‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 212 sur 218 · LIV.-V. CH. KW RAFFINAGE · texte numérisé non relu

LIV.-V. CH. KW RAFFINAGE

mes, ct qu'elle est devenue parfaitement claire, on cesse

toute manipulation ; on retire le feu de dessous la chau-

dière, en laissant seulement dans le fourneau ce qu’il en

faut pour. l'entretenir jusqu’au lendemain matin à la

température d'environ 88° centigrades; elle devra alors marquer 67 ou 68° à l’aréomètre,

On se sert, comme à l'ordinaire, pour décanter labs queur, de puisoirs et de bassines à main, en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas troubler la liqueur, et en négligeant les dernières portions. On porte cette liqueur à mesure dans le cristallisoir (pl. 18, fig. 7 et 8), qu à cet effet on a soin de placer le plus près possible des chaudières de rafinage. Lorsquela totalité de laliqueur de la chaudière: y a été versée, on l’agite en y promenant des rabots, à l’aide desquels on lui imprime un légerfmou-

vement, pour faciliter le refroidissement. À mesure que la

précipitation du salpêtre cristallisé a lieu, on le ramène avec des râteaux le long des bords du cétellisoi en l'y amoncelant de manière qu’il puisse s’égoutter très-promptement, On enlève avec des pelles en forme d'écumoires les parties les plus élevées, dès qu’elles commencent à blan-

chir sensiblement, pour les porter dans les caisses de la:

vase. En retirant ainsi successivement le salpêtre à a Inesure

LA

quil se précipite en aiguilles extrèmement ténues, on a.

soin de ne pas ralentir un seul instant l'agitation de la liqueur , afin d'éviter qu'il ne s’y forme de plus gros cristaux. Lorsque sa température s'est abaissée de manière

à ne plus excéder qüe d’environ 4 à 5° celle du lieu où

l'on opère, c’est-à-dire au bout de 6 à 7 heures, tout le

salpètre qu'elle était susceptible de produire est obtenu. Au moyen de la double pente donnée au cristallisoir, la liqueur surnageante à la cristallisation se trouvant alors totalement réunie à l’une de ses extrémités , et dans le mi-

lieu de,sa largeur, il est facile de la retirer complétement.

avec des puisoirs. La quantité s’en élève à peine à oo ou

| DU NITRE. À 759 bio kilogrammes, et elle se trouvé au degré moyen de 45 à 48° à l’aréomêtre. L.

1556. Le salpètre retiré du: ristallisoie, et déposé dans les caisses de lavage (fig. roct 11), y est entassé de manière à ce qu'il s'élève de 14 à 16 centimètres au-dessus du niveau.de leurs bords supérieurs, afin de compenser ainsi l’affaissement qu'il devra éprouver par l'opération du Ja yage. On fait, avec des arrosoirs , sur chacune de ces Cais— ses ainsi pt et après en avoir bouché les trous du fond avec des chevilles , des arrosages successifs en eau saturée de salpêtre et en eau pure, jusqu’à ce que la liqueur qui s’en égoutte marque à l’aréomètre le degré de la saturation du salpêtre, correspondant exactement à celui de la température de l'atelier. Ce n’est qu’à ce terme, qui indique de la manière la plus certaine que tous les chlorures sont dissous et que l'eau de lavage ne se charge plus que de salpètre, qu’il convient de s'arrêter.

La liqueur de chaque arrosage doit séjourner environ deux ou trois heures sur lessalpêtre. Ce n’est qu'au bout de ce temps qu'on la laisse couler, en ôtant les chevilles , et que les trous doivent rester ouverts jusqu’ à égouttage complet, ou pendant environ une heure. |

Toute la liqueur provenant de l'écoulement du premier arrosage ainsi qu'une partie de celle du second, est mise à part comme plus chargée de substances étrangères pour être ultérieurement évaporée avec les eaux surnageantLes. Le surplus. est conservé comme ne contenant que du salpires et pouvant seryir par conséquent de nouveau au lavage de ce sel. La quantité d’eau de lavage à employer ne doit jamais excéder trente-six arrosoirs de dix litres chaque. On fait généralement trois arrosages, les deux premiers, de quinze arrosoirs, et le dernier de six. Les eaux de ce troisième arrosage, jointes aux deux tiers de celles du second, pouvant être mises à part pour ,servir encore au lavage du salpêtre, il s'ensuit nécessai-

ro 1er

760 s “LIV. V. CH, XIII RÂAFFINAGE

rement que dans toute raflinerie chaque caisse, lavée une fois seulement avec de l’eau pure, fournira toujours pour une nouvelle caisse à laver un premier arrosage en eau déjà saturée de salpètre, et qu’en général ose le lavage total ne pourra pas être moindre de trente-six arrosoirs par caisse, il se composera de quinze arrosoirs d’eau saturée de salpètre et de vingt-un d’eau pure.

