PHOSPHATES
. Tous ces corps sont solubles dans l’alcool. Ils sont tous cristallisables et retiennent souvent de l’eau de. cristallisation.
Par la chaleur ils laissent dégager de l’azote et de l’oxigène, mais pourtant ceux des deux dernières sections fournissent de l'azote et de l'acide nitreux, le métal étant mis à nu.
Les acides puissans en dégagent le deutoxide d’azote. Les hypo-azotites réduisent presque subitement les dissolutions d'or. Le métal se dépose en poudre.
Phosphates.
La composition des phosphates est remarquable. E’acide phosphorique s’unit aux’ bases en cinq proportions différentes : on connaît des phosphates neutres, des sesquiphosphates, des biphosphates, des phosphates sesquibasiques, et des phosphates bibasiques. Dans les phosphates neutres, la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d’oxigène de l'acide, comme 2 à 5, ou bien en atomes. |
1 at. métal
Base = Me at: oxigene.
1 at. phosphore
2, 1/2 at. oxigène.
Acide==
977- Propriétés. Les phosphates des quatre premières sections, exposés à l’action de la chaleur, ne se décomposent pas, parce que l’acide phosphorique est fixe et indécomposable, ou que du moins il ne se volatilise que difficilement, surtout, quand il est combiné avec des oxides fixes eux-mêmes. Ceux des deux dernières sections sont au contraire détruits par le feu, la base perdant son oxigène. Il paraît même, que parmi ceux-ci, le phosphate d'argent résiste à une température fort élevée.
Les corps combustibles simples non-métalliques décom-
posent les phosphates. Si l’on calcine un mélange de charbon et d’un phosphate dont la base soit irréductible par ce
corps, on obtient du gaz oxide de carbone, du phosphore, et un sous-phosphate, qui contient plus ou moins de base, suivant l’affinité de cette base pour l'acide. Si l’on opère avec un phosphate dont l’oxide peut se réduire par le charbon, on obtient de l'acide carbonique, ou de l’oxide de carbone , et un phosphure métallique. Il ne se formerait pas de phosphure si la température était trop élevée et que le phosphure püt ètre décomposé par la chaleur. On peut même dire, que dans la plupart des cas,, le phoôsphure est alors à l’état de sous-phosphure. Les phosphates des deux premières sections ne se décomposent qu’à une trèshaute température ; ceux de la troisième en exigent une beaucoup moindre; ceux des dernières se décomposent
avec facilité.
. L’analogie du bore avec le carbone donne lieu de croire que ce corps combustible agiraït sur les phosphates de la même manière que le charbon ; seulement, comme l’acide borique est solide, et qu'il tend à se combiner avec l’oxide du phosphate, il y aurait production d’un borate, et le phosphorese volatiliserait. Cependant, dans quelques cas, on obtiendrait un phosphure et de l'acide borique.
L'hydrogène doit décomposer , à une irès-haute température, les phosphates de la première section ainsi que ceux de la seconde : il doit se former de l'eau, du phosphore en vapeur, qui, mêlé à l'excès d'hydrogène , pourrait lui donner l'apparence de l'hydrogène. phosphoré; mais Ce gaz ne peut pas être obtenu, cär en supposant qu'il füt produit, il serait aussitôt décomposé par l'effet de la température élevée , à laquelle il serait soumis. Avec les phosphates des quatre dernières sections, on obtient de .. l'eau, un phosphure métallique ct du phosphore en vapeur.
Le phosphore ne peut avoir d’action que sur Îles phosphates dont la base est d'une réduction facile; il réduit sans doute l'oxide de ces phosphates, et fournit de l’acide phosphorique et un phosphure métallique.
SHOSPHATES. 287 . Ce que nous avons dit du phosphore, nous le dirons aussi du soufre; si la température n’est pas trop élevée, il se produira rt gaz acide sulfureux, et un sulfure métallique. .Ces divers phénomènes se concevront bien, si on se rappelle que l’acide phosphorique a peu d’affinité pour les oxides faciles à réduire, et qu'un métal ne se combine à un acide, qu ‘autant qu "il est oxidé.
Les phosphates de soude et de potasse sont les seuls qui soientsolubles dans l’eau , maïs tous le deviennent à la faveur d’un excès d'acide. Voilà pourquoi, lorsqu'on verse de l'acide phosphorique dans l’eau de baryte, de strontiane ou de chaux, il se forme un précipité qui disparaît à l’instant dans un excès d'acide. |
La baryte, la strontiane et la chaux sont les bases qui ont le plus de tendance à se combiner. à l'acide phosphorique par l’intermède de l’eau, puisqu'elles troublent la dissolution des phosphates de potasse, de soude et d’ammoniaque, Cependant la potasse, la soude et l’ammoniaque s'emparent d’une portion de l'acide des phosphates neutres de baryte , de strontiane et de chaux, et les font passer à l’état de sous-phosphates.
Tous les acides un peu forts décomposent en partie les phosphates neutres, et les transforment en phosphates acides; or, comme tous les phosphates acides sont solubles, et que tous les autres sels, à quelques-uns prés, Île sont également dans un excès de leur acide, il s’ensuit qu'avec J'acide phosphorique on dissoudra tous les phosphates, et qu'on y parviendra également avec presque tous les autres acides. Avec l'acide nitrique, on peut dissoudre tous Îles phosphates. L’acide sulfurique enlève même complétement: la baryte et l’oxide de plomb à l'acide phosphorique.
978. Etat nalur cl. On trouve onze phosphates ou sousphosphates dans la nature : ce sont ceux de chaux, de plomb, de fer, de soude, de magnésie, d'ammoniaque et de
238 IV. 111. CH. KVIf. PYROPHOSPHATES, :
magnésié, de potasse, de SRE et de fer, “0 EN ; de cuivre, d’urane.
Le phosphate de chaux naturel est le seul qui soit abondant. C'est lui qui, mêlé à la gélatine, au carbonate cal- Caire et à une petite quantité de phosphate de magnésié , constitue les os de tous les animaux. En Espagne, il constitue des collines entières à Logrosan:. | .