‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 211 sur 218 · LIV. V. CH: XIII. EXTRACTION · texte numérisé non relu

LIV. V. CH: XIII. EXTRACTION

lavages ‘on doit l’amener dans la recette. On procède doné

à un nouveau lessivage de la bande des cuviers, en versant

cette fois sur chacun d'eux , une quantité Fe pure égale seulement à celle retenue par la terre ; c'est-à-dire, que cette seconde mise d’eau équivaut à la moitié de la première ; on continue de verser ainsi successivement sur chaque cuvier de la bande, une quantité semblable de nouvelle eau, jusqu'à ce que celle qui sort des cuvicrs ne donne plus qu'un demi-degré à l’aréomètre. Les eaux de ces différens Javages, excepté celles provenant de la première mise d’eau sur la terre, ne sont pré assez chargées de substances salines dés marquer 10 à 12 degrés; elles sont successivement portées sur les terres neuves de autres bandes de cuviers, Jusqu'à ce qu'on parvienne à leur donner le titre convenable. C’est par ce transport des eaux écoulées d'une bande de cuviers sur les autres bandes que s'établit entre elles un ordre de service constant et régulier.

Dans un atelier en cours de travail, une première

bande, contient des terres neuves, c'est-à-dire qui sont à Less tiee pour la première fois; une seconde bande con-

tient des terres qui ontéja été lessivées une fois ct qui

le sont pour la seconde; S une troisième contient des terres ayant déjà été lessivées deux fois, et qui le Sont pour la troisième. En général , on se borne à ce troisième lessivage d’une même terre : ; cependant le nombre de lavages qu'il convient de ets subir à la matière selpémée doit se régler sur lé titre Ar lessives. |

Les eaux qui s'écoulent des cuviers composant la troisième bande, c’est-à-dire de celle dont:les terres ont déjà été lessivées deux fois, s ‘appellent eaux de lavage. On fait passer ces eaux sur les cuvier de la seconde bande, ou de ceux dont les terres n’ontétédéssivées qu’une fois, et elles en sortent à l'état de petites eaux; enfin, ces

petites eaux deviennent eaux fortes, lorsqu'elles ont

passé eur les cuviers de la première bande chargés en terves

Pr NT 745 nouvelles. Pendant tme les eaux fortes s’écoulent; on décharge les cuviers de la troisième bande pour les remplir de terres neuves, et on y fai FT sser les eaux fortes. Elles s y chargent encore de salpètres alors elles sont réputées bonnes à évaporer, Vappelées eaux de cuite.

On perdrait beaucôup de temps si, pour porter les eaux sur une bande dà cuviers, on attendait qu'elles eussent entièrement cessé de s’écouler de la bande précédente; ilfaut avoir soin de les transporter d’une bande sur l’autre, à mesure qu'elles arrivent dans les recettes, et de cette manière les trois bandes se trouvent lessivées presque en même temps. Ce transport des eaux de bande en bande s'effectue avec des seaux ou bien au moyen d’une petite pompe mobile qu’on place dans la recette d'où l'on veut retirer l'eau pour la verser sur une bande de cuviers, ou dans le chéneau qui arrose cette bande. On conçoit que, par ce mode de lessivage, les cuviers qui formaient d’abord première bande, deviennent ensuite seconde, puis troisièmes que les terres ne sont jamais retirées des cuviers qu'après avoir été lessivées trois fois; et qu'enfin avec trois bandes de cuviers, on fait réellement le service de quatre. |

161. Il est un autre mode de lessivage beaucoup px simple, plus commode, et plus économique ; il consiste à sh pue aux cuviers dont on vient de parler, des caisses de

‘bois deichène faites en forme de trémies allongées , ayant A mètres de longueur, 1 mètre environ de hauteur, et une largeur de 2 mètres. dans la partie supérieure, réduite à 13 décimétrediiarite partie inférieure. Ces caisses sont percées sur toute la longueur de l’une des deux grandes faces, et presqu au niveau du fond, de trous a aa (fe. 1, pl. 28), espacés d’un décimètre et demi, et propres à recevoir des pissotes ou chantepleures de bois # (fig, a), qui se bou chent ou s'ouvrent à volonté pour l'écouloment des eaux. Le fond est disposé de manière à former-un plau incliné