Le salpêtre, aprèsavoir séjourné cinq ou six jours dans les caisses où il a été lavé, est porté dans le bassin de

dessication. Ce bassin est chauffé par la fumée de la chaudière près de laquelle il se trouve {placé. On a soin d'y remuer presque continuellement le salpêtre, avec de fortes pelles de bois, afin d'éviter qu’il n’adhère au fond du bassin, qu’il ne se forme en mottes, et pour que la CARE en pénètre plus également toute la masse. Ce n'est qu'au bout d'environ quatre heures qu'il peut être complétement sec ; ce qu’on reconnaît aisément, lorsqu’en le remuant il ne s’attache plus à la pelle, et lorsqu’en le pressant fortement dans la main il ne se casse plus en grumeaux : il est alors parfaïtement blanc et pulvérulent. Dans cet état on le passe dans un tamis de laiton pour diviser les mottes et séparer les corps étrangers qui auraient pu s’y mêler; après quoi, il est renfermé dans des sacs, futailles ou barils. On peut facilement charger deux fois ce bassin et y sécher 7 à 800 kilog. de lobes On obtiendra, par cette dernière opération, pour produit moyen d’un raffinage de 3000 kilog., 1750 à 1800 kilog. de salpêtre très-pur, tout nt pour Ja confection de la poudre.

19774 Pour retrouver le reste du salpètre, on soumet les eaux-mères à un traitement particulier. Celui-ci ne serait pas nécessaire, si le salpêtre traité eût été bien dépouillé de sels terreux. Mais quand il s’en trouve, non-seulement

» ils ne cristallisent pas, mais ils s'opposent à la cristallisation du salpètre Fui-même. Le traitement des eaux-mères

DU NITRE. 761 a donc pour objet la décomposition de ces sels terreux qu'on aurait peut- être pu détruire avant de procéder à 4 PRE qui précède. Voici du reste comment on opère. On charge l’une des chaudières de la raflinerie de toute la quantité qu’elle peut contenir d'eaux surnageantes aux raffinages, auxquelles, ainsi qu'on l’a observé , celles : provenant des premiers arrosages auront dû être rédhtcs. Dès que l’ébullition a commencé, l’eau qui s’évapore est continuellement remplacée par de nouvelles eaux qu’on y ajoute successivement jusqu'à concurrence de 70 bardées, y compris la première mise dans la chaudière; c’est-àdire 60 bardées d'eaux surnageantes, et 10 bardées d'eaux des premiers arrosages. On doit faire en sorte que ces eaux, ainsi ajoutées en remplacement, coulent peu à peu dans la chaudière au moyen d’un bassin d’évaporation ou d’un cuvier placé dessus, et qu'elles aïent aïnsi acquis un degré .. de chaleur suflisant pour n’en pas interrompre l ébullition È On a soin d'écumer et d'enlever très-fréquemment le sel marin du fond de la chaudière, pendant tout le temps que cette addition d’eau, qui peut durer quatreou cinq jours, a lieu. Lorsqu'elle a céssé, et que la liqueur de la chaudière est réduite aux deux tiers de son volume, on y introduit une dissolution d’un kilogramme de colle dans environ 15 kilogrammes d'eau chaude, et on brasse. | On écume comme à l'ordinaire, en continuant de retirer le sel marin, qu'on lave à mesure dans une petite quantité d'eau chaude, qui est ensuite versée dans la chaudière. Lorsque la liqueur a été convenablement clarifiée par l’opération du collage, on ajoute une bardée ( 100 kilogr.) d’eau froide, et l’on retire avec soin tout le sel marin précipité. On y introduit alors une dissolution de potasse, qu’il est nécessaire d'étendre d’eau pour faciliter la dé- * composition des nitrates terreux, la précipitation de leurs bases, et faire cesser totalement l’ébullition de la liqueur. Après avoir bien brassé le mélange et avoir retiré une

562 , LIV. Ve CH. XII, ESSAL

partie du feu de dessous la chaudière, on la laisse reposer pendant environ douze heures, ce temps devant sufire pour que le précipité se soit complétement déposé au fond de la chaudière. On décante la liqueur dans le cristallisoir, avec les précautions nécessaires pour ne pas la troubler; elle y est traitée de la même manière que la liqueur des raffinages. On en retire 6 à 7 bardées au plus d'eaux surnageantes, et on obtient en dernier résultat le restant du salpètre parfaitement pur, quand ila été soumis au lavage. : :

Le traitement des eaux surnageantes à la cristallisation du salpêtre obtenu par l'opération qui vient d’être décrite est conduit de la même manière, Quant aux lavages des écumes et du sel marin , ils se font co mme à l'ordinaire.

Essai du salpétr e.

1)78. Va salpêtre Dont ou de première cuite co ent beats coup “ chlorures, mais quand il a été broyé, puis lavé à l'eau de cuite Haide, il n’en reste guère que 12 ou 15 pour 100. C'est à ce titre que les salpétriers doivent le remettre

à l'administration qui se charge du rafinage. Mais pour apprécier le titre exact du Rs , il faut lui faire subir Un essai. |

Pour déterminer d'une manière précise la qualité du ae pêtre, on verse dans un bocal contenant 4 hectogrammes de ce sel un demi-litre d’eau saturée de nitre pur; On agite continuellement ce mélange avec unebaguette de verre pendant un quart d'heure et on laisse reposer uninstant. Quand le sel s’est déposé, on décante la liqueur sur un filtre.

On verse sur l'échantillon üne nouvelle quantité de liqueur saturée, égale à la moitié de la première ; on agite encore pendant quinze minutes, après quoi on verse le tout sur le filtre où l’on a décanté le premier lavage, ayant soin de bien laver le bocal et d'entraîner avec une cuillère jusqu'aux derniers atomes apparens de salpètre,

DUNITRE 63

Il est essentiel d'observer que, d'après des expériences faites avec soin, les 7 décilitres et demi de la liqueur saturée employée aux deux lavages successifs de l'échantillon de salpêtre, pesant ensemble à peu près 88 décagrammes, ‘ne peuvent dissoudre qu'environ 264 grammes de sel marin, ce qui, pour les {oo grammes de l'échantillon, serait dans le rapport de 0,66 ; de sorte que, si la proportion de ce sel se trouvait y être plus forte , l'excédant ne serait pas dissous, et se trouverait faire partie, dans le résidu, du poids considéré comme nitrate de potasse.

