‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 233 sur 452 · CIIYLE · texte numérisé non relu

CIIYLE

g 220. Le chyle est le liquide que charrient les vaisseaux lymphatiques qui, prenant leur origine dans les villosités intestinales, cheminent dans le mésentère et viennent aboutir au canal thoracique. Ce dernier déverse son contenu , mélange de chyle et de lymphe, dans la veine sous-clavière gauche.

Dans des expériences faites sur des poulains^M. G. Schmidt* a évalué la quantité de chyle déversée en vingt-quatre heures par le canal thoracique, pour 100 kilogrammes du poids de . ranimai, à 6^", 13 dont 3,40 seraient du chyle mésentërique et 2,73 au moins de la lymphe.

Pendant la digestion le chyle est lactescent, surtout dans le cas d'une alimentation riche en matières grasses : il est alors chargé de corpuscules graisseux d'une ténuité extrême, qui ont subi dans Tintestin Tinfluence du suc pancréatique. De fait, ce sont les chylifères qui sont chargés de l'absorption des matières grasses, et si le contenu de ces vaisseaux était moins riche en corps gras, il ne se distinguerait en rien de la lymphe. Dans l'intervalle des digestions, il s'en rapproche beaucoup. Il est alors opalescent, jaunâtre, quelquefois rosé, d'un goût et d'une odeur fades. Sa densité varie de 1,012 à 1,022. Comme la lymphe, il est spontanément coagulable,et se coagule, hors des vaisseaux, dans l'espace de quelques minutes. 11 doit cette propriété à une petite quantité de fibrine. Le caillot est peu volumineux, mou et gélatineux. Par le battage le chyle frais foixrnit une fibrine agrégée en flocons très blancs, tout à

1. BulL<tin de V Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg, t. IV, p. 355.

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fait semblables à la fibrine obtenue par le battage du sang.

Le chyle n'est spontanément coagulable qu'au sortir des premiers ganglions mësentériques. Il renferme alors, indépendamment de granulations fines formées de matières grasses, des corpuscules blancs, analogues à ceux de la lymphe et qui ne paraissent pas différer des globules blancs du sang ou leucocytes. Leur nombre augmente à mesure que le chyle passe dans des vaisseaux plus volumineux, tandis que sa richesse en corpuscules graisseux paraît diminuer. Nul doute que dans les ganglions lymphatiques du mésentère où pénètrent des capillaires sanguins il ne se fasse, par diffusion, un échange entre les éléments du sang et ceux du chyle, c'est-à-dire de la lymphe intestinale, jusqu'à établissement d'un état d'équilibre. L'action du sang est d'autant plus efficace, sous ce rapport, que son cours est beaucoup plus rapide que celui du chyle.

Le sérum du chyle est trouble ; l'agitation avec l'éther l'éclaircit. Il renferme une substance de nature albuminoïde analogue à la serine ou identique avec elle. Il contient aussi des peptones, non coagulables par la chaleur, mais qui sont précipitées par l'alcool et, en partie, par l'acide acétique. La proportion de ces matières peut s'élever, à quelques millièmes, pendant la digestion. Elles forment sans doute la majeure partie des matières organiques indéterminées ou extractives mentionnées dans les analyses suivantes.

M. Wurtz* a signalé, en 1858, la présence de l'urée dans le sënim du chyle d'un taureau, qui avait été nourri avec de la Tiande, par une fistule stomacale, et dont le chyle avait été recueilli par M. Colin. 600 grammes de ce liquide ayant été débarrassés, par la coagulation, des matières albuminoïdes, le liquide séparé du coagulum et évaporé à siccilë a été repris par l'alcool. L'extrait alcoolique ayant été épuisé par l'éther, c^lui-ci a abandonné par l'évaporation des cristaux d*urée qui ont ^té convertis partiellement en nitrate.

La présence de la glucose ou au moins d'une matière sucrée réduisant la liqueur cupro-potassique a été constatée dans le sérum du chyle, comme dans celui de la lymphe. M. de Mering *

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