GAZ DE L'URINE
Urines de la nuit
Les mêmes après ingestion de 1 litre d'eau
lOOO- RENFERMENT :
OXYGÈNE
AZOTB
ACIDB
carbonique
La proportion d'acide carbonique augmente, dans l'urine, avec l'activité croissante des phénomènes de la circulation et de la respiration. Voici la moyenne de six expériences que l'on doit au même auteur ^
Urines rendues après le repos. .
Urines rendues après la marche.
lOOO" RENFERMENT :
OXYGÈNE
AZOTE
AClDB
carbonique
DRÉR
CIl*Az«0 = COC^!î* AzH*
§ 296. L'urée ou diamide carbonique a été décrite dans le tome II de cet ouvrage (p. 103). Nous rappellerons brièvement ici son état naturel, ses modes de formation et ses principales propriétés.
Etat naturel. — L'urée se rencontre :
Dans l'urine des hommes et des carnivores; dans le sang normal de l'homme et de divers animaux; dans le chyle et dans la lymphe du taureau, de la vache, du cheval, etc. (voir pages 493 et 498) ; dans la liqueur amniotique de la femme (Wœhler) ; dans les liquides des hydropisies (Marchand) ; dans
1. Morin. Journ. de Pharmacie et de Chimie^ t. XLV, p. 396; 1864.
l'humeur aqueuse et dans l'humeur vitrëe de l'œil (Wœhler); dans tous les organes des plagiostomes (Stœdeler et Frerichs]; dans le lait des herbivores (Lefort); dans la sueur; dans la salive (Pettenkofer] ; dans le suc intestinal ; dans la bile (Popp); dans le foie; dans les muscles; dans le cerveau.
Synthèse et modes de formation. — l^ Transformation de l'isocyanatc d'ammonium effectuée par Wœhler en 1828. C'est le premier exemple de la synthèse d'un corps organique avec les éléments minéraux :
Azil* AzH«
isoryanate urée
d'ammonium (carbamide)
2* Action de l'ammoniaque sur le carbonate d'éthyle :
COC^gjjl + 2AzH' = 2CW.0H + CO;^^^*;
cwbonate d'iHh\lc alrool urée
3* Action de l'ammoniaque sur le gaz phosgène :
CO"J:[ 4- 2AzH» = 2UC1 -f ^^^^^fli*
gaz phospèno (rhloroxycarbonique)
4® Action de la chaleur sur le carbamate d'ammonium chauffé à 130^ en tubes scellés (Basarow) :
rarliamale d'ammonium
L'urée se produit, en outre, dans un grand nombre de réactions diverses, parmi lesquelles nous signalerons les suivantes :
1*> Oxydation de l'oxamide par l'oxyde mercurique (Williamson) :
c.o<^^ji:+o=co'+cocA^^{î:
oiamide urée
UREE. 663
2^ Dédoublement et oxydation de l'acide urique et de ses dérivés (voir plus loin).
3"* Décomposition du fulminate de cuivre ammoniacal par rhydrogène sulfuré (Gladstone).
Préparation. — Voyez t. II, page 104.
Propriétés. — L'urée cristallise de sa solution aqueuse en longs prismes aplatis, striés, qui offrent l'aspect et la saveur du salpêtre. Par l'évaporation spontanée des eaux mères alcooliques provenant du traitement du cyanate d'ammonium, elle se dépose quelquefois en prismes quadratiques terminés par les faces de l'octaèdre. Elle se dissout dans son poids d'eau à 15**, dans son poids d'alcool bouillant et dans 5 parties d'alcool froid d'une densité de 0,816. Elle est très peu soluble dans Téther.
Réactions. — 1** Parfaitement pure et sèche, l'urée fond à 132* (Lubavine). A quelques degrés au-dessus, elle laisse dégager de l'ammoniaque et du carbonate d'ammoniaque et fournit un résidu d'ammélide C*H'Az*0* (Laurent et Gerhard t). Longtemps maintenue entre 150 et 170S elle laisse un résidu d'ammélide, de biuret et d'acide cyanurique :
^^ AzH*
biuret
"AzH« AzH-CO-AzH ^
aride cyanurique
Par l'action prolongée de la chaleur on obtient comme produit final de l'acide cyanurique.
2*^ En absorbant les éléments de l'eau, l'urée se convertit en carbonate d'ammonium. Cette hydratation s'effectue direc tement, lorsqu'on chauffe l'urée avec de l'eau en tubes scellés à 140"* (Pelouze). Elle s'accomplit par l'action des alcalis ou des acides concentrés, dans le premier cas avec dégagement d'ammoniaque, dans le second avec dégagement d'acide carbonique :
CH*Az«0 -h IIH) = C0« -h 2Az!P
UREE. 665
8^ Le permanganate de potassium décompose Turée en présence d'un excès d'alcali, avec dégagement d'azote et formation de carbonate.