Pour obvier à cet inconvénient, il sera indispensable, toutes les fois qu'une épreuve donnera une perte de poids de plus de 240 grammes ou de 0,60, de laver une troisième fois le résidu avec une nouvelle mesure d’un demi-litre de liqueur saturée, quantité plus que suffisante pour dis* soudre le reste de l'échantillon, en supposant qu al fût formé en totalité de sel marin.

L’échantillon étant totalement égoutté, on enlève le filtre avec précaution, pour éviter qu'il ne se déchire et pour ne ‘pas perdre de salpêtre. On le déploie sur une double feuille de papier gris étendue sur un boisseau plat, garni de rognures de filtres, recouvrant un lit de matières absorbantes, comme de la craie, de la chaux, des retailles de pierres, des cendres, etc. On distribue, le plus également possible , avec une cuillère, le salpètre sur le filtre déployé, et Le boisseau est placé sur le double fond de la table du laboratoire. Il y est ainsi laissé pendant vingt-quatre heures, temps nécessaire pour enlever au salpètre, per imbibition , la plus grande partie de l’eau saturée, qui, mouillant l'échantillon, s'opposait à ce qu’on le retirät facilement de dessus le filtre.

Le salpêtre est enlevé pour la plus grande partie avec la cuillère; et pour le surplus, on se sert d’un couteau en forme de spatule, afin de détacher toutes les parties du sel sans attaquer le papier. On met le tout dans le bocal

où l'échantillon a été lavé, et ce bocal est placé sur un bain de sable pour achever la dessication du salpètre à à un feu doux, que l’on entretient jusqu’à ce que le sel n’y adhère plus, ni à la baguette de verre avec laquelle on l’agite.

Enfin on prend exactement, le poids du salpètre. séché, et la différence entre ce résultat et les 400 grammes du salpêtre brut soumis à l'épreuve, donne en y ajoutant 2 p. cent de l'échantillon, c’est-à-dire 8 grammes, la quantité réelle de matières étrangères contenues dans l’échantillon éprouvé, et par conséquent dans toute la livraison dont il faisait partie. à

Cette addition de 2 pour 100 a pour objet de rémédier à une cause d'erreur facile à concevoir. L’eau saturée de nitre, non-seulement n’en dissout plus, mais encore en laisse précipiter pendant qu'elle se charge de sel marin. La quantité de nitre déposé, par cet‘effet, doit donc être soustraite, et on l’évalue à 2 pour 100 d’ après dés essais faits avec soin. é

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ae XIV.

Poudre à canon. — Ses propriétés 00 préparation et ses emplois, :

1579. Tout le monde connaît ce mélange singulier qui depuis tant d'années décide de la destinée des peuples. Tantôt, favorable aux DORE de la civilisation , la pou- ‘dre offre au mineur ou à l'ingénieur un moyen prompt et sûr de briser les obstacles que présente l'écorce du globe; tantôt instrument de fête; elle devient entre les # mains de l’artificier le symbole sdirigé des réjouissances

publiques ; tantôtienfih, nstrument de carnage, dé Jance

un plomb meurtrier et règle le sort des empires. Mais

quelles que soient ses applications, la poudre conserve

toujours son caractère essentiel. Comme agent mécanique,

elle prend place à côté de la vapeur pour la puissance et la dépasse de beaucoup par la généralité de ses emplois et par la facilité avec laquelle elle se prête à toutes les mo-

difications qu'on peut exiger dans la pratique. |

L'invention de la poudre forme une des grandes époques de l'histoire des hommes. Ce mélange, qui a si peu d’importance aux yeux de la chimie, mérite au contraire de notre part une attention très-particulière , Soit en raison de ses applications industrielles , soit à cause des graves intérêts politiques auxquels il se rattache aujourd'hui. Nous allons donc étudier avec soin sa composition, ses

propriétés, sa préparation et ses divers usages.

1580. La poudre est un mélange à proportions variables de nitre, soufre et charbon. Des expériences nombreuses et soignées ont été faites à diverses époques pour fixer le dosage le plus convenable , et chose singulière, on en est toujours revenu aux dosages recommandés par les plus anciens écrivains qui se soient occupés de l’histoire de la Poe ce qui montre que dés l'origine elle fut soumise à des épreuves bien dirigées.

Chacun sait que la poudre ne manifeste ses effets qu’au moment où on l’enflamme, et la nature du mélange qui la

“constitue suffit pour indiquer qu'elle tire sa puissance de ‘sa transformation subite en produits gazeux qui ne péuvent consister qu'en acide carbonique, oxide de carbone, azote ou oxide d'azote. Ces données générales nous suffisent pour apprécier les conditiqns dans lesquelles doivent se trouver les matières qui constituent la poudre.