746 | LIY. V. CH. XII EXTRACTION bb ( fig. 5), qui s'élève d'un demi-décimètre vers la pa= roi qui west pas percée, et.vient aboutir au niveau des trous sur celle qui l’est. On applique sur ces trous une planche cc, posée obliquément sur la paroi de devant et le fond; cette planche, de 3 décimètres environ de largeur , est percée de petits trous dans toute sa longueur. On la recouvre en outre d’une claie d’osier, pour empècher que les terres n’en bouchent les trous, et afin que l'eau de lessivage sorte sans obstacle. Ces caisses doivent êtresohidement construites en bon bois de chêne de 5 centimètres au moins d'épaisseur ; les pièces d’assembläge des quatre faces doivent être fortifiées par des barres de boïs dd d , ete., (fig. 1 et 3), fixées en queue d’aronde et au nombre de quatorze, dont dix sur les deux faces longitudinales, et quatre sur celles de la largeur; on en consolide les angles par de fortes équerres de fer eee, etc. (fig. 1),

d’un décimètre du bord supérieur, en pressant l’une et l'autre sur des barres d'assemblage. * fées

Pour éviter toute perte des eaux qui pourraient s’échapper par quelques joints, on place les caisses sur un plancher g g (fig. 2), qui aboutit à un chéneau ren bois de chêne, creusé en évasement et enfoncé en terre jusqu'au niveau du sol. Celui-ci régnant,le long de chaque caisse en aplomb des pissotes, conduit le$eaux au moyen d’une légère pente dans des recettes de 4 hectolitres environ de capacité. ‘#9

1562. Deux de ces caisses peuvent suffire aux travaux de l'atelier le plus considérable, puisqu'elles représentent là contenante d'environ Go tonneaux de salpêtriers.

-: Pour rendre ce mode très-simple de lessivage d’une exé-

À Fa

DO NÉTRE | | ne cution encore plans facile et plus économique, on sessért d'une pompe pour arroser les caisses au moyen de con-

lüites de boïs suspendues au-dessus d'elles, percées de distance en distance.de trous pour l’écouléfent de l'eau, ct d’une petite poinpe mobile, placée altérnativement dans les recettes, pour porter hs éaux de lessivage de l’une sur l’autre. | .

Ces caisses ônt l'avantage d'occuper moïns Pemaèe;

d'exiger moins de réparations, et de rendre beaucoup plus:

faciles et plascommodes que dans les tonneaux le chargement et le déchargement des matériaux salpêtrés. Pour représenter les trois bandes ordinairement employées dans les ateliers, il faudrait aussi troïs de ces caisses; maïs on a reconnu l'inutilité de la troisième.

1563. Il suffit, en ‘effet, pour commencer le Lééétimse dans ces caïsses dhafages + matériaux salpêtrés, d’en arroser une d’abord d’une quantité d’eau telle, qu'après avoir bien pénétré toute la masse à Jessiver, elle s'élève

au-dessus de sa surface d'environ r décimètre. On laisse

cette première mise d’eau sur la terre jusqu’au lendemain, én teriant les chantepleures fermées ; on lés ouvre au bout de ce temps, et l'eau va se rendre dis la recette. Lorsque l’écoulémient a cessé, on ferme de nouveau les chan-

tepleures ; et on charge à plusieurs réprises la caisse en eau pure, jusqu’à ce qu'elle ne marque plus, après avoir

passé sur là terre, qu'un demi-degré.

Si l'eau de léssivage obtenue du premier écoulement m'est pas convenablement chargée et donne moins de 10

degrés, on la verse, ainsi que toutes les eaux provenant

des léssivages qu'il aura été nécessairé de faire après cette première mise d’eau, sur la secondé caisse chargée, ct dont toutes les chantepleures auront été bouchées ; on se con- . duira pour cette seconde caisse ainsi qu'on l’a fait pour la première, Celle-ci sera réchargée en terres nouvelles pour recevoir Les eaux faibles de la seconde ; qui, ayant à son

748. TV, V. Ce SI EXTRACTION tour. été Jessivée jusqu’au terme d’épuisement indiqué ; sera: rechargée de même, et ainsi de suite.

