‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 303 sur 452 · J. Liebig. Thierchemte, Braunschweig · texte numérisé non relu

J. Liebig. Thierchemte, Braunschweig

daient dans le combustible et qui n'existeat plus dans les produits de la combustion. De même, dans la machine animale, la force créée comme chaleur et comme mouvement tire son origine des affinités qui sont dépensées dans les phénomènes de la combustion respiratoire. Gomme affinités, elles sont perdues, mais elles reparaissent dans l'économie comme chaleur, et une portion de cotte chaleur peut être convertie en mouvement par voie d'équivalence. A ce dernier point de vue, l'appareil musculaire apparaît comme la machine motrice la plus parfaite : elle peut, d'après le calcul de M. Helmhoitz, convertir en travail mécanique le cinquième de la chaleur de combustion que peuvent fournir les aliments, alors que les bonnes machines à vapeur ne peuvent convertir en travail utile que la neuvième partie de l'énergie chimique qui réside dans le combustible.

Pour donner une idée de la puissance de la machine motrice animale, il suffira d'ajouter qu'un muscle de grenouille du poids de 1/2 gramme, et dont le volume égale à peine 1/2 centimètre cube, est capable de soulever un poids de 500 grammes.

§ 264. \^ Contraction musculaire . Elle se produit sous l'influence nerveuse et, en dehors de cette action, par celle de di- Tors excitants mécaniques, physiques ou chimiques. Parmi les excitants physiques les plus efficaces, il faut compter les étincelles électriques ; parmi les excitants chimiques, tous les corps qui altèrent la composition des muscles, et principalement celle du plasma musculaire. Ainsi, toutes les substances qui précipitent la myosine produisent des contractions. Il en est ainsi des acides faibles, des alcalis faibles, d'un grand nombre de sels. Que l'on dépose sur la section transversale d'un muscle de grenouille de l'acide chlorhydrique à 1/1000% on proToquera immédiatement une contraction. Par suite de la précipitation de la myosine, les parties touchées blanchiront d'abord, puis deviendront transparentes de nouveau, la myosine précipitée se dissolvant à l'état de syntonine. Le sang frais, l'eau pure, appliqués sur la section transversale d'un muscle de grenouille, déterminent, de même, des contractions, la dernière au bout de quelque temps seulement.

n semble donc que dans ce cas et dans les cas analogues,

ce soit le changement survenu dans la constitution du plasma musculaire qui a provoqué la contraction, et celle-ci s'est propagée par une sorte de conductibilité des couches qui ont été directement affectées jusqu'à Textrémité du muscle. On t supposé que les choses se passent d'une manière analogue lorsque le muscle se contracte sous l'influence de l'excitation nerveuse : celle-ci a pour effet un changement dans la composition du muscle. Ce changement, en se propageant dans toutes les fibres, serait la cause immédiate de la contraction. C'est là une hypothèse; le fait est que l'on peut constater des changements dans la composition du muscle après la contraction et surtout après le travail musculaire.

M. Helmholtz' a indiqué le premier l'influence de la contraction musculaire sur la composition chimique du muscle en faisant l'expérience suivante. Des deux cuisses d'une grenouille, dépouillées de leur peau, l'une est soumise à l'action prolongée d'étincelles électriques, de façon à provoquer des contractions jusqu'à perte de l'irritabilité; l'autre demeure en repos. Les muscles de la première renfermeront moins de matériaux solubles dans l'eau et insolubles dans l'alcool, et plus de matériaux solubles dans Talcool que les muscles de la seconde.

M. du Bois-Reymond a reconnu, de son côté, une différence dans la composition des muscles au repos et des muscles en travail : il a démontré que les contractions tétaniques avaient pour effet d'y produire une réaction acide; comme nous l'avons déjà indiqué, cette réaction est due à la formation de Tacide lactique. M. Heidenhain est allé plus loin, en montrant que le degré d'acidité du muscle est en rapport avec le travail produit. Voici son expérience. Un muscle de grenouille vivant est introduit dans une solution de sel marin bleuie avec de la teinture de tournesol. Si on le divise dans ce milieu, il montre, à l'état de repos, ce qu'on nomme la réaction amphichromatique : il est à peu près neutre, rougissant légèrement la teinture bleue, bleuissant légèrement la teinture rouge. Lorsqu'on examine sa réaction après l'avoir excité, on constate une légère acidité, et celle-ci augmente lorsque, sous l'influence des mêmes excitations, les muscles exécutent un travail : ils

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