’un pot capable de contenir 300 kilogrammes de mélange.
1450. Facon. Le cristal se travaille dela méme mac nière que le verre ordinaire, mais il permet beaucoup de manipulations que celui-ci ne supporte que difficilement. Cela tient à la fusibilité du cristal, qui est plus grande et surtout à la difliculté avec laquelle le cristal se dévitrifie, ce qui permet dé lé ramollir au feu bien plus souvent que le verre commu. C’est même très-probablement, à la réunion de ces deux circonstances que le cristal doit le poli remarquable de ses surfaces , poli qui le place au pre- mier rang parmi les matières vitreuses.
En soufllant le cristal dans des moules de bronze, on obtient des vases qui présentent des reliefs ou des incrustations fort nettes, mais néanmoins faciles à distinguer, par leurs arêtes mousses, de celles que l'on obtient par la taille.
FLINTGLASS. ?. . Got
La faible dureté du cristal le rend plus propre à être taillé que tout autre verre. Cette opération, qui se divise en quatre époques distinctes, s'exécute pourtant avec une rapidité vraiment incroyable. On ébauche la pièce avec
» une meule de fer et du sable ; on l’adoucit ensuite avec une meule de grès qui fait déjà disparaitre Le grain grossier laissé par l'opération précédente ; enfin on polit la surface, d’abord avec une meule en bois et de la pierre ponce, et pour finir, avec une meule en liége et de la potée d’étain.
Depuis quelques années on dépolit, soit à l’intérieur, soit à l'extérieur, beaucoup de globes pour les lampes. On concoit comment le dépolissage extérieur peut se faire, mais celui qui s'obtient sur la surface intérieure ne saurait guère s’exécuter par le même procédé. Aussi s’exécutet-il tout autrement. On met dans ce cas, du sable d’un grain égal, dans le globe qu'il s’agit de dépolir. On dispose dans un tambour un certain nombre de ces globes et on donne au tambour un mouvement de rotation, au moyen duquel, la surface intérieure de tous les globes se trouve promptement usée et très-également dépolie.
Fint-glass.
1451. Le flint glass est comme on l’a vu cette variété de cristal que l’on consacre aux besoins de l'optique. Le flint doit avoir une grande densité, de 3,6 au moins. Il doit être
peu ou pas coloré; il doit être très-homogène, sans bulles
nistries, et cette dernière condition paraît fort difficile à remplir, quand on veut se procurer du flint en grandes masses, pour les lunettes astronomiques d'uneouverture un peu forte. %
Pendant long-temps, le flint paraîc avoir. été préparé par les fabricans de cristal, qui trouvaient çà et là dans
leurs creusets un cristal convenable pour les opticiens. Mais
622 LIV. V. CH. X. FLINT-GLASS, le problème de la fabrication constante et régulière du flint-glass restait toujours à résoudre, quand M. ar s’en est occupé. Cet artiste ingénieux est parvenu à produire des masses de flint, capables de fournir des objectifs de 12 pouces, dimension inconnue jusqu'alors. Son secret communiqué par lui au célèbre Frauenhoffer, a été exploité par eux pendant plusieurs années, sans qu’on ait pu le découvrir. Après leur mort, l’un des fils de M. Guinand , possesseur du. secret de son père, a continué la fabon du flint dans les environs de Neuchâtel. L'autre a vainement say d'en faire dans la belle verrerie de Choisy ; c’est après les tentatives inutiles de ce dernier, que MM. Thibeaudeau et Bontems, directeurs de cet établissement, sont arrivés à produire des masses de flint d’une dimension au moins égale aux plus belles masses de M. Guinand père. Il faut donc espérer que cette industrie va se trouver acquise à la France, et que nos opticiens n'auront plus recours pour leur flint aux fabriques étrangères.
1452. Préparation. La préparation du flint doit être analogue à celle du cristal ou du strass. Il est probable
qu on l’obtient avec des proportions plus ou moins analogues à celles-ci.
Sable DuUr.h ne hit 1 000 DAS A 0 Su 00 MORE. edia Ur Le D 100 NE NT PT ue LD Acide arsenieux. . . . . 0,45 " Oxide de manganèse. . . 0,60
Mais les quantités de borax peuvent être augmentées, et il paraît même utile de remplacer une partie de Ja silice par de l’acide borique.