1064. Saturation des lessives. La lessive ainsi obtenue Pan outre le salpétre ’ (gus les selssolubles contenus dans les matières qu'on a traitées, et de plus une certaine quantité de substances organiques solubles. On ne connait pas bien la nature,et les propriétés de ces substances organiques, qui peuvent varier selon les divers cas, A l'égard des sels, on sait déjà qu'ils sont tous où des nitrates ou des chlorures, et que le rapport qui existe entre eux varie d'une localité à l’autre. | |

Ces sels sont à peu près dans le rapport suivant, faps les caux de lavage des bons plâtras de Paris : ‘

Nitrate de potasse et chlorure de POLAR AUS MU ONCE EE ro

Nitrate de chaux et de magnésie. ! 70

Chlorure de sodium. . . .. . . . . 195

Chlorure de caleium et de magnésIUun 5 fl s

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C'est ce mélange ou un mélange analogue qu’il faut traiter de manière à convertir en nitrate de potasse tous Îles nitrates qu'il Contient ; on peut se servir pour cette opération de,potasse du commerce, de sulfate de potasse,: de chlorure de potassium , ou simplement de cendres.

1565. On emploie la potasse dissoute dans le double de son poids d’eau, on méle cette dissolution avec des eaux de cuite , et on remue le mélange. IL se dépose surlé-champ du carbonate de chaux et de magnésie, etil resté seulement dans la liqueur du nitrate de potasse , du chlorure de, potassium et du sel marin, Le dépôt étant fait, an décante et on évapore,

1566, Lorsqu'on emploie le sulfate de potasse , il ab rempliraux trois quarts une cuve profonde, d'eau de cuite poussée à environ 20 dogrés par l'éveporation ou par le

| HU NITRES: + 9 Âg mélange d’un peud’eau mère, et ÿ verser environun cinquième en mesure d’une dissolution de sulfate à 20 degrés. : Onagite le mélange comme pour la dissolution de potasse ; sibse du Sbité à l'ordinaire, etils’y fait un précipité un peu plus lentement, à la vérité; mais les eaux en sont ensuite considérablement M On peut augmenter ou diminuer la :dose dedissolution de sulfate suivant Ja nature des eaux salpêtrées. Mais il faut toujours en: mettre assez “pour décomposer complétement les sels de chaux. Ce pro- -cédé est moins commode que le précédent, en ce que la réaction n’a lieu.qu’à chaud et que par conséquent le précipité de sulfate de chaux qui se forme vient se déposer -sur les parois de la chaudière. IL est évident que le sulfate de potasse ne débarrasse pas des sels de magnésié ; maïs -où peut y parvenir très-simplement. Pour cela, on mêle d’abord les eaux aÿec un petit excès de lait de chaux, on agite bien et on laisse réagir les matières pendant quelque temps, en ayant.soin de remuer. La magnésie se dépose et se trouve remplacée par la chaux dans ses combinaisons. Alors il est évident que par l'addition, du sulfate de potasse en. quantité convenable, tous les sels de chaux seront décomposés, et il ne restera plus dans la liqueur que du mitrate de potasse, du chlorure dé potassium-et du sel ‘marin avec. un peu de sulfate de chaux. “ie 1567. Pour letraitement deseauxde cuite par le moyen des cendres, on prendra un cuvier disposé ainsi que ceux quiserventàlessiver les terres; on recouvrira la paillemise sur le faux fond d’un morceau de grosse toile d'emballage irès-claire. On aura préparé à l'avance des cendres neuves qui, après avoir été passées dans un crible pouren séparer les charbons , auront été humectées:très-également ,:et au point qu’en les serrant. dans la main ,-elles.se forment en moites faciles à briser. Dans cet état, on en met sur latoile un lit d'environ 16 centimètres d'épaisseur ; qu’on presse en le battant d’abord légèrement, et plus fortement en-

