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CHAPITRE X

Phosphures métalliques.

868. Tous les phosphures sont solides. Quand ils sont avec excès de métal, ils offrent l'éclat métallique; mais ils ne l’ont plus quand ils sont saturés de phosphore. Ils sont fusibles , cassans, diversement colorés , et insolubles dans l’eau : mais quelques-uns décomposent ce liquide.

La chaleur dégage des phosphures des quatre dernières sections une partie de leur phosphore; mais en général elle ne peut le leur enlever en entier. .L’oxigène transforme aisément les phosphures en phosphates ou bien en acide phosphorique et métal. Le chlore produit avec eux un chlorure métallique et du chlorure de phosphore. Il en est de même du brôme et de l’iode. Le soufre, le sélénium doivent agir d’nne manière analogue. On ne connaît pas l’action des autres corps non métalliques ; mais elle:

doit être faible éxvepté l’arsenic. Quant aux métaux , ils ‘doivent se comporter à l'égard des phSrphuEss comme ils le font à l'égard des sulfures. |

L'eau n’altère pas les phosphures des quatre dernières sections, à moins qu’ils ne soient très-divisés, et qu’il n'y ait contact de l’air : le phosphore s’acidifie iii Elle agit au contraire tout à coup sur ceux de la première, ‘en donnant naissance à du gaz hydrogène phosphoré, à de l'hydrogène pur, et à un hypophosphite. ‘Les acides faibles produisent avec ces derniers du gaz hydrogène phosphoré et un sel. Les acides concentrés se comportent à l’égard des phosphures comme avec le métal et le phosphore pris séparément.

869. On peut se procurer les phosphures de plusieurs manières. 1° En faisant passer le phosphore en vapeur sur les métaux chauffés : c'est ainsi qu'on obtient les phosphures de cuivre, de potassium, de sodium. Pour ces deux

ER il suffit même de chaufler ensemble les métaux et le phosphore. 2° En décomposant l'hydrogène phosphoré par les métaux. Ceux des quatre premières sections peuvent se préparer ainsi. 3° En traitant les sels ou les chlorures dissous par l’hydrogène phosphoré. Ce procédé est applicable aux phosphures des trois dernières sections, et même au phosphure d’étain. 4° En réduisant les phosphates par l'hydrogène ; 5° en réduisant les mêmes sels par le charbon ; 6° en traitant des mélanges de phosphate acide de chaux , d’un métal ou d’un oxide, par le charbon. Ces trois derniers procédés ne s'appliquent qu'aux ne à à 6e des quatre derniéres#ections, et même difficilement à ceux de la cinquième et de la sixième. 7° Etenfin , en traitant certains oxides par le phosphore. Ce dernier RP VEE ne réussit bien qu'avec les métaux de la première, de la troisième , de la quatrième, et quelques-uns de ceux de la sixième section.

‘870. On applique souvent ce dérnier procédé à la pré- PAration des phosphures de la première section : c’est ainsi qu'on se procure ceux de barium, de strontium et de calcium. Il se preduit en ce cas un phosphate et un phosphure. On à long -temps considéré ces composés comme des phosphures d’oxide; mais il est facile de voir qu'il n’en est rien. En effet, quand on fait agir le phosphore sur la baryte, il en résulte une masse composée de sept atomés de métal , et douze atomes de phosphore. Ce serait une HAT sans exemple ; maïs en la considérant comme formée de cinq atomes de biphosphure de barium et un atome de phosphate de baryte, sa composition devient au contraire conforme à la théorie générale.

On obtient ce composé, en faisant passer le phosphoreen vapeur sur de la baryte incandescente, La réaction a lieu avec dégagement d’une vive lumière , et tout le phosphore disparaît. La baryte se trouve transformée en une masse scorifiée, brun-noirâtre, dure et d’un éclat métalloïde. Traitée par l’eau, cette masse fournit de l'hydrogène perr

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