Préparation et choix de matières p1 ‘emiê] "ES:

1581. Vitre et soufre, Ces deux matières doivent être

566 Liv. v. CH XIV: POUDRE À CANON.

pures. Nous venons de montrer par quels procédésle nitre se prépare; nous savons déjà comment le soufre se distille. Le soufre distillé en masse est celui qu'on emploie en France, pour fabriquer la poudre, parce qu’il réunit à un prix assez bas, le degré de pureté qui se rencontre dans la fleur de soufre lavée; car dans la fléur de soufre brute on aurait à redouter les effets des acides sulfureux et sulfurique dont elle est toujours imprégnée. |

1582. Charbon, Le charbon nécessaire pour la fabrica-

tion de la poudre demande un choix attentif, soit pour la

qualité du bois qui le fournit, soit pour le mode de fabrication employé. En France, on préfère les charbons de Bourdaine, de Peuplier, d'Aune, de Tilleul et de Saule. Mais les charbons de Coudrier, de Fusain, de Cornouiller et bien d’autres sans doute, peuvent être employés avec le même avantage. En Espagne , on préfère le charbon de Chanvre. | | Cependant, tous les charbons ne sont pas également propres à la fabrication de la poudre. Proust a donné un moyen simple de les essayer. Il fait un mélange de douze grains de charbon et de soixante-douze grains de nitrate de potasse, Ce mélange soigneusement broyé est introduit et tassé dans un petit tube en cuivre de deux pouces et demi de longueur sur trois Hgnes de diamètre. On amorce le haut du tube avec un peu de poudre de chasse, on place

à quelques lignes au-dessous du bord supérieur du tube,

une rondelle en liége destinée à le maintenir flottant dans un vase plein d'eau, AT

- Au moyen de toutes ces précautions, on rend aussi sem blébles que possible, les conditions dans lesquelles s’effectiie la combustion du mélange. Il est évident que le charbon qui brülera le plus vite sera le meilleur, et qu’en outre tout charbon qui s MU de la durée moyenne

de ceux que l'expérience fait regarder comme + M doit

étre rejeté, |

FOUDRE À CANON: 667 1583. Voici quelques résuliats donnés par Prost,

Mélange de soixante-douze grains Durée dela - Poids de nitre, avec douze grains combustion en du de chzrbon. secondes, résidu.

De chanvre ou chenevotte. . 10 . . : . + 12 grains — tiges d’asphodèle. 4 . . . 10 . . , . . 12

— sarment. , . ..... . , 12. 4 + + « 20

— tiges de pois chiches. COUDE GENE

— pin. ns taie COLE Ad TE Ut A

= bourdané,,". ,)/.. no 0), O4 RUN dt ee PU DS Aion de DIX

OO UNIET Le Vue nt - Ê Puie DSL Ne EN — tiges de pimens . . ... 25 . , . . . 36 =—eanne de maïs. «14 + … 0 29 +. + «+: 99 -schitaignien ts. te 26... 0. 36 RURONOp te rt ee 90. La — grains de maïs . . . . . A tee à = bouille coke... . . 11896... , "40

sucre. RUE A LS Rs

Il est même.des charbons qui ne peuvent paint brüler

dans le tube, ce sont les suivans :

Charbons d’amidon, d’indigo, déblé, 51 de gluten, de riz, de gélatine, de noix de galle, d’albumine, de gaïac, de sang, de Dore. 7 4 Ldecuir.

C'est-à.dite tous les charbons de matières animales et

ceux de quelques substances végétales.

Il est probable que les Lo d’un bon eploi pour la fabrication de la poudre sont ceux qui se trouvent pla cés à partir du coudrier et au-dessus dans le tableau qui précède. k |

A la colonne de la durée des combustions, s’en trouve jointe une autre qui exprime le poids du résidu resté dans

le tube, Elle montre que celui-ci est d’autant plus faible

en général que la combustion est plus vive, ce qui pour-

rait entre les mains d’un observateur intelligent suppléer à la première méthode, qui exige une montre ou un RE dule à secondes. ‘+.

1584. Quel que soit celui des du bois doués plus haut qu'on choisit, il convient toujours de le couper dans la sève et jamais quand il est mort. Il faut préférer les branches de cinq à six anset les écorcer, parce que l’on sait que la proportion des cendres est plus grande dans les vieux bois et dans l’écorce, ce qui diminue d'autant la dose réelle du charbon. À la vérité, on pourrait tenir compte de la quantité de cendres, mais leur puraee peut nuire par d'autres motifs que nous ignorons, et à cet égard, il est bon de s’en rapporter à l’expérience et aux D tions, tant qué des épreuves de longue durée n'auront pas prononcé. sin |

Les branches qu’ on veut charbonner doivent être choisies autour de la grosseur moyenne de 2 centimètres enviroïi. On refend celles qui sont trop g srosses. Les bois ainsi | préparés : sont mis.en fagots de 2 mètres de long , de 3 décimètres de diamètre et du poids de 15 kilogrammes environ.

La carbonisation de ces bois ne peut pas s'effectuer par le procédé ordinaire des meules. La terre dont on revêt les meules se mêlant au charbon, causerait des inconvé- . niens de tout genre relativement à l’objet qu’on se propose. On emploie donc ici de préférence la carbonisation en fosses , en fours, ou même la distillation.

1585. Carbonisation en fosses. Pour qu’elle réussisse bien, il est nécessaire que les ne ne soient pas d'une trop grande dimension.

Pour fabriquer 1000 kilog. de charbon à la fois, , quan- Le qui paraît déjà trop grande. on établit une “A de

3 mètres de large, 3 mètres de long et 12 :décimètres de

doivent être construits avec soin. Le fond est plat, les côtés en talus et les briques posées de champ. Le pourtour de la fosse est battu avec soin pour former une aire que l’on balaie sur deux côtés opposés de la fosse, des deux autres étant occupés par des tas, de sable argileux, un peu gras, mais pourtant facile à manier avec la pelle.