#50 LIV.v, CH RIT, EXTRACTION suite, avec Bpilon de bois aplati en dessous. On continue d'ajouter de nouveaux lits de cendres battues de la mème manière, jusqu’à ce que le cuvier en soit à moitié rempli; alors on en ‘unit la surface avec une truelle, qui sert à la râeler toutes les fois qu'on y met de nouvelles eaux. Il est nécessaire de placer sur ce cendrier une corbeille remplie de paille, pour empêcher me les eaux qu'on gum le dégradent. L &5 On fait passer toutes les eaux dus cuite sur un pbs de ces cendriers relatif à leur quantité, et dans la proportion-de 15 mesures d’eau pour 1 mesure de cendres. Ces cendres doivent être ensuite mêlées aux terres meuves à lessiver, pour les dépouiller de sons opte qu ‘elles ont retenue. 270 Les eaux de cuite, en traversant un cendrier ainsi à disposé, éprouvent la mème décomposition que par l’emploi direct de la potasse ; et elles en sortent très-claires. Leisulfate de potasse des cendres se trouve eV en même Hpugs bai le carbonate. à 1568. On peut enfin se servir de date de poil sium pour opérer la décomposition des sels de chaux. À cet:effet, on se débarrasse des sels magnésiens, au moyen du lait de chaux, Puis , on ajoute à la liqueur décantée la proportion nécessaire Fr un mélange de chlorure de potas- ‘sium'et de sulfate de soudé faït atome à atome, c'est-àdire 93 de chlorure de ‘potassium ét 89 de sulfate de soude. Par là on-obtient Ja précipitation de la chaux sous forme de sulfate , et d’ailleurs pendant l’évaporation ce mélangeagit, en raison de l’action réciproque des deux sels qui le composent, comme le ferait un mélange de sel marin et de sulfate de potasse.

On ‘peut donc par des additions convenables de stillaré de soude transformer.én sel marin tout le chlorure de po- Massium qui existe dans les eaux salpétrées et utiliser la potasse qu'il représente, à 5

1569. Premièrecuite. Lorsqu'on a la quantité d'eau de lessivage saturée, nécessaire pour faire une cuite ordinaire, unremplit de cette eau une chaudière de. cuivre, fig. 4,5, 6, montée sur un fourneau dans lequel on fait un feusuffisant pour la faire bouillir. À me sure que cette eau diminue par l'évaporation il faut la remplacer par de nouvelle eau; mais si l'on en verse une trop grande quantité à la fois, on produit un refroidissement qui, en suspendant l’ébullition, retarde sensiblement l’ opération. On évite.cet inconvénient en plaçant au-dessus de la chaudière le .cuvier où se fait la saturation et le dépôt. Celui-ci est muni de trois chantepleures placées à diverses hauteurs ,au moy desquelles on ralentit l'écoulement de la liqueur à volonté,. de manière qu'il n’en arrive dans la chaudière qu’en proportion de celle qui s’évapore.

Ce moyen ; dans Jes petits ateliers, supplée au bassin d'évaporation dont ,on fait usage dans ceux montés en grand ét.qu on voit représentés fig. à et 6.Ce bassin best chauffé par la fumée qui s'échappe du foyer de la chaudière. Il doit contenir à peu près la moîtié du liquide nécessaire pour remplir celle-ci, qu'il alimente.au moyen d’un tuyau d'écoulement. \

Lorsque l’eau ,-dans la chaudière de cuite, commence à entrer en ébullition, il se forme d’abord à sa surface; et en grande quantité,une écume blanche due, en général, à des matières animales et végétales. Ces écumes ramassées avec une écumoire et égouttées, sont rejetées “parmi les pires à exploiter. Pendant tout le tempsde l’évaporation ces écumes continuent à se produire. Elles deviennent mème plus abondantes vers fin -Ona soin de les enlever à mesure qu’elles se forment , pour les jeter dans ün baquet placé au-dessus de la chaudière où elles s’égouttent.

.… Mais comme les dernières écumes sont plus richesen sal- . po , on leur . subir quelques lavages avant de les re-

; " “ba LIV. V. CH. TI EXTRACTION.

