Hoppe-Soyler, Physiohgische Chemie, p
cette oxydation spontanée du sang : le sang rendu adde, et dans lequel Thémoglobine a éprouvé le dédoublement qui donne naissance à Phématine, ne laisse dégager dans le vide qu'une quantité insignifiante d'oxygène.
Une température de 40* favorise le départ de l'oxygène du sang; mais il faut remarquer d'un autre côté, qu'à cette température, la combustion intérieure dont il vient d'être question s'accomplit d'une manière plus active qu'à 0*. D'un autre côté, à cette dernière température, le sang exposé dans le vide perd son oxygène plus difficilement, d'après M. Pflùger; 100 volumes de sang n'ont abandonné, en effet, à 0<», l'action du vide ayant été prolongée pendant vingt-quatre heures, que 3,8 volumes, et ont retenu 4,1 volumes de ce gaz qui ne se sont dégagés qu'à 40*. Le môme observateur a reconnu que l'oxygène du sang artériel se dégage plus facilement, sous l'influence du vide, que celui du sang veineux*.
Il résulte de ces faits que le dosage de l'oxygène du sang, par Faction du vide, est une opération délicate qui demande à être exécutée très rapidement à 40*», comme on l'a indiqué plus haut. Nous exposerons plus loin un procédé de dosage qui esl dû à MM. Schùtzenberger et Ch. Risler, et qui est fondé sur l'emploi de Thydrosulfite de sodium.
Mentionnons, en terminant, quelques chiffres obtenus par M. Gréhant :
100 centimètres cubes de sang ont donné.. Oxygène à 0^ et 760**
Sang normal de Tartère carotido 16,3 cent, cubes
Sang de Tartèrc carotide après une inhalation d*oxygène 23,3 I» I»
Sang de l'artère carotide agité dans une
atmosphère d'oxygène 26,8 » »
Pour résumer ce long exposé, nous dirons que 100 vol. de sang artériel du chien laissent dégager, en moyenne, 22 '*',2 d'oxygène à 0° et à 0'",76 (PflQger).
L'oxygène que le sang laisse dégager est celui qui était combiné à Théinoglobine, et l'on doit remarquer que ce dégagement marche à peu près parallèlement avec l'absorption de
1. E.-F.-W. Pflûger, Ueber die Kohlensdure des Blutes. Bonn, p. 6.
l'oxygène par Phémoglobine. 100 grammes de sang de chien qui dégagent environ 22^,2 d'oxygène renferment, d*après M. Hoppe-Seyler, 13»', 79 d'hémoglobine qui sont capables d'absorber 23«,8 d*oxygène à 0« et O^jTô de pression: On peut donc dire avec M. Gréhant que la proportion d'oxygène que renferme le sang est subordonnée à sa richesse en hémoglobine. La môme conclusion découle des expériences de Wi. Jolyet et Laffont^
Uadde carbonique que le sang perd par son exposition dans le vide est celui qui est contenu dans le sérum. Mais, chose remarquable, le sang abandonne dans le vide une quantité d'acide carbonique de beaucoup supérieure à celle que le sérum de ce sang abandonnerait dans les mêmes conditions. (Voir page 335.)
Ce fait important a été découvert par M. Schôffer. M. Preyer l'a, pour ainsi dire, mis en lumière en démontrant l'influence des globules du sang sur le dégagement de l'acide carbonique « combiné » dans le sérum (page 336). Voici son expérience. Il a partagé du sang frais en deux portions ; une portion a été entièrement privée de gaz par le vide, l'autre portion a été abandonnée à la coagulation. Le sérum séparé de cette portion ayant été privé de gaz dans le vide, on y a ajouté l'autre portion du sang, également privée de gaz : une nouvelle quantité de gaz carbonique a pu être dégagée de ce mélange. Ce sont évidemment les globules qui ont expulsé du sérum le gaz carbonique qui y était en combinaison, et que l'action seule du vide n'avait pu chasser.
Les globules agissent donc dans cette circonstance comme ferait un acide capable de déplacer l'acide carbonique des carbonates, car il résulte des expériences de M. Pflùger* que cet acide, nous entendons celui qui est combiné à la soude à l'état de carbonate neutre, peut être expulsé à peu de chose près par l'action prolongée du vide sur le sang, si l'on a soin d'arrêter rhumidité au passage, c'est-à-dire défaire le vide sec. 100 volumes de sang artériel de chien laissent dégager, en moyenne, dans ces conditions, 34'»^ 3 de gaz carbonique (Pflûger).
1. Recherches sur la quantité et la capacité respiratoire du sang par la méthode colorimétrique, {Gazette médicale de Paris, 1877, p. 349.) S. Ueber die KohlensaUre des Blutes. Bonn, 1864.
