‹ Traité de chimie biologique (volume 2)Chapitre 306 sur 452 · AnnaUê de Chim. et de Phys., t. ALVII, p · texte numérisé non relu

AnnaUê de Chim. et de Phys., t. ALVII, p

3. Archiv fiir physioiogische Heilkunde, N. Sér., t. I, p. 285.

4. Uniersucftungen iiber den SloffwerJisel der Mutkeln^ etc. Berlin, 1867* 9. Ardiiv fiir die ge$ammle Physiol,^ L XXIII, p. 161.

traire de 2^*'^,6 à 9^''>,4 pour 100 de gaz carbonique des muscles tétanisés, et de k^^\6 à 1 1^^',4 du même gaz des muscles reposés.

La formation de Tacide carbonique par suite de la contraction musculaire peut être mise en évidence par une expérience de cours fort instructive. On prépare un certain nombre de cuisses de grenouilles dont on suspend les nerfs craranz, réunis par un fil de platine, dans Fintérieur d'un flacon à travers lequel passe un courant d'air. Les pattes sont mises en contact avec un autre fil de platine, les deux fils passant par le bouchon. L'un deux étant mis en communication avec un des conducteurs d'une petite bobine de Ruhmkorff, on touche l'autre fil avec l'autre conducteur. A chaque contact, toutes les fois que le courant passe, les muscles sont agités par des contractions et l'air du flacon se charge d'une quantité d'acide carbonique suffisante pour troubler fortement l'eau de chaux d'un tube de Liebig dans lequel on dirige cet air.

g 266. Le sang du muscle. Les changements qu'éprouvent dans leur constitution chimique les muscles dans leurs diSîérents états physiologiques sont nécessairement subordonnés à l'afflux du sang, agent et intermédiaire nécessaire de tous les phénomènes de nutrition. De nombreux capillaires à parois minces cheminent parallèlement aux fibres musculaires, et des embranchements latéraux les relient perpendiculairement, comme des échelons. L'oxygène qu'apporte le sang artériel intervient à divers titres dans les phénomènes dont le muscle est le siège. D'abord il entretient l'irritabilité musculaire et cette influence se fait sentir même après la mort. M. G. Liebig a montré que des muscles détachés des os ne conservent pendant quelque temps leur irritabilité qu'au contact de l'air atmosphérique, et qu'ils meurent rapidement quand on les suspend dans une atmosphère d'acide carbonique. Il a fait voir de plus qu'ils continuent à absorber de l'oxygène dans l'air, en émettant du gaz carbonique ^

1. Le phénomène de labsorplion de Toxygène cl de l'émission de Tacide carbonique par les muscles excisés est en rapport avec les changemeots qu'éprouve la composition du muscle pendant la rigidité cadavérique et partirulièrement avec la formation de l'acide lactique. M. Ranke admet que les quantités d'acide carbonique émises sont jusqu'à un certain point proporUoonelles aux quantités d'acide lactique formées.

Les muscles prennent au sang artériel Toxygène dont ils ont besoin; ils cèdent au sang veineux Tacide carbonique. Cet échange de gaz est même le seul phénomène chimique qui ait été constaté, concernant les changements de composition que subit le sang dans son passage ^ travers les muscles, et les seules expériences que nous ayons à citer à cet égard sont celles de M. Sczelkow^, qui a analysé comparativement les gaz expulsés du sang artériel et du sang veineux des muscles à Fétat de repos et du sang veineux des muscles après la contraction. Voici les moyennes de ces expériences :

Sang artériel. . . .

Sang veineux des

muscles au repos .

Sang veineux des

muscles contractés

AZOTE

OXYGÈNE

ACIDE

carbonique total.

DIFFÉ- RENCES

pour l'oiyçènc.

DIFFÉ- RENCES

pour Taciiie carbonique.

La comparaison de ces nombres fait voir que le sang veineux qui revient des muscles contractés renferme moins d'oxygène et plus d'acide carbonique que le sang veineux qui revient des muscles reposés, preuve évidente que les phénomènes de la combustion respiratoire et de la désassimilation sont exaltés pendant la contraction musculaire. Ce résultat est conforme à ce qui a été exposé précédemment, mais il aurait besoin d'être corroboré par des analyses comparatives du sang artériel et du sang veineux ayant servi à la nutrition du muscle, analyses qui feraient connaître la nature des matériaux qui ont été modifiés ou qui ont disparu par le fait de la nutrition du muscle et de la contraction musculaire. Ces analyses, d'ailleurs difficiles, n'ont pas été faites et Ton est réduit, à cet égard, à quelques indications fournies par M. Ranke, sur les quantités d'eau que renferment, d'une part, les muscles de grenouille tétanisés et les muscles reposés, et d'autre part, sur les quan-

Page 1