La liqueur ne tarde pas ensuite à se troubler: Îles portions de carbonate de chaux et de magnésie qui y étaient tenues en dissolution, à l’aide d’un excès d'acide carbonique, s'en séparant à mesure que cet excès d'a cide’est volatilisé par la chaleur. Ce sont ces matières terreuses que les salpêtriers appellent boues. Si on les laissait se déposer au fond de la chaudière, ellés pourraient y adhérer assez fortement pour qu’il devint très-difficile de les en détacher sans l'endommager. Comme d’ailleurs élles nuiraient à la cristallisation ct à la pureté du salpètre, îl importe de prévenir ces inconvéniens. On y parvient en plaçant'au centre de la liqueur, et à 6 centimètres environ du fond de la chaudière, un chaudron évasé dans lequel ces terres seprécipitent pour la plus grande partie ;au moyen du mouvement des eaux que Pébullition dirige de la circonférence au centre. Ce vase est suspendu dans la liqueur par une chaîne de fer tenant à une corde quiglisse sur une poulie fixée au-dessus de la chaudière. On le retire de temps en temps, lorsqu'on présume qu'il est plein ; on le vide dans un baquet placé au-dessus de la chaudière et percé d’un trou, pour y laisser égoutter l'eau qui se sépare des terres. : |

Il faut avoir, l'attention d'entretenir l’ébullition au même degré per une chaleur égale; un feu ralenti l’arrête; un feu tp fort produit, surtout vers la fin de la cuite, un gonflement capable de faire passer la liqueur par-dessus les bords de la chaudière.

1550.Les eaux de cuite contiennent plus ou moins desel marin, suivant la qualité de res lessivées. Ce sel n'äyant pas,. comme le salpètre, la propriété d'être beaucoup plus soluble dans, l’eau bouillante que dans l’eau. froide, cristallise: lorsque l’évaporation est assez avancée. On retire alors le chaudron destiné à recevoir les boues ; le sel se précipite au fond de Ja chaudière, d’où l’on a soin

#2 DU NÎITRÉ, | 753 dele retirer avec l'écumoire, pourle] jeter dans une manne d'osier placée au-dessus. |

Il est bon, à ce point de la cuite, de ralenur le feu sous la chaudière ; l'opération est un peu plus longue, mais les résultats s’obtiennent avec plus de régularité; les sels cristallisent plus librement , et observent mieux de leur cristallisation les lois de dé solubilité.. Lorsque le sel

marin cristallise avec abondance, la liqueur approche du

degré convenable de concentration; pour en juger, on en fait tomber quelques gouttes sur un corps froid et uni, et si la liqueur est suflisimment réduite , ces gouttes doivent s'y figer et former une cristallisation.

197 1. Au bout de quinze à dix-huit heures, le sel marin, ainsi que les corps étrangers qui avaient pu rester suspendus dans la liqueur par le mouvement de l’ébullition, se sont déposés sur les parois et au fond de la chaudière. On décante alors la cuite avec des puisoirs, en prenant toutes, les précautions convenables pour éviter de détacher ou d'enlever les sels et les parties terreuses. Dans les petits ateliers, cette liqueur de la cuite, tirée avec les puisoirs, est portée, dans des pans de cuivre. On l’y abandonne à elle-même } jusqu’à ce qu'elle soit revenue à la température de l'atmosphère , et que par ce refroidissement la cristallisation du nitrate de potasse soit achevée. Cet effet a lieu plus ou moins promptement, et d’une manière plus ou moins complète, suivant la température; trois ou quatre jours suffisent en hiver; il en faut davantage en été, et on obtient un peu moins de salpêtre cristallisé, parce que les eaux surnageantes en retiennent davantage en dissolution. Lorsque la cristalli-

sation a cessé d’avoir lieu, on décante la liqueur, qu’alors

on appelle eau surnageante ou eau-mère, ensuite on dresse les bassins en les élevant deux à deux, inclinés l’un vers l’autre sur un baquet , pour égoutter Es cristaux.

- Dans Les ateliers établis sur une grande « échelle, la cris

Eos = AE 5 ae

it ne Fe 43

754 Liv. V. CH, KITI. EXTRACTION

tallisation est déterminée d’une manière beaucoup plus prompte et avec une grande facilité : on décante la cuite dans un grand bassin de cuivre à fond plat, dont nous par- Terons en traitant du raffinage , et la cristallisätion $’obtient par le moyen employé dans cette déntéré opération.