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L'acide qui a^t dans ces expériences, et qui, soit dit en passant, doit aussi jouer un rôle dans Pexhalation de Tacide carbonique par le poumon, est un acide faible : il ne chasse Tacide carbonique des carbonates qu'à 4.0* et dans le vide. Quel est cet acide? Cette question n'est pas résolue. Quand on considère que le dédoublement de Thémoglobine en matière albuminolde et en hématine donne naissance, d'après M. Hoppe-Seyler, à une petite quantité d'acides gras, on serait tenté d'attribuer à ces acides un rôle dans Texpulsion de l'acide carbonique. Mais une telle conclusion ne serait pas légitime, car Texpérience démontre que le sang privé de gaz ne renferme que très peu d*hématine : il montre les raies d'absorption de l'hémoglobine réduite. Celle-ci ne se dédouble donc pas. D'après M. PfliigerS le sang artériel perd plus facilement son acide carbonique que le sang veineux, et si ce dernier est agité avec de Toxygène, il laisse dégager, de même, son acide carbonique avec plus de facilité. Il semblerait donc que l'oxygène joue un rôle, au moins indirect, dans la formation de l'acide dont il s'agit. Cet acide ne serait-il autre que Toxyhémoglobine elle-même? On serait tenté de le soutenir, en prenant en considération ce fait que dans le sang privé de gaz l'hémoglobine est sortie des globules et s'est répandue dans le sérum qui prend l'apparence d'une laque rouge. Mais, d'un autre côté, il ne faut pas perdre de vue que, lorsque les dernières portions de gaz carbonique sont expulsées du sang, l'oxygène s'est déjà dégagé et que l'oxyhémoglobine est réduite à l'état d'hémoglobine. Ce serait donc à cette dernière qu'il faudrait attribuer le pouvoir de décomposer les carbonates, et alors on ne conçoit plus l'influence de l'oxygène dont il a été question plus haut. Ajoutons qu'on a attribué la formation de l'acide dont il s'agit à la décomposition que subissent les globules blancs et peut-être les hématoblastes, aussitôt après l'émission du sang. Cela est possible ; mais la nature et les produits de cette décomposition sont inconnus, et c'est pour ainsi dire en désespoir de cause qu'on s'est adressé à la lécithine des globules pour lui faire jouer un rôle dans la réaction dont il s'agit. Comme les acides oléique et margarique ou palmitique sont des produits du dédoublement de la lécithine, on a sup-
1. E.-F.-W. Paager, (Jeber die Kohlensdure des Blutes. Bonn, 1804.
posé que ce dédoublement a lieu et que les acides mis en liberté agissent sur les carbonates du sang. C'est encore une hypothèse que rien ne démontre, nous disons plus, que rien n*appuie jusqu'à présent. La question reste donc entière, et si le fait de l'influence des globules sur le dégagement de l'acide carbonique est établi, des recherches ultérieures devront en donner Texplication.
§ 152. Après avoir exposé la constitution chimique des globules et celle du plasma et du sérum, il nous reste à indiquer la composition moyenne du sang lui-même.
En appliquant la méthode fondée sur le dosage de la fibrine dans le plasma et dans le sang de cheval (page 388), M. Hoppe- Seyler a trouvé que 1000 parties de ce sang renferment :
Plâsma 673,8
Globules 326,2
1000 parties de globules renferment :
Eau 565,0
Blatériaux solides 435,0
1000 parties de plasma renferment :
Eau 89«,0
Blatériaux solides iOl ,0
Fibrine 1 0, 1
Albumine 77,6
Blatières grasses 1,2
Bfatières extractiyes 4,0
SeU solubles 6,4
Sels insolubles 1,7
Il est facile de calculer, d'après ces données, la composition du sang de cheval en la rapportant à 1000 parties.
1000 parties de sang de cheval renferment :
Eau 006,7
Fibrine <^8
Albumine 58|3
Plasma 673,8 { Matières grasses 0,8
Matières extractives %1
Sels solubles 4,3
Sels insolubles 1,3
Eau 184,3
Globules 326,2 ] Matériaux solides des globules (hémoglobine, etc.) 141,9
MM. Hoppe-Seyler et Sacharjin ont trouvé dans 1000 parties de sang de cheval, en moyenne, 655,8 parties de plasma et 3kk,2 parties de globules. Bien que le chiffre des globules soit sensiblement plus fort, cette analyse s'accorde assez bien avec la précédente ; car il faut considérer que la proportion d'hémoglobine est sujette, dans le sang, à de grandes variations.
Voici les analyses de MM. Hoppe-Seyler et Sacharjin * :