Ces dispositions faites, on place une forte perche en travers de la fosse. On appuie sur celle-cile premier rang de bottes de bois que l’on veut brüler, de façon toutefois à ménager un espace vide au fond de la fosse. On recouvre ce premier rang de plusieurs autres, de manière à former un tas régulier qui dépasse la fosse d'environ un mètre. On arrange ainsi deux cents bottes, plus ou moins, en ayant ‘soin que Le tas n'ait pas dans le haut plus de largeur que la fosse, et en conservant une communication avec l'es pace vide conservé au fond de celle-ci. On a préparé dans cet espace un bûcher de paille et de menu bois, auquel on met le feu quand le bois est préparé. On bouche de suite avec quelques bottes l’issue que l’on avait conservée pour cela, et bientôt la flamme se manifeste de toutes parts. | On abandonne l'opération, jusqu’à ce que la perche qui brule elle-même vienne à se rompre et laisse crouler les bottes qu'elle soutenait. La masse s’affaisse alors, et le char-

bon brülerait en parte, si l’on n'avait soin d'alimenter le feu avec de nouveau bois. On rajoute donc, peu à peu, des bottes conservées, à cet eflet, en quantité à peu près égale à celle qu’on avait. NE d’abord. Mais, comme la disposition régulière du tas est alors dérangée, il devient mécessaire.de ranimer la combustion partout où elle se ralentit faute de l’air nécessaire. On y parvient en soulevant, dertemps à autre, la masse avec des crochets de fer, partout où. il en est besoin. x 1586. Quand la combustion s’opère sans flamme, on re garde la carbonisation comme achevée, si d’ailleurs on ara-

I, dus di

n7o LIV. V. CH. XIV. POUDRE À CANON,

jouté assez de bois pour que la fosse soit comblée. On en unit promptement la surface et on la recouvre avec une couverture de laine mouillée. On jette de suite sur celle-ci la terre préparée d'avance, et on la comprime à mesure avec les pieds, dé manière à ne laisser aucun vide entre le charbon et la couverture. Cette opération doit se faire vite, mais avec prudence , afin que la couverture ne se déchire nulle part, ce qui donnerait issue à la flamme d’abord, puis à l'air, et enfin à laterre qu’on serait forcé d'employer pour boucher la fente. On continte ainsi, jusqu’à ce qu'il ne paraïsse plus de fumée, en ayant soin de comprimer de préférence les points où elle sort avec Je plus de force.

La fosse ne peut être vidée qu’au bout de trois où quatre jours. Avant ce terme, le charbon risque de s’enflammer à l'air. Lorsqu'elle est suffisamment refroïdie, on enlève avec soin la terre et la couverture, on retire le charbon à la pelle et on en sépare les portions qui n’ont point été suffisamment carbonisées. à:

Le produit en charbon varie; mais de 400 bottes, du poids moyen de 15 kilog. , formant en tout 5ooo kilog. de bois, on doit retirer 950 à 1000 kil. de charbon, c’est-àdire 16 à 17 pour 100.

Comme on voit, ce procédé ressemble beaucoup à celui de M. Lachabeaussière (566), et il serait bien amélioré, si on émpruntait à ce dernier le couvercle en tôle pour étouffer le feu , et si d’ailleurs on rendait la fosse circulaire, en réduisant sa capacité d'un tiers ou de moitié. |

1587. Carbonisation en fours. Ce procédé, regardé comme le moins avantageux, ressemble complétement à celui que nous avons décrit (638 ) pour la fabrication du coke. Le four est à double entrée. L’âtre en briques est plat et la voûte aussi en briques est cylindrique: On ouvre “les deux portes, on met dix bottes de boïs sur l’âtre ét on les allume, Quand le feu est bien actif, on ferme a porte

POUPRE À EANON. 77e par laquelle on l’a allumé, et on laissel'autr e ouverte pour donner issue à la fumée. On attise de temps en temps le bois et on repousse vers le fond toutes les portions carbonisées. Quañd la carbonisation approclre de son terne, on ferme la seconde porte. Au bout d’un quart d'heure, on retire le charbon, et on le fait tomber dans des je a en tôle où on le laisse pendant deux ; jours.

Pour améliorer ce procédé, qui occasione beaucoup de déchet, il faudrait adopter les dispositions du four à poké et conduire l'opération comme dans celui-ci.

.1588. Charbon distillé. Cette espèce de charbôn fut employée d’abord en Angleterre avec succès ; on essaya d'en préparer en France, mais, faute de renseignemens suffi+ sans, on distilla trop sans doute, et les charbons obtenus ne furent ni meilleurs ni plus mauvais que éeux qu'on pré: ‘parait par la méthode ordinaire.

L'avantage de la distillation consiste dans la facilité qu'elle donne de pousser à volonté la carbonisation plus’ ou moins loin, d’une manière uniforme pour toute la masse employée, et par eonséquent de s'arrêter à l'état de fumeron , si on le désire. C’est précisément à cet état que sont amenés les charbons anglais et ceux qu'on prépare maintenant en France par HU 08 Tandis que les charbons préparés par les fosses ou les fours sont noirs, ceux-ci présentent une couleur brune tout-à-fait HET à celle de l'ulmine. Ils sont légers, friables, trés-tachans, et presque entièrement solubles dans la potasse caustique.

