‹ Traité de chimie, appliquée aux arts (volume 2)Chapitre 45 sur 218 · LIV, III, CH, IV. CHLONURES · texte numérisé non relu

LIV, III, CH, IV. CHLONURES

sairement double de. celui del’oxigènequi setrouve dansles oxides correspondans aux chlorures, brômures , iodures ou fluorures. Il suflit,pour entendre cette loi, de se rappeler que deux atomes d'hydrogène, qui n'en exigent qu’un seul d’oxigène pour former de l'eau, en prennent au contraire deux de chlore, de brôme, d'iode ou de fluor pour former des hydracides.

Il résulte de cette loi, des rapprochemens nécessaires à connaître; nous allons les exposer, en prenant le: chlore pour exemple. Tout ce que nous dirons s'applique également au brôme, à l’iode et au fluor.

814. Supposons qu'un chlorure décompose l’eau ; plusieurs ças peuvent se présenter, mais le plus général et le plus simple consiste dans la transformation du métal en oxide et du chlore en acide hydrochlorique. Les proportions sont faciles à établir.

Produits employés. Produits obtenus.

| r at. métal. VR rat. métal, x at. chlorure = J rat. oxide Ses 2 té 2 at. chlore. 1 at. oxigène.

SNS —f2at hydrogène. 4 at. de hy- f 2 at. hydrogène . I at. oxigène, drochloriq.=\ 2 at. chlore.

D'ou il résulte évidemment, quelechlorure décomposera toujours autant d’atomes d’eau qu’il contient d’atomes de chlore, et qu'il produira un oxide contenant tout l'oxigène de l'eau décomposée.

Si, au contraire, on fait agir l'acide hydrochlorique sur un oxide, et qu'il se forme de l’eau et un chlorure, ce qui arrive ordinairement, il suflira de renverser Le tableau pour représenter cette nouvelle réaction. Mors chaque atome d'oxigène dans l’oxide en exige quatre d'acide hydrochlorique, pour en former deux d’eau, et un d’un chlorure renfermant Gcux atomes de chlore. ;

815. L'action des chlorures sur l’eau n’est pas toujours aussi simple. En effet, l'on peut concevoir que l’oxide formé soit capable de se combiner avec le chlorure employé,

MÉTALLIQUES: | 139 Alors une portion du chlorure décomposera l'eau comme on vient de l’établir ; il se formera une certaine quantité d'acide hydrochlorique qui restera libre, et en même temps une certaine quantité d'un composé de l’oxide produit et du chlorure non détruit. IL faut, pour que ce cas se réalise, que le chlorure puisse jouer le rôle d'acide; aussi ne doit-on s'attendre à observer de semblables réactions qu'autant que le métal est de nature électro-négative.' Les chlorures d'antimoine, de bismuth , etc., produiront, par exemple, ces sortes de composés. Il en sera de même des iodures , des bromures et des fluorures, sinon avec ces métaux, du moins avec des métaux analogues.

‘H pourrait arriver encore que l’hydracide produit, se combinant avec une portion du corps employé, le préservat de même de l’action de l’eau : alors ce serait l’oxide qui resterait libre, et il se formerait un hydrochlorate de chlorure, un hydrofluate de fluorure, etc. C’est ce qui arrive avec le fluorure de bore, le fluorure de silicium, et si l’on ne connait pas de composé métallique qui se com- ‘ porte de la même manière, cela tient peut-être à l'examen trop incomplet de ceux qui pourraient offrir cette espèce de réaction. Bien entendu, que la portion du corps qui décomposerait l’eau, agirait toujours comme on l'a dit plus haut, quant à la réaction atomique. |

Nous reviendrons sur l’action que l’eau peut exercer à l'égard de ces corps. Ce qu'on vient de voir suflit pour établir les règles précises relatives à leur composition , règles dont nous aurons besoin dans l'examen de leurs caractères généraux.

816. É tat. L'état des chlorures varie : les uns sont solides à la température ordinaire, c’est le plus grand nombre ; les autres sont liquides dans les mêmes circonstances ; pe ,ilen est qui sont presque gazeux,

On peut faire à ce suiet une remarque digne de quelque auention, L'atome du fluor est le plus Jéger; vient ensuite

136 LIV. IT. CH. IV. CHLORURES celui du chlore, puis celui du brôme, enfin celui de l’iode.

Or, la tendance de ces quatre corps à produire des com-

binaisons volatiles est précisément en raison inverse du

poids de leurs atomes.

En effet, tous les iodures sont solides ; les brômures le sont presque tous. Parmi les chlorures, ceux d'étain, de titane, de chrôme , de manganèse, sont liquides ; et parmi Jes fluorures on retrouve le même caractère aux composés correspondans, avec une volatilité qui paraît plus grande que celle des chlorures.

Tous les chlorures, même ceux qui sont liquides, sont plus pesans que l’eau. ;

Les chlorures solides sont tous inodores; mais les chlorures liquides exhalent des vapeurs douées d'une odeur irès-pénétrante.

La saveur des chlorures est très-variable ; celui d’argent seul n’en possède aucune, à cause de sa complète insolubilité. |

817.Action du feu.Tous cescorpssont fusibles à une température plus où moins élevée. Il en est qui sont liquides à la température ordinaire; il en est d’autres qui exigent “une chaleur rouge très-vive pour se fondre. Presque tous sont volatils, et si dans le nombre il en est quelques-uns qui le soient à peine, du moins à une très-haute température, et sous l'influence d’un courant de gaz, donnent-ils encore des signes évidens de sublimation. Pour le même métal, les perchlorures sont en général plus fusibles et plus volatils que les chlorures.

Presque tous ces corps sont inaltérables par la chaleur. Les composés produits par l'or, le platine, le rhodium, l'iridium et le palladium, sont les seuls qui soient détruits par le feu, et dans ce cas, le métal reste pur, et le corps électro-négatif se dégage, pourvu que la température soit assez élevée. | |

Page 1