‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 170 sur 452 · C. Schmidt · texte numérisé non relu

C. Schmidt

Ces résultats ont été contestés. D'un côté, M. Figuier avait fait remarquer depuis longtemps que le sang de la veine porte renferme une matière capable de réduire le liquide cupropotassique*. Ensuite M. Pavy a constaté que le sang des veines sushépatiques frais et normal ne renferme que des traces de sucre. Il admet que les fortes proportions de glucose signalées par Lehmann sont le produit d'une altération cadavérique. Faut-il mettre cette remarque de M. Pavy en rapport avec une assertion de MM. Plosz et Tiegel * qui ont signalé la présence dans le sang d'un ferment sacchariûant? M. de Mering', qui a employé des précautions particulières pour recueillir le sang de la veine porte et celui des veines sushépatiques chez des animaux vivants, a constaté que chez des chiens soumis à la diète le sang de la veine porte renferme constamment des quantités très appréciables de glucose et que, dans ces conditions, le sang qui entre dans le foie et celui qui en sort ne se distinguent en rien du sang du système circulatoire général. Pendant la digestion d'aliments féculents, le sang de la veine porte renferme au contraire un excès de sucre que le foie lui enlève probablement. Nous avons déjà mentionné cette autre assertion de M. de Mering qu'à la suite d'une alimentation parla dextrine ou l'amidon on voit apparaître dans le sang de la veine porte une substance dont le pouvoir réducteur est notablement augmenté par Pébullition avec l'acide sulfurique étendu. 11 admet que cette substance ne se rencontre pas dans le sang des veines sushépatiques.

D'après d'anciennes analyses de C.-G. Lehmann, le sang de la veine porte des chevaux et des chiens renferme moins de globules et plus de plasma que le sang des veines sushépatiques.

1. Voir en particulier « Lettre à M. Lehmann, à propos de son Mémoire sur la présence du sucre dans le sang de la veine porte, » par M. le docteur L. Figuier. [Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgief i8Ô5.)

2. PliÀger's Archiv. fur Physiologie, t. VU, p. 391 à 398 ; et Maly's Jahresàericht, t. m, p. 91. 1813.

3. Archiv fur AnoLi. und Physiol, partie physiologique, 1877, p. 379; et J«aly's Jahresbericht , i^ll, p. 131.

Voici les résultats :

Cheyaux, 5 A 10 heures après le repas. lOOO parties de sang Veine porte. Veines sushépatiques.

renferment I II ni I II m

Glolmles humides... 600,52 572,63 256,93 776,40 743,40 578,50

Plasma 399,48 427,37 743,07 223,60 256,60 427,50

Chiens nourris à la viande pendant plusieurs jours.

1000 parties de sang Veine porte. Veines sushépatiques.

renferment I II in I n III

Globales hamidef> 459,96 447,16 449,40 694,84 649,48 747,69

PUsma c. 540,09 552,84 550,60 305,16 350,52 252,39

Les globules rouges du sang des veines sushépatiques sont plus petits et plus sphériques que ceux de la veine porte.

Le sang de cette dernière veine est riche en globules blancs, mais le sang des veines sushépatiques en renferme encore davantage. D'après M. Hirt, le premier contient 1 leucocyte sur 52/i globules rouges; le second, 1 leucoyte sur 136 globules rouges.

Voici d'autres différences indiquées par Lehmann : le sang de la veine porte des chevaux et et des chiens est plus aqueux que celui des veines sushépathiques. 11 est aussi plus riche en matières grasses et en fer; mais comme, d'un autre côté, il est plus pauvre en globules, il en résulte que les globules des veines sushépatiques doivent être moins riches en hémoglobine que les globules du sang de la veine porte. Enfin, dernière particularité, le sang des veines sushépatiques renferme plus de matières extractives, moins de fibrine et d'albumine que celui de la veine porte.

Les résultats obtenus par Lehmann et que nous venons de rappeler, concernant les différences de composition du sang de la veine porte et du sang des veines sushépatiques, n'ont pas été confirmés depuis. M. C. Flùgge * a publié récemment des analyses comparatives de ces deux sangs ; il en résulte qu'il n'a pu constater aucune différence caractéristique et con-

1. Zeittehrift fUr Biologie, t. XUI, p. 133. Maly's Jahrwbericht, t. VU, p. 291, 1877.

stante dans la nature ou la proportion de leurs éléments. Nous

donnons ici les analyses de M. G. Flûgge en les rapportant à

1000 parties.

I II III rv

TeiM TfiiM TeiM Tciara T«Im TiIms T«m Ttim

^rte. iMhéHt. f«rte. nsMfi^ H^e. ■■•Mrit' pirta. ■■■Mpit

Eau 733,2 737,4 775,3 780,6 769,5 768,9 779,7 771,1

Matériaux solides 266,8 262,6 224,7 219,4 230,5 231,1 220,3 Si8,4

Azote 39,4 38,62 32,6 33,6 33,8 33,5 — —

Phosphate de

fer 1,71 1,76 1,81 1,77 1,73 1,83 1,47 1,49

Fer 0,63 0,65 0,67 0,66 0,64 0,68 0,55 0,55

Acide phospho-

rique total. 1,32 1,39 1,55 1,51 1,33 1,41 1,17 1,18 Chlorure de

potassium.. 0.69 0,55 1,16 1,01 0,096 0,119 0,075 — Chlorure de

sodium 6,97 6,83 1,52 3,75 4,73 5,39 5,90 —

D'un autre côté, la proportion d'hémoglobine a été sensiblement la même dans les deux sangs. En résumé, Tauteur ne conclut pas que le sang de la veine porte et celui des veines sushépatiqucs possèdent exactement la même composition ; il admet seulement que la circulation est tellement active et que la masse du sang qui passe dans le foie pendant vingtquatre heures est tellement considérable, par rapport à la masse de la bile excrétée pendant le môme temps, que les différences de composition entre les deux sangs doivent tomber dans la limite des erreurs d^observation.

M. Drosdoff* est arrivé à des résultats plus positifs. Ayant analysé le sang de la veine porte et celui des veines sushépatiques de chiens soumis à différents régimes, il a trouvé le premier sensiblement plus riche en matériaux solides que l'autre. Voici 4a proportion des matériaux solides qu'il a trouvée pour 1000 parties de sang :

I n ra rv

Veine porte 243,3 223,8 218,5 272,4

Veines sushépatiques 226,4 220,8 208,5 256,6

i. Zeiit^rin fUr physiologische C/iwite, 1. 1, p. 233, et MaW$ Johns- Wkhi, t. Vn, p. 294, 1877.

Les différences les plus caractéristiques ont été constatées dans la teneur des deux sangs en matières grasses, en lécitbine et en cholestérine. 1000 parties de sang renferment :

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