1972. On peut tirer parti des eaix mères quand elles contiennent encore des nitrates terreux, ainsi que lorsqu elles renférment un excès d’alcali. T1 Un de les mêler aux eaux de cuite. Si pourtant, à force de répéter celte opération , on obtenait des eaux-mères trop colorées si vaudrait mieux les rejeter sur les plâtras eux-mêmes.

Quant au salpêtre que contiennent Les dépôts terreux,

on parvient à les en dépouiller au moyen de lavages, de même que celui qui a été entraîné par les écumes. Voici le moyen de retirer celui qui est retenu par le sel marin : après avoir mis de l’eau dans une chaudière jusqu'aux deux tiers de sa hauteur, et l'avoir chauffée à l'ébullition , on y fait dissoudre du sel marin pur, jusqu’à ce qu ’elle en soit saturée , et après avoir rempli un grand panier d’osier suspendu à à une poulie du sel qu’on a à laver, on trempe ce panier dans la chaudière. La liqueur de cette chaudière, qui est complétement saturée de sel marin, ne peut agir que sur le salpêtre qu’elle dissout et qu “elle enlève au sel marin. Âu bout de quelque temps, on Fa le panier d’osier , et on le fait égoutter ; on recommence avec une nouvelle quantité de sel, et ainsi de suite. Le sel estensuite vendu aux glaciers, aux manufacturiers ou aux cultivateurs. Il faut s’en méfier pour les usages domesiiques Car H peut retenir du cuivre provenant de la chaudière. Les eaux de lavage sont reportées dans le travail ordinaire et mêlées aux eaux de cuite.

On peut aussi - procéder d'une autre manière. On met alors le sel marin avec le quart de son poids ’eau et on chauffe jusqu'à 4o ou 5o°c. On brasse bien, on retire le

résidu et on l'égoutte, Fe cau aura dissous pres tout le

DU NÎTRÉ. | 555 nitré et $e sera saturée de sel marin , mais elle n'aura dissous que la dixième partie du sel marin employé. On la fera passer de même parmi les eaux de cuite.

Le sel marin brut contient de 5 à 20 pour 100 de nitre. Il vaut donc bien la peine de lui faire subir l’un ou l’autre de ces traitemens. Mais il contient en outre du chlorure de potassium. Pour utiliser celui-ci, il faudrait toujours ajouter à l’eau de nitre une quantité convenable de sulfate de soude. :

| Raffinage du salpétre.

1573, Le nitrate de potasse cristallisé brut contient encore environ 29 centièmes de substances étrangères dont il est nécessaire de le séparer. L'opération qui a pour objet cette séparation s'appelle raffinage du salpétre.

. Le raffinage du salpètre est fondé NRA sur la propriété qu'a le nitre d’être bien plus soluble dans l’eau chaude que les chlorures de sodium et de potassium qui Jui sont unis. $

Il existe plusieurs procédés de raffinage : dans le plus anciennement usité, le salpètre subit deux dissolutions successives, et il est reproduit par deux nouvelles cristallisations , qui l’'amènent au dernier degré de pureté,

Deuxième cuite. Pour lot on met dans une chadiidà 6 parties d’eau et 36 de salpêtre qu'on y initroduit successivement ; on entretient l’ébullition ; les matières grasses extractives et terréuses forment des écumes que l’on enlève. Lorsqu'elles commencent à devenir moins abondantes, on procède à l'opération du collage. Pour

cela, on fait fondre dans une bassine de cuivre une petite quantité de colle forte dans de l’eau. On verse ce mélange en deux fois dans la chaudière, puis on brasse bien ; cette colle entraine avec elle à la surface tous les corps liées suspendus dans la liqueur, ce qui donne lieu à une grande quantité dponte qu'on enlève promptement. Lorsque