Ces chatbons donnent une poudre de qualité supéricure pour les petites armes, vraisemblablement en raison de la facilité avec laquelle ils s’enflamment. On les prépañe en distillant lé bois dans des cylindres de fonte. "1

Ces cylindres ressemblent beaucoup à ceux qui sonten usage pour la fabrication du gaz de l'éclairage. Mais Ieur

forme est réellement cylindrique au lieu d'être elliptique

n92 LiV, V. CH. XIV, POUDRE A CANON.

ou prismatique. Ils ont environ cinq pieds de long et deux ri de diamètre.

Le côté ouvert, par lequel on charge et dde le ini) est bouché pendant l'opération, aufmoyen ibn obturateur en tôle à deux feuillets. A l’autre extrémité se trouvent quaire ouvertures, dont trois sont destinées à reconnaître la marche de donératibes , au moyen des baguettes de bois qu’elles permettent de tirer de tems à autre. La quatrième livre une issue aux produits gazeux ou aux vapeurs. Ces produits viennent se rendre dans un canal commun qui les porte dans la cheminée générale.

Dans ces appareils, on maintient la température à un degré très-bas. Elle n'atteint jamais le rouge. La durée de la carbonisation fait varier les produits d’une manière trèsremarquable.

Ainsi, quad la carbonisation est faite en six heures, on obtient un charbon presque noir, et le produit varie de 28 à 33, pour 100 de bois supposé sec.

Quand on emploie, au contraire, douze heures pour l'opérer, le charbon est d'un brun jaunâtre, et le produit s'élève de 38 à 4o pour 100 de bois sec. Dans ce dernier cas, le produit obtenu ne mérite en rien le nom de charbon. Tout est à l’état de fumerons.

Dans ces appareils, la consommation de combustible est considérable. À la vérité, on n’y brûle pas les gaz qui proviennent de la RE Ts du bois, ce qui ferait un peu d'économie. Pour distiller 100 de Le on consomme 132 de tourbe.

… Cette consommation augmente beaucoup , quand on place le bois dans un cylindre de tôle qui se glisse tout chargé dans le cylindre de fonte. On évite alors le transport dans les étouftoirs, car, l'opération finie, on retire cylindre de tôle, on Je bouche, et il sert lui-même d’étouf- {oir. | . Par cette disposition la communication de la chaleur

POUDRE À CANON. 773 devenant plus difficile, on est obligé de consommer, pour distiller 100 de bois, au moins 232 de bois ou environ la même quantité de tourbe. | (

Du reste, l'opération est facile à conduire. On charge des pdt et, on les échaufle à un feu très-doux. De temps en temps, on examine la couleur des vapeurs qui se dégagent par le tuyau qui sert à les conduire dans la che- : minée. Quand ces vapeurs sont jaunes , et que les montres qu'on retire sont elles-mêmes d'un brun jaune, qu'elles sont cassantes , et que leur surface présente un éclat ana- Togue à celui que donne le frottement du brunissoir , l’opération touche à sa fin. On laisse alors tombér le feu, etla carbonisation s'achève d'elle-même, au moyen de la chaleur communiquée au bois par la cornue ou les paroïs du fourneau. | c

La carbonisation achevée, on ouvre la cornue, on reüre le charbon, et on le met dans des HE ouil reste jusqu'à ce qu x] soit refroidi.

15809. Charbon de chènevotte. Ce charbon, exclusivement employé en Espagne, est regardé par Proust comme celui qui réunit le mieux toutes les qualités qu’exige la fabrication de la poudre; mais il ne semble pas qu'il soït véritablement FRDÉBEUX à ceux dont on se sert en France. La préférence qu'on lui accorde en Espagne tient surtout à la rareté du bois dans ce pays.

Voici comment on le prépare, On pratique sur un sol calcaire une fosse de 13 à 14 pieds de long, sur 8 de large et 2 de profondeur ; sur son fond soigneusement balayé, on étend un lit de chènevottes de trois à TS pouces d’é épaisseur ; on y met Je feu sur plusieurs puits à la fois, puis, au moment où la flamme commence à s'élever, on l’étouffe en la couvrant de chènevottes. Bientôt la flamme s’ouvre de nouvelles issues, et de nouveau elle est étouffée par un lit de chènevottes. On continue ainsi, jusqu'à ce que la fosse soit remplie de braise, Quand le charbon est

994 LIV. V. CH, XIV. POUDRE À CANON suffisamment calciné, un ouvrier en arrose légèrement la surface , tandis qu'un autre soulève la masse avec une fourche pour que l’eau puisse pénétrer partout. On extrait tout: de suite le charbon aïnsi éteint et l’on recommence une nouvelle opération. « Chaque fosse produit de 4 à 5 Léa de charbon par jour; 100 parties de chenevotte rendent de 14 à 17 de

charbon. L Pendant long-temps, on a fait ce charbon dans des ; jarres de terre cuite, enterrées Jusqu'à la bouche, avec les pré- -cautions en usage pour la fabrication du as en fosse. Dans le village du Toboso, des ] jarres énormes de cent à deux cents gene étaient fabriquées USE cet emploi. | Ce charbon est excessivement léger, très-friable, bril- Jant et comme formé d’écailles fort tenues et d'apparence micacée, qui se séparentsous le moindre frottement. C’est surtout par la facilité avec laquelle il se réduit en poussière que ce charbon se recommande.

