‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 222 sur 452 · I. Comptes rendus, t. XCV, p · texte numérisé non relu

I. Comptes rendus, t. XCV, p

sur ce sujet sont extraits de son travail* devenu classique.

^^09, Air raréfié. — Lorsqu'on fait diminuer successivement la pression d'une atmosphère confinée, les animaux éprouvent une gêne croissante de la respiration qui détermine divers symptômes et finalement des accidents mortels. La mort peut être attribuée, dans ce cas, à divers effets. Elle peut être due à une asphyxie par défaut d'oxygène, lorsqu'on a soin d'enlever Tacide carbonique. Elle peut arriver à la fois par privation d'oxygène et par empoisonnement par l'acide carbonique, lorsque l'animal respire dans une atmosphère raréfiée et confinée. Dans le premier cas, la mort arrive, d'après M. P. Bert, lorsque la raréfaction de l'oxygène est telle, que le produit de la proportion centésimale de ce gaz par la pression, exprimée en atmosphères, s'abaisse au-dessous de 3,5.

Cette raréfaction de l'oxygène peut être obtenue de deux manières, soit par la diminution de la pression, soit par la dilution dans un autre gaz. Ce qu'il faut considérer, comme M. Bert l'a fait justement remarquer, c'est la pression partielle qu'exerce l'oxygène dans un mélange gazeux. Les petits oiseaux, tels que les moineaux, succombent presque immédiatement, dans un air raréfié à 0",17 de pression, alors que la proportion d'oxygène atteint encore 19,6 pour 100 et que la proportion d'acide carbonique ne dépasse pas 0,6- pour 100. Ici l'asphyxie a lieu par privation d'oxygène : le produit de la

proportion centésimale (19,6) par la pression partielle -- est

égal à 4,4; à plus forte raison la mort arrivera- 1- elle lorsque ce produit sera devenu inférieur à 3,5, selon la formule donnée plus haut.

Prenons un autre cas. L'animal respire dans une atmosphère confinée soumise à la pression ordinaire. D'un côté, il épuise la provision de gaz oxygène, dont la tension partielle diminue de plus en plus. D'autre part, il vicie l'air en y déversant de l'acide carbonique. Au moment de sa mort, l'air ne renferme plus que 3,5 pour 100 d'oxygène et contient 14,7 pour 100 d'acide carbonique. La tension partielle de l'oxygène est égale

1. Recherches expérirtientales sur Vin/luenee que les modifications daM la pression baroniélrique exercent sur les phénomènes de la vie, par M. Paul Bert: Paris, 1871. G. Masson.

à 3,5 X =^ = 3,5*. Ainsi, dans ce cas la mort n'est arrivée qu'à

la suite d'une raréfaction de l'oxygène plus grande que dans le cas précédent, malgré l'accumulation de l'acide carbonique dans l'atmosphère mortelle.

Pour d'autres animaux, cette tension minimum de Toxygène a une autre valeur. Elle a été en moyenne de 4,5 pour des chouettes, de 4,4 pour des chats d'un mois ou adulte*;, de ,2 pour des chats de 3 jours, de 3,8 pour des lapins, de 2,5 pour des cochons d'Inde, de 3,0 pour un chien. Dans toutes ces expériences, c'est la tension partielle de l'oxygène qui exerçait seule une influence marquée. La pression barométrique ne faisait rien ou presque rien, d'après M. Bert, et la preuve en est que, dans une atmosphère plus riche en oxygène que l'air ordinaire, la pression peut diminuer sans inconvénient audessous de 0™,20, même de 0'",15. On a pu faire vivre des oiseaux sous une pression de^0",08 et même de 0™,06 dans une atmosphère d'oxygène pur*.

Dans ces conditions, la proportion d'oxygène contenue dans le san^ diminue notablement, ainsi que la démontré M. P. Bert'. Nous nous bornons à citer à cet égard les chiffres suivants :

100" de sang renferment

Oxypènc 20«%8 7"/» 7« 1

Acide carbonique 46 ,1 12 ,9 U ,9

D'après le même physiologiste, la diminution de la proportion d'oxygène devient manifeste à partir d'une diminution de pression de 200"'". C'est à cet appauvrissement du sang en oxygène qu'on doit attribuer, d'après M. Jourdanet, l'état d'anémie et d'affaiblissement dans lequel vivent les populations qui habitent les hauts plateaux des Andes. Sous l'influence de cette anoxyhémie leur sang artériel est moins rutilant. Le mal de montagne n'a pas d'autre cause d'après M. Paul Bert. MM. Frànkel et Gepperl^ admettent que la diminution de

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