#56 LIV. V. CH. XIIT. RAFFINAGE ces écumes deviennent plus rares, on ajoute de l’eau froide dans la chaudière, on brasse, on écume de nouveau; on fait ensuite une seconde, une troisième, une quatrième addition d’eau froide, on ramène alors la liqueur à l’état d’ébullition , et aussitôt on retire le feu du fourneau. Après quelques heures de repos on déeante la liqueur dans des bassins de cuivre qu’on recouvre demorceaux de bois pour rendre le refroidissement plus lent à s’opérer. On les met ensuite s’égoutter sur des baquets, comme pour la cris-

tallisation du salpêtre brut. : je

1574. Troisième cuite. Le salpêtre, après ce premier raflinage, est en pains solides ; dans cet état, il est déjà plus pur; mais comme il a cristallisé dans des éaux chargées de chlorures, ïl a dû en entraîner dans sa cristallisation et s’imprégner en outre d’eau saturée de chlorures. IL s’agit de l'en débarrasser. On le fait fondre une seconde fois en portant la mise d’eau au tiers de la quantité de salpêtre; : on exécute les collages et lavages ainsi que toutes les au-. tres opérations, de la même manière, puis on fait cristalliser.

Le salpêtre en pains ainsi préparé, est porté sur un théâtre ou glacis: Sur le théâtre sont pratiqués, dans le sens de sa pente, des chéneaux doublés en FI le long desquels on dispose les pains deux à deux pour s "y égoutter. Ces chéneaux aboutissent à un conduit qui commu- - nique avecunerecette. Le local de ce séchoir doit être trèsaéré, pour faciliter la dessication des pains; il faut plusieurs mois pour qu'elle ait complétement lieu.

‘Les produits des raffinages sont, comme on l’a vu, les écumes, le dépôt terreux et les eaux surnageantes à la cristallisation du salpêtre des deuxième et troisième cuites.

Les écumes de laseconde cuite sont traitées comme celles de la première; quant à celles que produit le troisième raflinage, elles diffèrent des autres en ce qu'elles sont plus pures, et qu'elles contiennent‘ beaucoup plus de salpètre,

EN

DU NITRE. À 799 On les fait fondre dans une très-petite proportion d’eau, et lorsque la dissolution est CO 9 on la passe sur un tamis très-fin; la liqueur mise à cristalliser donne du salpêtre de dis cuites très-beau : on mêle ensuite le résidu avec les premières écumes. LÉ dépôts terreux des raflinages doivent'être réunis à ceux dont nous avons parlé à la première opération, pour être traités comme eux ; les eaux surnageanies à la cristallisation des deuxième et troisième cuites sont traitées comme celles de la première,

. 1975. Tel était le mode de raffinage {du salpêtre employé autrefois, maïs on préfère le procédé suivant :

La chaudière destinée au raflinage se charge la veille du jour où cette opération doit avoir ba de be kilogrammes d'eau ordinaire, et de 1200 kilog de salpêtre brut. On ne fait alors , sous cette chaudière, que le feu nécessaire

pour opérer, pendant la nuit, la dissolution de cette première mise de salpêtre. Le lendemain matin, le feu est augmenté, et la chaudière est chargée à plusieurs reprises de nouvelles quantités de salpètre, jusqu’à la concurrence de 3000 kilogrammes. Pendant tout ce temps on a soïn de bien remuer, et d'enlever exactement les écumes à mesure qu'elles se présentent à la surface de la liqueur. Lorsqu'elle

a été pendant quelque temps en ébullition, et que la dis-

solution du salpètre est complète, on retire du fond de la chaudière le sel marin non dissous qui peut s'y trouver. On ajoute de temps en temps de l’eau froide à la liqueur, afin de faciliter la précipitation de celui que la chaleur aurait pu maintenir en dissolution. Lorsqu'on s’est bien assuré qu'il ne s’en dépose plus, on verse dans la chaudière une dissolution d’un kilogramme de colle de Flandre dans une suffisante quantité d’eau chaude, on brasse bien, et ON

écume en faisant plusieurs additions d’eau, jusqu à la con currence de 400 kilogrammes, depuis la première mise, de manière à compléter la quantité totale de 1000 kilog.

Lorsque la liqueur du raflinage ne produit plus d'écuz

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