LIŸ, III, CH. III. OXIDES
774. ILest évidentque nous aurons rarement à considérer les phénomènes qui résultent des réactions produites par les oxides singuliers ou par les oxides salins. Les premiers ne forment | jamais de combinaisons ou n’en forment que de très-instables ; les seconds sont toujours détruits et ramenés à leurs oxides élémentaires par tous les agens puissans.
775.Toute l'étude des oxides métalliques doit donc porter principalement sur lés oxides acides, basiques ou indifférens dont la formation, la destruction ou le passage à l’état salin accompagnent tant de phénomènes chimiques d’une haute importance. C’est pour rendre leur étude plus aisée que nous avons placé ici un tableau qui -présente leur ordre, en les supposant rangés d'après leur tendance positive ou négative. Nous avon$ placé les plus
positifs ou les bases AN un premier groupe ;, nous avons =
mis en second lieu ceux qui sont indifférens, et à la fin ”
ceux qui offrent les caractères les plus négatifs, c'est-à-
dire les acides. Dans chaque section, les oxides sont rangés
à peu près dans l’ordre de leur énergie, en allant de celui qui est le plus basique à celui qui est le plus‘acide. De tellé sorte que le tableau général offre encore la même disposition, et qu'à mesure qu'on déscend, le caractère négatif ou acide devient prédominant; ce tableau permet de pré voir ou d'expliquer un grand nombre de réactions. Toutefois, plusieurs oxides ne sont encore placés qu'avec doute au rang qu” ‘ils oceupént. |
ne 1 URL 2 C-
Oxide de botsssilm, EE KO.
— de sodium, , . : . NaO,..
— de lithium, 2 1107 4 de barium. +. L:,-BaO A Mdr: strontium. ‘+ he ! Sr 0! poaeE n —— dé calcium. ... . . Ca O, . — de magnésiuni. . : My 0. | a
d’ytirium. 8 æ F . Y 0.
nn
mrude, fers: use Fe O.
— . de manganèse. Mn O —: de plomb.5. . .. Pb O.
— d'argent. . . . : . Ag O ?— de cadmium... . Cd O — “de mercure. . . . Hg° O 2° "" de cerium. . 4. . Ce O 22. de cobalt. Co O ?— de nickel. . . : . MO.
Bioxide de mercure : .:. Hg O Oxide de zine.. 4 « . Zn O ++ Bioxide de cuivre. ; :.:, . CuO.
:, . Oxide de palladium.. . . PdO.
. — d'urane@ , .:,:, U O.
— de glucinium, G? 0° — d'aluminium . . . AI 05 — * der. ... . . . Fe? Où — de manganèse. . ,. Mn? O° — de chrome... . . , Ch? O* = d’antimoine. . Sb? O*, — de cérium. . .! . . Ce? Of 1) duranes:, 7 21) 6 U0?
+) /d'étain. 210 tu St O.
— de bismuth. Bi? O* — ‘de tellure, . ,. .:.Te O?.
— de rhodium. .:, , R? 0° —. d'iridium.. 4... Ïr O0.
— de platine. «Pt O*?
— dort 2 Et, Aus Q Acide stannique. . . . . St O2.
— ‘ütanique. . . . . "110?
— antimonieux. . . Sh O?.
— tantalique, . Ta 0 — antimonique. . . Sb Of — tungsiique. , . . W Of -— molybdique . . . Mo Of.
— manganésique . , Mn?0O®.
— chromique, , , . Chr 0".
me LIv. Ii, Cf. IT. OXIDES Propriétés des oxides métalliques.
756. Tous les oxides sont, à la température ordinaire, solides, cassans, ternes à l’état de poussière. Ils sont tous sans odeur, insipides, excepté ceux de la seconde section , les acides solubles et l’oxide d'osmium. Quelques-uns sont blancs, les autres sont colorés de diverses manières; ils sont tous plus denses que l’eau.
777.L'action de l'électricité sur ces corps est quelquefois nulle. Tel est le cas de l’alumine dont on n’a pu extraire le métal par ce moyen. Dans tous ceux des cinq dernières sections elle sépare l’oxigène dû métal, Une pile de cent paires sufht pour décomposer les oxides les plus persistans, mais il n’est pas récessaire d’un appareil aussi énergique pour ceux qui sont le résultat d’une combinaison faible. Une paire ou, deux sont même quelquefois assez puissantes. Pour constater ces résultats, il suffit en général d'huniecter l'oxide avec un peu d’eau pour le rendre conducteur du fluide électrique et de le mêtire en contact avec deux fils de platine en communication avec les pôles de la pile. L’oxigène se transporte au pôle positif, et le métal réduit s’accumule, sous forme de poussière, en cristaux, ou à l’état de globules métalliques sur le fil négatif. Lorsqu'il est susceptible de‘s’atlier facilément au mercure et que d’ailleurs la décompositio n de l'oxide exige des moyens énergiques, on forme unè pétite capsule avec l'oxide humecté, on place un peu de mercure dans la cavité et on plonge le fil négatif dans « ce métal. À mesure que l'oxide se réduit, il se produit de la sorte un amalgame plus ou moins riche qui a l'avantage de résister plus long-temps à l’action de l'air que le métal pur, si celui-ci appartient à la seconde section. | |
I] faut concevoir, à cet égard, que la faculté conductrice de l’oxide entre pour beaucoup dans le phénomène. 11
peut arriver que des oxides résistent à l’action de la pile uniquement parce qu'ils sont mauvais conducteurs, bien que leur radical ait en réalité moins de tendance à à s'unir à l'oxigène que celui des oxides que nous pouvons décomposer par ce moyen. . | à.