1425. Facon. C'est surtout dans le tour de main, au moyen duquel on parvient à éviter que le flint soit strié
STRASS, | 63 ou bulleux, que consiste le secret de cette fabrication. On dit que M. Guinand père se procurait des masses brutes qu'il découvrait ensuite dans diverses directions, jusqu’à ce qu'il eût rencontré une portion bien pure. Il détachaït alors celle-ci, enlevait tous les points impurs, puis repassait au four pour ramollir la surface et réparer toutes les traces du travail. Il est assez probable que la fabrication s'effectue en effet d’une manière plus ou moins analogue à à celle-ci, car il paraît bien difficile d'obtenir à coup sur de R more masses de flint sans stries.
Strass incolore et strass colorés.
144. Depuis long-temps les chimistes avaient faitconnaître les procédés qui conviennent à la fabrication des . pierres artificielles pour la bijouterie. Merret, Néri, Kunckel, Orschal, Haudicquer de Blancourt, Montami et Leviel ont donné à cet égard des recettes plus ou moins praticables. Bullion et Fontanieu en onë donné de nouvelles, et ont établi l’un et l’autre, très-nettement, les principes de cet art. Ainsi, l’on connaît la ses dE où du strass depuis soixante ans au moins, et pourtant ce n est que dans ces dernieres années qu'on a formé en France des fabriques en état de rivaliser avec l'Allemagne, pour la préparation des pierres précieuses artificielles.
M. Douault Wieland a porté dans cette fabrication un zèle et une intelligence'si remarquables, qu’on doit le considérer comme le véritable auteur des perfectionnemens que la préparation du strass a éprouvés depuis peu. Mü par un sentiment digne d'éloge, et pensant avec raison que le travail publié sur cette matière par M. Fontanieu ‘était insuffisant et inexact, il n’a point craint de faire connaître les procédés qui lui étaient propres. ,
1455.Strass incolore. La base de toutes les pierres arüfigielles est le strass incolore, qui , coloré par des silicates
à bases métalliques, fournit les imitations des pierres colorées. Taillé sans addition, il sert à imiter le diamant.
Le strass se prépare avec la silice, la potasse, le borax et l’oxide de plomb. On ajoute quelquefois à ces matières de l'acide arsénieux, Comme on veut avoir un produit bien pur , il faut porter un grand soin dans le choix des matières premières.
Lä silice peut se prendre À l’état de cristal de roche, de sable ou de silex. Le cristal de roche donne un verre ie blanc ; le silex contient toujours un peu de fer, qui colore le verre en jaune; il en est de même du sable le plus pur. L'un et l’autre ont donc besoin d’être lavés avec l’acide hydrochlorique. Pour pulvériser et tamiser le cristal de roche ainsi que les silex, on les étonne en les faisant rougir au feu et les jetant dans l’eau froide.
La potasse ne doit pas être mélangée avec d’autres sels, M. Douault Wiéland choisit la plus belle potasse, ou bien il prend de la potasse caustique à l'alcool ; mais l’emploi da nitrate, de potasse me paraîtraïit bien préférable en raison de la pureté constante de cesel.
Le borax du commerce, celui de Hollande par exemple, produirait un verre brun ; il faut préférer l’acide borique cristallisé.
L'oxide de plombs’emploie à l’état de minium hé pur. La pureté absolue du carbonate de plomb, précipité du sous-acétate par l'acide carbonique, pourrait engager à à faire usage de la céruse de Clichy; elle donne un beau verre, en effet, mais qui n'est pas exempt de bulles.
Le He des creusets est bien important. Ceux de Hesse sont meilleurs que ceux de porcelaine. Les creusets colorent quelquefois la matière en jaune ou en brun, quand leur surface interne laisse échäpper quelques particules de fer. On na pas cet inconvénient à.craindre avec des creusets de po dure, mais ils se cassent ou se percent souvent, et ils sonttrop perméables.
STRASS 4 G25 Onsésert, pour fondre la matière, d’un four à potier ou
d’un four à porcelaine, et les creusets restent 24 heures environ au feu, Plus la fusion est tranquille et prolongée, plus le strass acquiert de dureté et de beauté. Si l'on a d’excellens creusets, on peut se servir du four à porce- ‘laine; maïs.quandon y fait trop de peus ; 1 faut se contenter du four à potier. N 1456. M. Douault a réussi à re de très-beau ire en employant plusieurs proportions. Les quatre mélanges suivans ont produit de bons résultats.