1590. Le charbon, préparé par les procédés ordinaires, doit être en bâtons longs, secs et sonores; d’une cassure nette, laissant voir la texture du bois. La surface doit être lisse, mais “point brillante. 1

Tonte la menuaïlle doit être mise à part pour les poudres inférieures ; elle absorbe en effet plus d'humidité que le charbon en morceaux, qui, par cette raison, est réservé aux poudres de guerre et de chasse. |

Quelquefois, au lieu d’étouffer lecharbon, on D éteint en l'arrosant avec de l’eau. Cette méthode présente un double inconvénient qui l'a fait rejeter. Le charbon ainsi préparé, conserve environ 20 où 29 pour 100 d’eau, ce qui peut tromper un acheteur trop confiant. Mais en supposant qu’on tienne compte de l'humidité, ce qui est facile, il parait certain que ce charbon ne’ donne de bonne poudre qu'autant qu'il est employé de suite. s' il reste quelque

| POUDRE À CANON, 77 temps en magasin , il éprouve desaltérations qui influent sur la force des poudres d’une manière fâcheuse.

Enfin, avant de procéder à la fabrication de la poudre, il faut encore soumettrele charbon à ün triage minutieux pour en séparer toutés les Pare de terre ou les débris de cailloux qui pourraient S fr rencontrer et qui, sous le choc des pilons risqueraient de donner des étincelles : Ca pables d’ eaflamme la poudre.

® a de la POuHre,

1591. Les dobnges ont varié suivant les époques et les localités; le plüs Anciennement connu ; est celui-ci : +

Silpétue, + MUR . 0,750.

iSgufres De ARENe Guess DIT Charbon. ee oo pont

Toutefois, il n’a pas toujours été conservé et on à élé conduit à là modifier ; mais on à toujours été forcé d” y revenir ; c’est celui que les anciens auteurs désignent par la formule six as et as ou si un et Uri, CAT tel est le 1 rap- “port du salpètre aux autres pen , On a employé tour à tour les dosages suivans :

phtdre de Bâle. . . . 0,76 salpêtre. o,10soufre: 0,14 charbon. UE GréneHe Le, m0. 22 OfrAS He, ire id dé Güyton: 03966: 110 oo;ogs <a, à ohrb id" dacêmen o 11 057782: ‘à 0,grait 4.101844 id! deRiffault, ::0}775..4 12: 0507Dire, 7105100, id. du' Bouchet, 6:59... «10,09: + 41 ..+10,130

Le premier de ceux-ci est, dit-on, le meilleur pour la poudre de guerre ; cependant, Tab la supériorité qu'il donne à la poudre récemment préparée , On est forcé, lorsqu’ elle doit subir de fréquens et longs transports ; OU qu'elle doit rester pendant un certain temps dans les ma gasins, ( de le remplacer par le plus ancien,

Voici les dosages français :

st Poudre de guerre. id, de chasse. id, de mine, id, de traite. Salpêtre. . . 75,0 —— 178 —— 65 —— 62 Soufre. . . . 12,9 —— 10 —— 920 —— 0 Charbon. . . 12,5 —— 12 —— 15 —— 18

1592. Ces derniers dosages, consacrés par une expérience de plusieurs siècles, repoussés quelquefois et toujours rétablis par des expériences dirigées avec le plus grand soin, méritent une attention particulière et une discussiun qu’on ne trouvera pas déplacée, si on veut la considérer comme un exemple du mode de recherche par lequel la chimie arrive à éclaircir les questions les plus compliquées de la pratique.

Prenons d’abord la voie théorique.

Quand on examine avec atténtion les phénomènes qui accompagnent la détonation de la poudre , on reste convaincu qu'il ne peut se produire que des composés à proportions définies. Par conséquent, bien que la poudre ne soit qu’un simple mélange , il n’en est pas moins nécessaire d'admettre des rapports simples entre les matières qui la composent. C’est ici l’une des plus curieuses applications de la théorie des proportions chimiques. Mais ce n’est toutefois qu'un cas particulier d’une règle générale. 11 est évident , en effet, que si l'équilibre des molécules est troublé dans un mélange quelconque, le nouvel arrangement ne pourra se faire qu’en proportions définies et que si l’on veut obtenir une réaction complète, il faudra prendre le soin de doser le mélange atomiquement. Tel est le cas de la détonation de la poudre. Comme ce n’est pas là l’idée qu’on s’en forme généralement , nous entrerons dans quelques détails. |

1593. Voyons d’abord les deux poudres extrêmes. La poudre de guerre paraît être formée de proportions telles de charbon, soufre et nitre, que si l’oxigène est transformé tout entièr en acide carbonique et le potassium en

sulfure, toutes les matières seront employées. En pareil cas , elle devroit être formée :

D’un. atome nitrate de PAF E Lu Un atome soufre, * | Six atomes carbone ;

et elle pourrait fournir par une réaction complète: ‘

Un atome sulfure de potassium, Deux atomes azote, Six atomes acide carbonique.

.La comparaison. suivante montre jusqu'à quel point cette supposition est ‘fondée :

Dosage émployé. » Id, calculé.

Nitre. "m0. 4e 5e 79 Soufre.. + +. 12,0, 3:55 + à 1159 Charbon:t4112,0208 9% 19;1

La différence paraît insignifiante ; elle le devient encore plus quand on fait la part de l'effet dû à l’hydrogène que le charbon contient toujours.