9^ Les aldéhydes et acides aldéhydiques exercent sur l'urée une action remarquable qu'on peut exprimer en disant, que Foxygène du groupe aldéhydique GHO enlève deux atomes d'hydrogène à une ou plusieurs molécules d'urée et que les restes uréiques (l'urée déshydrogénée) se substituent à l'oxygène aldéhydique. Voici des exemples de ces réactions qui ont été principalement étudiées par M. Hugo Schifif et dont M. Grimaux a tiré un fort bon parti pour la synthèse de l'allantoîne (voir plus loin) :
CH*-CHO -f COC^^Îl! = H«0 -h COC^ll^CH-CH»
AzU* ^AzU
aldéhyde urée éthylidène-urée
aldéhyde benzodiuréide
beozoïque
co.oii + '^^^^^H• = '""O + lo Cn
aride allantoine
gl>oxylique
1C*> En chauffant le glycocoUe avec l'urée on obtient l'acide hydantoîque :
CH*. AzH* xAzH* . »5 , CII«.AzH^O.Azll*
CO.OH +^^-AzH« = ^^»'+(:O.OH
glycocolle acide hydanloïque
11® Lorsqu'on chauffe l'urée à 125® avec certains acides amidéSy il se dégage de l'ammoniaque et l'on obtient des urées substituées.
Ainsi, dans la réaction de l'urée sur Tacide métamidobenzoîque, il se dégage de l'ammoniaque et il se forme de l'acide uramidobenzoïque :
acide aride
métamidobenzoïque uramidobenzoïque
On obtient un isomère de ce dernier acide, si ron remplace Tacide métamidobenzoïque par Tacide paramidobenzoïque. On voit d'ailleurs que ces acides dérivent de Turée par substitution du groupe C*H*-CO*H à un atome d'hydrogène. Soumis à TébuUition avec la potasse, Tacide uramidobenzoîque régénère Tacide amidobenzoïque, avec formation d'ammoniaqne et d'acide carbonique.
12® Lorsqu'on chauffe l'urée avec l'éther chloroxycarboniqae^ il se forme de Vétlier allophaniqtAe :
^^ AzH* "^ ^"^O.CW - ^""AzH* "^ "^*-
urée éther allophanate d'éthyle
chloruxycarbonique
Nous devons borner là l'étude des métamorphoses de Turée. Quant aux combinaisons de ce corps avec les acides, les bases et les sels, elles sont décrites à la page 107 du tome II de cet ouvrage. Ajoutons seulement qu'indépendamment des nitrate, chlorhydrate, oxalate d'urée, on a décrit depuis un cyanurate d'urée CH*Az*0,C*H»Az*0' et divers phosphates.
ISURET.
CH*Az«0
2 297. MM. Lossen et Schifferdecker ont décrit sous ce nom (isurétine) un curieux isomère de l'urée qui prend naissance par l'union directe de l'acide cyanhydrique avec l'hydroxylamine :
CAzIl -f AzH«(OH) = CH*Az«0.
Ce corps cristallise en prismes fusibles avec décomposition vers 104'- 105®. Il est très soluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool froid et dans Téther, assez soluble dans l'alcool tiède. Chauffé au-dessus de son point de fusion, il se décompose vivement, en dégageant du carbonate d'ammoniaque et laissant un résidu d'ammélide. Sa solution aqueuse présente une réaction
BIURET. 667
alcaline. Évaporée au bain-marie, elle dégage de l'azote, de Tacide carbonique et de l'ammoniaque ; le résidu renferme de Turée et du biuret.
BIDRET. C'H'Az'O»
g 298. Le biuret ou amide allophanique prend naissance lorsqu'on chauffe l'éther allophanique (page 666) à 100<» avec de l'ammoniaque aqueuse :
CO:;^îî;^^-^^"' -f AzIP = \zH + C«H» . OH
^AzH«
élher allophanique biuret
Il se forme aussi par l'action de la chaleur sur l'urée :
biuret
Le biuret cristallise en aiguilles minces ou en mamelons renfermant une molécule d'eau. Il est très soluble dans l'eau et dans l'alcool. La solution aqueuse additionnée de potasse dissout l'oxyde de cuivre avec une couleur rouge violet. Le nitrate d'argent précipite de cette solution, en présence de la potasse, la combinaison
(;«IPAg«Az»0«.
Nous décrirons ici, à la suite de l'urée, un alcaloïde qui se rapproche de ce corps, sinon par ses propriétés, du moins par quelques-uns de ses modes de formation et par sa constitution : c'est la guanidine, qui se forme en même temps que l'urée par l'action du gaz ammoniac sur le chlorure de carbonyle (G. Bouchardat), et qui peut être envisagée comme
de l'urée dont Toxygène a été remplacé par le groupe bivalent ÂzH :
^^^ AzH* ^^^^-AiH«
urce guanidine
GUAMDIlfE.
/AzH« CH»Az5 = C-AiH ^AzIP
g 299. Ce corps remarquable a été découvert par Strccker*, qui l'a obtenu en traitant la guanine par l'acide chlorhydrique et le chlorate de potassium. M. Hofmann* Ta préparé par synthèse en chauffant l'éther orthocarbonique C(OC*H')*, à IbO**, avec de l'ammoniaque :
C(OC«H»)* + 3AzH» = 4C«H».0H + CH*Az»
éther alcool guanidine
orthocarbonique
Dans cette réaction on peut remplacer l'éther orthocarbonique par la chloropicrine G(AzO*)Cl'.
La guanidine se forme aussi, d'après M. Finck, lorsqu'on chauffe le biuret de 160 à 170* dans un courant de gaz chlorhydrique sec^ :
CMl'AzX)* = CO* -f CH»Az'
biuret guanidine
Un autre procédé consiste à chauffer l'iodure de cyanogène avec de l'ammoniaque, ou une solution alcoolique de cyanamide avec du sel ammoniac* :
CCr S + Azll» HCl = C-.UH,HC1 AzH \AzU»
cyanamide chlorhydrate
de guanidine