778. Les oxides se magnétisent plus difficilement que les métaux. On n’en connaît que deux qui soient attirables au barreau aimanté, ce sontle deutoxide de fér et le protoxide de fer ou du moins quelques composés qui renferment du protoxide de ce métal. La pierre d’aimant n'est elle-même autre chose que du deutoxide de fer naturel, qui s’est magnétisé par suite de sa situation favorable et prolongée, à l'égard du méridien magnétique.
779. Action de la chaleur. L'inspection du tableau de la classifi@ation des métaux sufhit pour indiquer l'action que Ja chaleur exerce sur la plupartdes oxides qui y sont compris. On y voit que pour les oxides des deux dernières sections, il arrive (oHlQnrs un instant où l'oxigène et'le métal se séparent. Cela n’a jamais lieu dans les quatre premières sections, mais il arrive souvent que les oxides riches en oxigène en abandonnent une partie et passent à un degré d’oxidation inférieur.
: Voici la listé des oxides compris dans les quatre pre. mières sections qui sont décomposés par la chaleur.
Bioxide"de calcium ÿ — destrontium — dezinc — denickel ? Décomposés au-dessous du rouges Acide antimonique à | ; Tritoxide de cuivre Bioxide de plomb Bioxide de barium r, Sesquioxide de sodium | — d’urane | — de cobait Bioxide de cuivre Deutoxide de plomb Dioxide de manganèse,
Is 7
Décomposés at, toüge naissant où au-dessus.
js or
95 Liv. lit. CH. Îfi. OXIDES
On ne connait qu'un seul oxide qui soit capable de se volatiliser; c’est l'oxide d’osmium. Il en existe, au contraire, un grand nombre qui sont fusibles ; mäîs la température nécessaire pour les fondre est très-variable. Les oxides de la deuxième section, la barite et là sirontiane, né fondent qu’au moyen du chalumeau à gaz oxigène et hydrégène. Les oxides de la cinquième section, ceux de la sixième et tous ceux qui sont compris dans le tableau qué nous venons de citer, se décomposent avant la température qui serait nécessaire pour les fondre. Enfin, parmi les autres oxides de la troisième et de la quatrième section, on observe généralement que les métaux très-fusibles fournissent des oxides très-fusibles eux-mêmes, maïs moins que leurs métaux. Dans le cas où le métal exige une chaleur blanche pour fondre, loxide semble au contraire, être toujours plus fusible que le métal. |
780. Æction de la lumière. On ne sait rien de précis rélativement à l'actionfdela lumière sur les oxides. Toutefois il paraît quelle est nulle sur le plus grand nombre d'entre
eux et qu elle tend à décomposer les oxides de la dernière section. On ne tient aucun compte de son influence daïs les laboratoires pour cette classe de corps, mais dans les ap-
plications industrielles il serait nécéssaire d'y avoir égard.
et de tenter de nouvelles expériences, avant de faire un emploi des oxides de la dernière section qui les exposerait
à l’action prolongée de la lumière.
781. Propriétés chimiques. Beaucoup de corps sont capables d’altérer les oxides , soit en s’'emparant de l'oxigène qu'ils renferment et mettant le métal en liberté, soit en s’unissant au métal et chassant l’oxigène, soit en se combinant à la fois à l’oxigène et au métal, soit enfin en s’unissent à j'oxide lui-même sans le détruire. Une étude détaillée et complète de ces différentes réactions est nécessaire, à cause de la haute importance de ces corps, soit
MÉTALLIOUES,. 09 dans la chimie générale, soit dans les PÉDACOHENE in seb
8». Action des corps non-métalliques. Les corps simpes non métalliques se divisent en trois groupes eu égard à leur action sur les oxides, Le’ premier comprend le gaz hydrog gène , le carbone, le bore, lesiliciuim , azote: ve: 1 qui ont. une action fort simple ou même nulle. Le se cond renferme le chlore, le brôme, l'iéde, le soufre le sélénium , le phosphore et l’arsenic. Pons cés corps ont “une action plus compliquée et à peu près de même nature. Le troisième ne contient s La P oxigène dont: PEAU est , et doit être spéciales : 4
783. Action de l'hydrogène. L'hydrogène tend à ramenér tous les oxides à l'état métallique, en s'emparant de leuroxigène pour former de l’eau. Leschimistes ont trouvé dans cêtte réaction un moyen d'analyse puissant et correct. Les arts ne tarderont pas à en ürer parti dans quelques occasions qui seront signalées en divers endroits de cét'ouvrage. : , |
Toutefois ; bien que Fe tendance positive de ? hydrogène soit très-craride, ce corps ne peut enlever Poxigène qu'à certains oxides. Les oxides de la deuxième section, les protoxides de la première résistent à son influence, même À ‘üne température fort élevée.
Tous les oxides des quatre dernières sections sont décomposés complétement par l'hydrogène; les uns le sont même à froid et prennent feu dans ce gaz; d’autres exigent une chaleur rouge obscure, quelques-uns ne sont réduits qu’au rouge cerise. Il ést facile de prévoir dans presque tous les cas à laquelle de ces trois séries appartient un oxide denné. En effet, il est évident que les oxides de la cinquième et de la sixième section se réduiront à une température peu élevée, On conçoit encore, que tous les oxides de la quatrième ou de la trétefhe section qui perdent au feu une portion de leur oxigène sont susceptibles