1594. La poudre de mine, à son tour, semble composée de telle manière que le charbon peut se transformer, moitié en oxide de carbone, moitié en acide carbonïque et que le potassium passe à l’état de bi-sulfure. Elle doit donc contenir ::

Un atome nitrate de potasse, Deux atomes soufre, Neuf atomes carbone ;

auquel cas, ‘elle produit par sa décomposition com- : plète: :! |

Un atome bi-sulfure de potassium ,

Deux atomes azote,

Trois atomes acide éarbonique ,

Six atomes oxide de carbone.

:Comparons de même les résultats calculés et le dosage

Re Dosage actuel. Ya. calculé.

Nitre. . . , , 60. , .. .: 63,3

Soufre. | : 1! 201: 4 UN 20

Charbon. * . 15, 4. « 16,7 |

Les différences sont encore d’un ordre peu PE en 1595. La poudre de chasse présenté une composition moins simple. Elle contient un petit excès d’oxigène, et, d’uncôté, lecharbonne peut pas trarisformer tout ctlui-ci en acide carbonique , de mênié que lé soufre ne suffirait point pour amener. le potassium à l'état de sulfure. D'où l’on voit qu'il doit rester un résidu de carbonate de potasse. On peut représenter | la poudre de chasse par 4. atomes nitrate de potasse, 3 atomes soufre , ; | 23 atomes carbone ;

ce qui produirait; en admettant une réaction complète : s

3 atomes sulfure de potassium \

| 1 atome carbonate de potasse, con 8 atomes azote, |

21 atômes acide carbonique.

En péloulaut Ja composition de la poudre de chasse d'après celté supposition, on trouve les résultats suivans :

Dosage employé. IA; calculé.

Nitro se a PETER 29757

Soufre.n. & 25/4 PES CUIE SU

Charbonr 2. 1271008 90087

Nous ferons à l'égard de tes tete mènie réflexion

que pour ceux qui précèdent. Le charbon calculé excède toujours le charbon employé, ce qui s explique par la présence de l’hydrogène dans tous les charbons. En se rappelant que l'atome de-l'hydrogène est,six fois moindre que celui du charbow; dot concevra "ue La doit en être ainsi, M x T

1596. [Il est facile de voir, d après ce qui précède, que la poudre de mine , la moins chère de toutes, est celle qui produit le plus de gaz. Mais ellé perd d’un autre côté cet avantage, en ce que la température LVe sa combustion développe est la moins élevée. IL est à présumer que l'excès de soufre qu’elle renferme la rendrait impropre au service des armes métalliques ; ; mais pour l'objet nel on l'applique , elle réunit toutes les conditions qu'on peut désirer. | .

La PAUUrS de guerre n'offre. pas cet excès de soufre capable de réagir sur les armes. Cependant, si le mélange n’était pas trés-intime, il pourrait encore se former çà et là des sulfüres aux déhbné du métal qui avoisine la poidre. C’ést sans douté pour parer à cét inconvénient qu'oh à été conduit à laisser dans la poudré de CRISE ui petit excès de nitre.

Du reste , ces considérations né sont vraisemblablement pas les seules, et il faut aussi tenir compte des quantités de chacune de ces poudres. qui sont émployées dans les circonstances où l’on en fait habituellement usage.

- 1597. Soumettons maintenant lé dosage à une étude expérimentale.

Ï1 est évident que là méthode indiquée plus haut pour l'essai des charbons doit être également applicable à l'étude du dosage ; aussi Proust s’en est-il servi avec succès. Voici les résultats qu'il a obtenus en ce qui concerne le charbon :

Mélanges. Durée de la, . , Poidu

combustion én résidu.

secondes.

à 1/8 de charhon de chanvre 30 ——=— 40 :

à,1/7.. | id. > à 1/6 id. APE CS gone à 1/5 id. 9 ——— 10 à 1/4 es Ada n'——— 10 à 1/3 id. 7 mr 10

} {à id, 40 mms }} })

Sr

Tous les charbons donnent les mêmes résultats ou du moins des résultats proportionnels. En voici un autre exemple ; , |

Mélanges. Durée de la combustion + en secondes.

à 1/8 de charbon de pin 32

à 1/7 id. 20 à 1/6 id. 17 . à 1/5 id. + 10 né ÈS AS 064. Lt 40 à 1/3 vida 9

Toutes ces détonations laissent un résidu essentiellement composé descarbonate, mais on ne remarque pas sans surprise que les quatre derniers contiennent tout à la fois de l’hyponitrite et du charbon. Le second ne conent pas de charbon mais beaucoup d' hyponitrite. Le premier renferme non-seulement une grande quantité de ce sel, mais même du nitrate non décomposé.

Il suit de là que la dose de charbon est insuffisante audessous d’un sixième, et qu’au-dessus elle devient trop forte. Il résulte encore des tableaux qui précèdent que ce dosage d’un sixième n'est pas le plus favorable en ce qui concerne la rapidité de la combustion ; mais on verra plus tard que l’addition du soufre fait disparaître cet inconyénient.

Aïnsi, l'expérience confirme le résultat calculé, etmontre que la décomposition totale du nitre s'effectue avec un sixième de charbon: |

1598. Considérons maintenant ces diverses des nitrocharbonneux sous le double rapport de la quantité et de la nature du gaz. Proust a fait encore à ce sujet des expériences concluantes,

POUDRE À CANON. q8r

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