CONCRÉTIONS INTESTINALES
M. Zweifel* a trouvé dans le méconium de la bilirubine cristallisée, de la biliverdine, des acides biliaires, et une petite quantité d'acides gras. L'hydrobilirubine qui se forme dans rintestin grêle des adultes, par les procédés de la fermentation putride (page 260), n'existe pas dans le méconium.
D'après M. Hoppe-Seyler, la biliverdine y est contenue en si grande quantité que le méconium peut être employé avantageusement pour la préparation de cette matière colorante. Le méconium de veau lui a fourni 1 pour 100 de biliverdine*. L'existence de ce corps dans le méconium démontre l'absence des réactions réductrices dans l'intestin, pendant la vie intrautérine. Un autre fait qui paraît significatif à ce point de vue, est la présence dans le méconium de l'acide taurocholique, qui se dédouble si facilement dans la fermentation putride (page 262). Cela dit, voici la composition du méconium d'après M. Zweifel :
Eau 79,78 80,48
Matériaux solides 20,22 19,52
Cendres 0,978 0,87 i,238
Cholestérine 0,797 — —
Matières grasses .. 0,772 — —
§108. Concrétions intestinales. — On rencontre quelquefois, dans la panse de certains ruminants ou dans les intestins de quelques animaux, des concrétions dont les plus remarquables sont les bézoards orientaux. Ces derniers proviennent de la Capra œgagrus ou de V Antilope Dorias. Ils sont presque exclusivement formés d'un acide voisin des acides biliaires et. qu'on a désigné sous le nom (ïacide lithofellique. On l'extrait des bézoards à l'aide de l'alcool bouillant, qui le laisse déposer en croûtes formées par des cristaux incolores et durs. Ce sont des rhomboèdres aigus ou de petits prismes à six pans et à faces arrondies, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool, doués d'une saveur amôre, fusibles à 205°. Chauffé à l'air, cet acide émet des vapeurs aromatiques. Avec Tacide sulfurique et le sucre, il donne la réaction de Pettenkofer. Sa solution aqueuse possède un pouvoir dextrogyre faible. Il renferme C^^H'^O*.